lundi 17 mars 2014

Thomas qui « lit » sans savoir lire

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Voici Thomas, 4 ans qui « lit » un livre sans savoir lire.  En fait, Thomas récite cette histoire qui lui a été lue à maintes reprises par ses parents et ses sœurs. 

Rencontrée récemment au Salon du livre de l’Outaouais, la mère de Thomas, Geneviève Deschênes, m’a expliqué comment son fils en est venu à pouvoir ainsi « lire » un album avant même de connaître l’alphabet.

Thomas est le troisième d'une famille de trois enfants, où la lecture à voix haute fait partie du quotidien de la famille. Chaque enfant a dans sa chambre une bibliothèque et un fauteuil de lecture. Depuis sa naissance, Thomas assiste aux lectures quotidiennes de la routine du dodo de ses sœurs. De plus, lorsque ses sœurs ont appris à lire, le petit garçon a eu deux nouvelles lectrices à domicile. Cerise sur le sundae : Thomas a eu comme gardienne sa grand-mère, une technicienne en bibliothéconomie, qui a aussi contribué à développer son intérêt pour les livres.

« Le Meilleur et le pire endroit a probablement été lu une vingtaine de fois avant que Thomas décide de le réciter. Nous nous étions attardés aux illustrations et aux rimes contenues dans le livre. Chaque nouvelle lecture permettait de découvrir de nouveaux détails », explique Geneviève Deschênes.

« Je ne pense pas que Thomas ait une mémoire exceptionnelle. Plusieurs enfants sont certainement capables d'en faire autant.  Certains enfants reconnaissent une voiture dans la rue et sont capables de nommer la marque et le modèle. D'autres récitent des chansons. Alors pourquoi pas des livres? Dans l’album, la structure répétitive des phrases dans facilite la mémorisation. C'est d'ailleurs ce type de livre qui est proposé aux apprentis lecteurs afin de leur permettre, une fois qu'ils ont saisi la répétition, de faire moins d'efforts en cours de lecture », ajoute la mère de Thomas.

Conseillère pédagogique à la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées, Geneviève Deschênes a présenté cette vidéo de son fils à quelques enseignantes du préscolaire ou du premier cycle, afin de leur montrer ce qu'un enfant ne sachant pas lire peut faire pendant une période de lecture, lorsqu'il est habitué à se faire faire la lecture.  « C’est important de mettre les enfants tôt en présence du livre pour qu'ils puissent savoir quoi faire de cet objet », ajoute-t-elle.  

Mars est le mois de la lecture à voix haute, aux États-Unis.  Ouaipe, les Américains consacrent un mois à la promotion de la lecture à voix haute. À ce point de vue-là, ils sont en avance sur nous.
Quelques statistiques présentées durant cette campagne :

  • Aux États-Unis, un enfant sur trois commence la maternelle sans avoir les habiletés nécessaires à l’apprentissage.
  • Seulement 48% des parents font la lecture à voix haute à leurs jeunes enfants.

Les recherches démontrent pourtant que la lecture à voix haute est l’activité la plus importante pour préparer un enfant à lire et a des impacts bénéfiques sur :
  •  le développement du langage
  •  le développement du cerveau
  •  l’acquisition de connaissances
  • donner le goût du livre
  • renforcer les liens affectifs entre les parents et l’enfant

 Hé, M. Harper!  Hé, Mme Marois! À quand notre mois de la lecture au Canada?