lundi 4 avril 2011

Un roman irrésistible et irrémédiablement attachant


Je sais, je sais, je suis en retard sur tout le monde. Tout ce qui s’appelle critique ou chroniqueur a déjà parlé du roman de Marie-Renée Lavoie, publié l’automne dernier. Même l’irascible Foglia a trouvé le livre « a-do-ra-ble ».

La petite et le vieux revient d’ailleurs dans l’actualité, puisqu’il est finaliste pour le Prix littéraire France-Québec 2011 et dans deux catégories pour les Grands Prix littéraires Archambault. J’en ai parlé ce samedi aux Divines Tentations.

Comme tout le monde louangeait avec un enthousiasme délirant ce premier roman d’une jeune auteure inconnue, ça a piqué ma curiosité. J’ai toutefois commencé ma lecture avec un peu d’anxiété. Tout le monde avait tellement vanté le livre bon que j’avais peur d’être déçue. Verdict : je n’ai pas été déçue. Pas un IOTA!

La chère Françoise Sagan, qui avait si joliment développé sa « petite musique », disait: « Certains écrivains ont une voix, qu’on entend dès la première ligne, comme la voix de quelqu’un. » Et ben, Marie-Renée Lavoie est de ces auteures-là. Elle a une a voix totalement distinctive, irrésistible et irrémédiablement attachante.

On n’a pas affaire ici à une intrigue complexe ou alambiquée. Non, plutôt l’histoire toute simple d’une petite fille de huit ans, qui grandit dans le Limoilou des années 80. Une petite Hélène au cœur plus gros que le soleil. Ce qui fascine chez cette enfant forte et vulnérable à la fois, c’est sa formidable empathie. Sa capacité de sentir la peine des autres et son désir de les aider. Hélène sent la dépression de son père, l’épuisement de sa mère, la mélancolie de Monsieur Roger, son vieux voisin qui appelle la mort en se saoulant. Et la petite Hélène veut tellement, tellement leur rendre leur sourire. Il y a quelque chose de beau et de bouleversant dans l’idéalisme et l’immense désir d’aider de l’enfant.

La littérature nous donne peu de personnages si jeunes avec autant d’empathie et ce n’est qu’une des forces du roman de Marie-Renée Lavoie. Il y a aussi la tendresse imprégnée dans tous les chapitres, le style qui chante, le don de faire alterner le comique et le drame, les personnages si étoffés qu’on a l’impression de les avoir toujours connus, et encore tout plein de bonnes et belles choses.

La plupart des livres dont je parle aux Divines Tentations, je les offre aux auditeurs ou à l’équipe de Radio-Canada. Pas celui-ci. Je l’ai gardé. J’ai même inscris mon nom à l’intérieur, ce que je fais très rarement. Voilà un livre que je vais prêter à tous les gens que j’aime et qui aiment lire. Et je serai enchantée quand ce roman me reviendra écorné, marqué de ronds de café, de vestiges de chocolat et de traces de larmes.

La petite et le vieux, Marie-Renée Lavoie. XYZ éditeur. 238 pages.

4 commentaires:

  1. Je mets mon nom en premier pour le lire. Par contre, je ne peux pas promettre des ronds de café ni des vestiges de chocolat. On verra bien pour les larmes...

    RépondreEffacer
  2. Très beau billet pour un roman à lire et relire.

    RépondreEffacer
  3. J'adore sentir palpiter ton enthousiasme. Il passe la rampe !

    Tu sais que moi aussi j'ai été envoûtée. Je souhaite même que tu le prêtes pas si souvent et que les gens aient le goût d'écrire leur nom à l'intérieur parce qu'ils l'ont aimé !

    RépondreEffacer
  4. Martine,
    Je te l'apporte sous peu.

    Suzanne, Je viens de découvrir votre blogue! Bravo!

    Venise: d'accord, je vais aussi proposer aux gens de l'ACHETER!

    RépondreEffacer