vendredi 19 octobre 2012

Quand les empreintes digitales se transforment en art...



video


Faire de l’art avec nos empreintes digitales?
Rigolote et délirante idée! 

Superbe projet de création pour une classe...
Et cette bidonnante vidéo démontre avec éloquence que la bande annonce de livre est en train de devenir un art en soi.
Toute la journée, j’ai eu la bande sonore en tête :  bloup-bloup,  pertep, rebit, mermimimi,  pertep, pertep… miaou… hehehe, oink, oink, grrrr… bloum-bloum-bloum…

mardi 16 octobre 2012

En nomination pour le Prix Peuplier



Le meilleur endroit pour un livre (et son auteure), c’est de se retrouver en lice  pour le Prix Peuplier!

dimanche 14 octobre 2012

Où je rage contre la fragilité du bonheur…




Photos dans les montagnes des Adirondacks: Charlotte Poulin-MacMillan 


Quand j’ai planté mes talons dans le lichen au sommet, je me sentais fière et forte. Invincible.  Confiante.  Si follement confiante. J’avais surmonté mon vertige.  Mes genoux avaient tenu le coup. J’avais sué sans abandonner. J’avais conquis LA montagne.  

Nous voilà donc, ma gang et moi, dans la descente. Joyeuse euphorie de la descente.  On se complait dans le plaisir de l’accomplissement.   On savoure son soulagement.  On se pète les bretelles mentalement.

Cette béatitude est renforcée par la magnificence de la montagne.  En ce moment, nous suivons une cascade zigzagante, d’une beauté fulgurante.  Une petite chute d’eau folle, parfois bouillonnante,  bordée de pins rouges, d’érable bien saignants et d’épinettes embaumantes.  Le tout baignant dans la lumière douce de fin d’après-midi.  

Et les ados qui rigolent en avant, contents qu’après cinq heures de marche, la randonnée tire à sa fin. Quand les ados rient, la planète entière sourit…


 Arrêtée (donc, immobile, même pas en mouvement!!!!),  arrêtée sur un rocher surplombant la cascade, je m’exclame : Comme c’est beau!

Mon pied glisse sur le tapis de feuilles mouillées.  Je tombe sur le rocher en pente.  Lourdement.  Mon corps glisse vers la cascade et j’ai cette pensée ridicule : « Je ne veux pas mouiller mes bottes neuves ».  Je sens la douleur avant même d’avoir encore pu identifier d’où elle vient.  

Mon corps s’immobilise au pied de la cascade.  Genou et coude ont pris le choc mais je n’ai rien de cassé.  Maintenant, comment me relever?  Pas de prise sur ce rocher lisse et glissant.  Au-dessus de moi, on s’agite : « Fais ceci. Lâche tes bâtons. Met ta main là.  Pose ton pied ici.  Donne-moi ta main. »
Je suis un phoque échoué sur le sable.  Paralysée.  J’agite les bras, les jambes. En vain. Incapable d’avancer ou de reculer.  Encore moins de me relever.  Plus ridicule que ça, tu meurs.

Je finis enfin par réussir à me relever. 
Je tremble.
Un peu de peur mais beaucoup de colère.
Malgré moi, les larmes jaillissent.
L’orgueil me coule en eau sur les joues.  
Moi qui me pensais forte, je suis en fait empotée, vieille, molle et lourde. 
Volatilisée ma fierté.
Comment ai-je pu être si naïvement confiante?
Comment la vie peut-elle être si parfaite une minute et si moche l’instant d’après? 
Il y a quelque chose de profondément révoltant dans la fragilité du bonheur.