vendredi 23 mai 2014

Un ailleurs lointain qui n’est pas toujours rose nanane...



L’enseignante a pleuré mais je vous jure, le livre n’est pas accablant. Oui, il y a de la tristesse dans l’histoire de Pablo, comme dans la vraie vie. Mais il y a de la joie aussi. Comme dans la vraie vie.

Ça se passait au congrès De mots et de craie, qui se déroulait la semaine dernière à Sherbrooke. Mon récent album, Pablo trouve un trésor, y prenait son tout premier envol. Une enseignante, debout à côté de ma table de signature, a lu l’album devant moi. Et ses larmes ont coulé. J’ai choisi d’interpréter ça comme un bon présage.

On les appelle des pepenadores. Pablo et sa soeur Sofia sont des enfants chiffonniers. De leur bidonville d’Amérique du Sud, ils partent chaque jour travailler dans une immense décharge à ciel ouvert. Fouiller, trouver, se battre, échanger, vendre : voilà leur quotidien


C’est une histoire qui parle de crasse.


C’est une histoire qui parle de cruauté.

C'est aussi une histoire qui parle de joie.

C'est aussi une histoire qui parle d'espoir.
Cette histoire, j’ai médité longtemps avant de l’écrire.
J’ai ensuite retravaillé longuement le texte.
J’ai pesé soigneusement chaque mot.
Car je voulais montrer la crasse, les bobos et la pauvreté sans avoir l’air de dire : "Regardez la crasse et les bobos de ces pôvres pauvres!"
Car je voulais parler de misère sans tomber dans le misérabilisme.
Car je voulais susciter l’indignation sans tomber dans la manipulation.

Le voilà donc enfin sorti au grand jour, ce récit superbement mis en images par Isabelle Malenfant.
Ses illustrations sont un mélange de fusain, de crayon graphite, de pastel et aquarelle. Dans les mots mêmes de l’artiste, elle a utilisé des médiums un peu plus "sales" pour que le lecteur sente mieux la saleté, la poussière....

Mille mercis à Yves Nadon d’avoir cru en cet album qui ne parle pas de princesses en robe de dentelle ou de dinosaures joyeux, mais d’un ailleurs lointain qui n’est pas toujours rose nanane. C'est un grand honneur pour moi que d'être publiée dans Carré blanc, une collection que j'admire depuis longtemps. Merci aux éditions Les 400 coups d’avoir l’audace de publier ce récit qui sort des sentiers battus.

2 commentaires:

  1. Anonyme07 h 58

    Bravo.
    POPO

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  2. Bravo Andrée!
    Je te réécris lorsque je l'aurai entre les mains!

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