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vendredi 17 septembre 2010

Debout!


Prenons un exemple simple. Votre enfant vous dit : j’ai faim, j’ai soif, je tousse, j’ai le pied cassé et le bras ensanglanté. Vous lui répondez : « Je m’occupe de toi. Je te le promets. D’ici deux minutes. »

Sur ce, vous allez finir un rapport promis au patron ou préparer le repas ou vaquer à une de ces milles autres occupations du quotidien. Vous oubliez votre promesse. Et votre enfant continue d’avoir faim et soif, de saigner et de boiter.

Prenons maintenant cette histoire et appliquons-la à un niveau mondial. Les pays en développement ont faim, soif. Ils manquent d’eau, de riz, de vaccins, de médicaments, de médecins, d’éducation, etc. Ils manquent de tout. La pauvreté les tue.

En l’an 2000, nous, les pays riches, avons fait une promesse. Que nous allions aider nos voisins du Sud. Soulager la faim, la soif, l’inéquité (surtout celle à l’égard des femmes) le manque d’éducation, etc. Cette promesse, on l’a ambitieusement appelé les Objectifs du millénaire pour le développement. Nos nobles dirigeants ont même fixé une échéance : 2015.

Cette promesse, on ne l’a PAS tenue.

À cinq ans de l’échéance fixée, on est en retard sur les 8 objectifs fixés. Les gens continuent de mourir de faim et de malnutrition. Aux cinq secondes, un enfant meurt de faim. Plus d’un quart de la population mondiale vit avec moins de 1,25$/jour. Si les promesses d’aide avaient été respectées, la pauvreté aurait été éradiquée il y a longtemps.

Le Canada n’a pas de quoi pavaner. Nous sommes montés nous aussi, comme les autres pays industrialisés, dans ce beau grand bateau des Objectifs du millénaire. Et récemment, notre gouvernement annonçait que le budget d’aide au développement serait gelé en 2011.

Comment il va justifier ça, notre premier ministre, lorsqu’il ira se pointer à New York, la semaine prochaine, pour le Sommet du millénaire?

Alors il y a cette campagne. Debout qu’elle s’appelle. Debout pour demander à nos valeureux dirigeants d’honorer leurs promesses. Ce mouvement de protestation, qui est loin d’avoir la visibilité qu’il mérite, peut sembler futile. Mais ne rien faire et ne rien dire est-il une position tolérable?

Pour rappeler à nos élus qu'ils n'ont pas tenu leurs promesses, pour mieux comprendre et pour protester, c’est ici ou ici.

Je vous emmène?
Allez, on y va.
Debout.

mercredi 23 juin 2010

Envoyer nos leaders palabrer sur l’île de déchets


Depuis des années qu’elle me fascine cette île. Depuis des années que je me dis qu’il faut que je trouve une façon de pondre une histoire sur ce sujet. Et l’idée géniale du chanteur Bruce Cockburn n’a fait que redoubler mon intérêt d’écrire sur cette horreur.

Cette île a divers noms :
- Grande zone d’ordures du Pacifique
- Great Pacific Garbage Patch
- Grand vortex du Pacifique nord
- Soupe de plastique
- Septième Continent

Cette île qui flotte dans l’Océan Pacifique est le plus grand dépotoir au monde.
Sa taille équivaut à environ trois fois la superficie du Québec.
Un petit 4.5 millions de kilomètres carrés de déchets.
Elle contient environ 100 millions de tonnes de restes de plastique.
Et comme l’être humain sait si bien saccager sa planète, ces plastiques ne sont pas biodégradables.

Lorsque le Globe and Mail lui a demandé récemment son opinion sur les sommets du G8 et du G20, ce cher M. Cockburn a dit que les leaders de ces pays devraient tenir leur réunion sur l’île de déchets de l’océan Pacifique. « Ils devraient s’asseoir là, regarder ce qui les entoure et faire leurs décisions. »

vendredi 11 juin 2010

Fillette faisant du yoga versus militantes pour l'avortement...


La GRC nous avait défendu de nous installer sur la pelouse devant la Colline parlementaire à Ottawa. On nous avait confinées au bas de l’escalier, devant le Bloc central. Donc, l’équipe du Projet Anna se retrouvait sur le béton et dans le coin de l’escalier, pour ne pas gêner la circulation.

Pourtant, la même GRC a permis à une classe de yoga de s’éparpiller sur la pelouse pour faire ses exercices. Résultat : le lendemain matin, à la une de ce quotidien d’Ottawa, on voyait une grande photo d’une petite blondinette en train de faire du yoga sur la Colline parlementaire. Et du Projet Anna? Pas une ligne.

Je l’avoue, la fillette est mignonne à croquer.
Pas mal plus médiatique qu’une bande de femmes dans la cinquantaine, qui revendiquent en faveur de l’avortement pour des Sénégalaises, Boliviennes ou Pakistanaises…
Pas mal plus médiatique que des militantes qui demandent aux gens de se mouiller en signant une lettre de protestation destinée à Stephen Harper.
Pas mal plus médiatique que des activistes qui disposent sur une table, à la vue de tous, des aiguilles à tricoter, un cintre et des morceaux de bois… instruments utilisés par les femmes désespérées qui n’ont pas accès à l’avortement…

Pourtant, il y avait un certain drame dans notre humble performance, surtout quand on étendait sur le sol une grande Anna en styromousse et qu’on la recouvrait d’un châle, afin de souligner qu’une femme meurt à chaque huit minutes d’un avortement bâclé. À la fin de l’événement, une seule des Anna restait debout: la Canadienne.

Un journaliste (dont j’ai oublié le nom) disait que pour choisir quelle tragédie recevra le plus de couverture médiatique, les médias se servent d’une équation très simple:
10 000 étrangers d’un autre pays = une femme jolie, blanche et nord-américaine.

Donc, pour ne rien vous cacher, notre événement organisé le 9 juin sur la Colline n’a généré aucune couverture médiatique. Zéro. Rien du tout. Le néant total.
Je n’étais pas déçue. Sans doute parce que mes attentes étaient lilliputiennes. Je savais qu’on se battait contre des moulins à vent. Que la cause de l’avortement pour les femmes des pays en développement n’est pas très populaire. Que le sujet est délicat, controversé, pas propre ni joli.


Même si je ne me faisais pas d’illusion sur la portée de notre geste, j’ai aimé monter aux barricades. Pour moi, l’événement est loin d’avoir été un échec, parce que :
- Plus de 40 personnes ont signé la lettre de protestation et d'autres ont signé des messages sur les poupées de papier, à l'intention du premier ministre Harper. Ce n’est pas rien ça!
- Nous avons eu la visite de trois députés, un du NPD et les deux autres du Bloc Québécois. Quel plaisir de voir Mme Nicole Demers, députée de Laval, s’asseoir dans les escaliers de ciment pour découper des poupées de papier en guise de protestation.
- J’ai raffolé de l’énergie tonifiante des militantes qui s’étaient déplacées. J’ai adoré baigner dans cette belle camaraderie qui survient quand on se retrousse les manches en groupe, qu’on essaie d’ébranler le statut quo, qu’on rêve ensemble à l’impossible.

mardi 8 juin 2010

Même s’il ne changera rien, ce geste a un sens…


Demain midi, je serai ici, sur la Colline.
Pour protester.
Au nom des Annas, dont j’ai parlé ici.

Ce geste de protestation, je le trouve stimulant et accablant. Je le sais inutile mais indispensable.
N'empêche, j’ai quelques palpitations.
Quelques appréhensions.
Et une foule de questions.
- Et si personne ne venait (malgré les dizaines d’invitations expédiées)?
- Et si les journalistes nous ignoraient? (malgré les dizaines de communiqués expédiés)?
- Et si des extrémistes nous criaient des bêtises?
- Et si des pro-vie nous crachaient dessus?
- Et si je perdais des clients pour avoir pris position aussi publiquement?
- Et si M. Harper en personne venait nous engueuler d’avoir osé le critiquer?
- Et si c’était un fiasco?
- Et s’il pleuvait?
- Et si tout ça ne donnait absolument rien?
Heureux hasard, je suis tombée aujourd’hui sur une fabuleuse citation de Vaclav Havel, qui me donne un petit coup de fouet, qui m'aide à balayer mes hésitations.

« L'espoir n'est pas l'optimisme. Ce n'est pas non plus la conviction qu'une chose va bien se passer, Mais au contraire la certitude que cette chose a un sens, quelle que soit la façon dont elle va se passer. »

vendredi 4 juin 2010

Pourquoi faut-il qu’elles avalent de la térébenthine?


Depuis deux semaines, je donne un coup de pouce à l’équipe du projet Anna. Avec ces femmes engagées, qui ont autant d’ardeur que de convictions, j’ai ri et j’ai beaucoup appris. Je me suis parfois sentie utile et souvent totalement impuissante. Ce qui m’a donné le désir de donner du temps à cette cause, c’est la puissance des histoires d’Anna. Des histoires vraies, où le drame se manifeste de la façon la plus dure et la désespérante.

Anna d’Afrique
Anna d’Afrique vit dans un village isolé et poussiéreux, où il n’y a ni école ni électricité. Le puits est situé à un kilomètre de la hutte où vit la famille de l’adolescente. Un jour, en revenant du puits, Anna est violée par son cousin. Trois mois plus tard, la mère se rend compte que sa fille est enceinte. Anna est bannie du village. Elle réussit à se rendre en ville où on l’envoie à une clinique de santé sur laquelle est affichée une grande feuille d’érable rouge. On lui donne des condoms qu’elle remplit d’eau et des conseils sur la nutrition pour son bébé. Anna marche jusqu’à la capitale du pays où elle accouche sur le terre-plein d’une route achalandée. Deux prostituées généreuses viennent en aide à Anne et l’amènent, avec son bébé, au bordel où elles travaillent. Quelques semaines plus tard, l’adolescente est forcée de se prostituer elle aussi. Six ans plus tard, Anna meurt du VIH-SIDA.

Anna d’Asie
Anna d’Asie habite dans une métropole. Elle est la meilleure élève de sa classe et rêve de devenir médecin. Elle passe ses temps libres à faire du bénévolat dans une clinique de santé maternelle et infantile, gérée par des Canadiens. Un jour, une fille de la classe d’Anna se rend à la clinique; elle demande un avortement, car elle a été violée par son père. Anna supplie le personnel de la clinique d’aider son amie, mais le personnel n’a pas le droit d’offrir cette intervention, sous peine de fermeture de la clinique. Anna accompagne son amie dans une ruelle sombre où elle subit un avortement. À la suite de complications dues à l’intervention, l’amie d’Anna développe une infection et meurt. Anna ne retourne jamais à la clinique et abandonne ses études.

Anna du Canada
Anna du Canada habite dans une petite ville. Elle se rend à une fête d’Halloween au centre communautaire de son quartier. Au cours de la soirée, quelqu’un glisse une pilule – la « drogue du viol » – dans son Coke. En rentrant chez elle, Anna est arrêtée par un groupe de jeunes qui la traîne dans les buissons où elle est victime d’un viol collectif. À la suite de cette agression, Anna se retrouve enceinte. Ses parents discutent avec elle de l’avortement et de l’adoption. Anna ne veut pas garder l’enfant. La clinique d’avortement où elle se rend est immaculée; le personnel est chaleureux et compréhensif. L’interruption de grossesse se fait rapidement et sans douleur.


Dans les pays en développement, plus de 170 000 femmes meurent chaque année des suites d’avortements bâclés. Ces femmes désespérées n’hésitent pas à prendre des risques graves pour avorter :
- boire de l'eau de Javel ou de la térébenthine
- insérer dans leur utérus des objets tels que des bâtons de bois, des cintres ou des aiguilles à tricoter.

Le Projet Anna est né dans l’indignation, à la suite de la décision du gouvernement canadien d’exclure l’avortement de la nouvelle initiative en santé maternelle et infantile, qui sera annoncée au Sommet du G8 en juin 2010.

Nous les Canadiennes, nous avons gagné le droit à l’avortement il y a deux décennies.
Pourquoi notre gouvernement veut-il maintenant nier ce droit aux femmes des pays en développement?
Ce qui est bon pour nous n’est pas bon pour elles?

En refusant de financer l’avortement, le gouvernement Harper réalise un gain politique en faisant plaisir à l’extrême-droite. Et il n’y a pas de coût politique (du moins au Canada) à refuser l’avortement à une femme du Burkina Faso, du Bangladesh ou de la Bolivie…

Ces derniers jours, des Canadiens des quatre coins du pays ont expédié au Premier Ministre Harper les «histoires de Anna».
Une simple chaine de poupées papier pour rappeler que les Canadiens ne veulent pas laisser des femmes mourir inutilement.
En cliquant ici, vous trouverez des modèles de lettres et de poupées.
Un courriel, une lettre, un bout de carton avec une signature... ce n'est pas si compliqué de protester.
Et pour poster une lettre au premier ministre du Canada, il n'est même pas nécessaire de mettre un timbre.

dimanche 7 mars 2010

Pas de quoi célébrer



(Photo: femme de la province du Yunnan en Chine, été 2009)

Le 8 mars, on célèbre la Journée de la femme.
Si on regarde le portrait global de la situation des femmes, y’a pas quoi de célébrer.
Vraiment pas de quoi.

Pauvreté
Sur le milliard de personnes les plus pauvres de la planète, 70% sont des filles et des femmes.

Éducation
Les filles et les femmes constituent 2/3 de la population analphabète du monde entier.

Violence

On parle ici d’une pandémie mondiale : 70% des femmes sont victimes d’une forme de violence familiale domestique. Un problème universel qui touche les femmes dans toutes les régions et tous les pays.

Mortalité maternelle

Chaque année, plus de 500 000 femmes et jeunes filles (surtout dans les pays en développement) meurent des suites de complications en cours de grossesse, à la naissance ou après un accouchement. Des complications qu’on pourrait largement prévenir et traiter.

Travail
Les femmes travaillent un plus grand nombre d’heures que les hommes, autant dans les emplois rémunérés que dans le travail non rémunéré. Souvent maintenues dans des emplois précaires et faiblement rémunérés, elles sont plus vulnérables en période de crise économique et financière.

Accès à la terre
Les femmes font pousser de 60 à 80% de la nourriture sur le globe, mais ne sont propriétaires que de 2% des terres. Moins de 10% des crédits financiers du monde sont accordés à des femmes.

15 ans après la Conférence mondiale sur les femmes de Beijing, cette grande messe où les gouvernements avaient fait moult promesses, la bataille pour "les mêmes droits et les mêmes chances" est loin d’être gagnée.
Et toutes ces jeunes femmes qui disent qu’elles ne sont pas féministes.
Parce qu’elles « n’ont pas besoin de l’être »…
Ça me scie.

jeudi 14 janvier 2010

Haïti… fermé pour une période indéfinie?


Sur les terrasses de l’hôtel Montana de Pétionville, j’ai vu des couchers de soleil à faire frissonner de joie.

Au bar de l’hôtel Montana, j’ai bu les meilleurs rhum-punch de ma vie.

Au restaurant de l’hôtel Montana, j’ai sympathisé avec deux serveurs. Un jeune et un vieux. Tout deux beaux comme des princes. Tout deux drôles comme des clowns. Comme j’ai passé deux semaines au Montana en 2008, pour le boulot, j’ai eu le temps de les connaître ces deux zigotos. De badiner avec eux. D’apprécier leur humour vif argent, enrobé de douceur. Ils m’ont même appris quelques mots de créole.

C’est à ces deux gaillards que je pense depuis deux jours. Car le tremblement de terre qui a ravagé Port-au-Prince a fait s’effondrer l’hôtel Montana. Plus de 200 personnes y sont portées disparues. «Mes» deux serveurs sont-ils sains et saufs?

Comme le fait si justement remarquer Venise dans son billet sur la catastrophe, il peut sembler sans cœur de s’inquiéter pour quelques personnes qu’on connaît, alors que des milliers d’autres sont plongées dans le drame. Mais l’empathie, et son corollaire, la compassion, se déploie plus facilement si l’on peut mettre un visage à celui qui souffre.

De tout ce que j’ai lu jusqu’à maintenant sur le séisme en Haïti, j’ai préféré ce texte de Foglia, pas seulement parce qu’il nous ramène à la littérature, mais aussi parce que j’y ai découvert la signification de l’expression « pays sans chapeau ». «C'est ainsi qu'on appelle l'au-delà en Haïti parce que personne n'a jamais été enterré avec son chapeau.»

Et j’ai aimé cette définition de la compassion, offerte par Venise : «La compassion n’est pas un sentiment que l’on endosse comme un vêtement du dimanche pour certaines Causes avec de grands C, pour s’en dévêtir aussitôt revenu à sa vie «normale».

Et j’ai aimé cette idée d’un acteur américain, qui a décrété que tous les financiers cravatés de Wall Street devraient donner 75% de leurs bonus à Haïti.

Sur le site web du Montana, ce matin, on peut lire le message suivant: « Nous regrettons de vous informer que l’Hôtel Montana Haïti sera fermé pour une période indéfinie. »

Comme le pays?

lundi 21 décembre 2009

La pandémie de l'indécence


Dessin: Ahmed Mesli.

C’est à reculons que je suis allée me faire vacciner contre la H1N1. J’y croyais à moitié. Je n’ai pas aimé le prêchi-prêcha, les exhortations répétées et enfoncées à coup de marteau médiatique. Je n’ai pas aimé qu’on culpabilise les gens… « C’est une responsabilité sociale… Se faire vacciner, c’est être une bonne citoyenne…»

Mais bon, parce que je crois en la responsabilité sociale, parce que je voulais protéger mes enfants de ce virus imprévisible, je suis allée prendre ma piqûre en amenant la famille au grand complet.

Trois semaines plus tard, je suis baba devant le silence subséquent. Cette fameuse et dangereuse pandémie semble s’être volatilisée comme neige au soleil.

Mon malaise a doublé après avoir lu les propos de ce médecin français, Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et ancien président de la Croix-Rouge française. Voici ses principaux constats sur la H1N1:
- L'OMS a surestimé cette épidémie, qui n’a pas eu la gravité apocalyptique annoncée.
- Cette opération a été une arnaque économique, un achat incontrôlé de vaccins sous le prétexte du « principe de précaution ».
- Et le docteur Gentilini de déclarer: « Le poids qu'on attribue à la grippe H1N1 est indécent par rapport à l'ensemble de la situation sanitaire dans le monde. C'est une pandémie de l'indécence. Quand je regarde la situation de la planète, j'ai honte de voir tout ce qui a été entrepris pour éviter cette grippe dont on ne sait que peu de chose. »
- L’argent investi pour la grippe en France aurait suffit à boucler le budget de la FAO pour nourrir le un milliard d'affamés annuels.

Un. Milliard. De gens qui ont faim dans le monde.

jeudi 17 décembre 2009

On ferait n’importe quoi pour les aider… sauf…


J’ai déjà raconté à que point j’aimais l’art engagé. Pendant que le Canada reçoit le prix de la honte à Copenhague et que les Conservateurs font de vaillants efforts pour saboter ce Sommet crucial, des artistes n’ont pas peur de s’engager.

Un sculpteur danois, Jens Galschiot, a créé cette œuvre qui me hante. Pour la durée du Sommet, sa saisissante statue a été installée dans le port de Copenhague, juste à côté de la célèbre petite sirène.

La sculpture en bronze représente une Dame Justice plutôt adipeuse, qui symbolise les pays industrialisés. Bien assise sur le dos d’un Africain décharné, la ventripotente Justice tient sa balance de façon ostentatoire, comme pour signifier qu’elle incarne l’égalité.

Mesurant trois mètres de haut, la sculpture porte un nom hautement évocateur: «Survival of the Fattest», jeu de mot très clair sur la maxime de Darwin, «survival of the fittest»…

Jens Galschiot a voulu montrer que les pays riches ont les ressources financières pour éviter les impacts négatifs des changements climatiques. Pendant ce temps, la sécheresse, les tornades et la faim ravagent l’Afrique et l’Asie… Au dire de l’artiste, la grosse femme déclare: « Je suis assise sur le dos d’un homme. Il s’enfonce sous mon poids. Je ferais n’importe quoi pour l’aider. Sauf descendre de son dos.”

Pour protester contre la position de notre gouvernement sur les changements climatiques, cliquer ici. Un simple clic de souris, ça n’est pas très astreignant comme engagement. Mais c’est déjà ça de gagné. Et s’il y avait 500 000 clics, peut-être que…

jeudi 10 décembre 2009

Les bonhommes de neige : une espèce en voie d’extinction


L’inspiration arrive de toutes sortes de façons, inespérées et inattendues. Cette photo, affichée sur mon babillard depuis quelques semaines, me sert d’inspiration pour un nouvel album. Une histoire que j'ai intitulée Cent bonhommes de neige.

En Lituanie, bonhomme de neige se dit « homme sans cervelle ». À l’hiver 2005, des Lituaniens ont construit 141 bonhommes de neige devant leur Parlement, pour protester contre leur gouvernement. Un bonhomme pour chaque député.

J’ai bien envie d’aller sur notre Colline parlementaire à Ottawa, assembler quelques bonhommes de neige pour nos élus sans cervelle. Nos élus qui se traînent les pieds pour lutter contre le réchauffement de la planète. Nos élus qui présenteront une position honteuse à Copenhague. Nos élus qui feront des bonhommes de neige une espèce en voie d’extinction.

vendredi 16 octobre 2009

Je t’aide, tu m’aides



Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la faim.
Triste rappel sur une des statistiques les plus honteuses du 21e siècle: un milliard de personnes sont sous-alimentées.
Jamais autant d'êtres humains n'ont souffert de la faim sur la planète.

Miriam Makeba, la célèbrissime « Mama Africa », a été ambassadrice pour les Nations- Unies.
Elle a dédié une de ses chansons, Masakahane, à la FAO.
Masakahane veut dire: «I help you, you help me ».
En cette Journée mondiale de l’alimentation, voici quelques images et chansons émouvantes d’une grande voix pour les « sans voix »…

lundi 28 septembre 2009

Les milliards de la honte


Il y a des chiffres qui nous jettent à terre.
Qui nous indigne.
Nous estomaque.
Nous révolte.

Mais ce « nous » dont je parle n’est pas un groupe assez gros, ni assez fort, ni assez contestataire pour renverser ces chiffres.

Ces chiffres qui me jettent à terre, je viens de les lire dans un article du magazine Tikkun.

Le texte est signé par un professeur de philosophie aux États-Unis, John Sanbonmatsu, qui se livre à une charge aussi passionnée qu’éloquente contre les ravages du capitalisme.

Au cours de la dernière année, les principaux pays capitalistes de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique du Nord ont dépensé plus de 10 $ trillions (en dollars américains) pour soutenir leurs régimes financiers. Dix trillions, c’est dix milliards de milliards! C’est une somme d’argent tellement astronomique que je ne peux même pas m’imaginer ce que cela représente.

Pour montrer l’absurdité incommensurable de ce dix milliards de milliards, John Sanbonmatsu lui oppose un autre montant. D’après les Nations Unies, il faudrait seulement 194$ millions pour éradiquer la plupart des morts reliées à la pauvreté, la malnutrition et la malaria, dans les pays en développement.

Et de dire encore Sanbonmatsu:
« Le montant d’argent engagé pour sauver le capitalisme est déjà 50 fois plus grand que ce qu’il faudrait pour sauver des dizaines de millions d’être humains d’une mort prématurée. Si les nations riches investissaient ces dix trilliards dans les économies, les systèmes de santé et les infrastructures des pays du Tiers Monde, plutôt que de les transférer dans les institutions financières privées, ils pourraient faire naître une nouvelle époque de l’histoire de l’humanité, une communauté mondiale où chaque être humain aurait la garantie d’une vie vivable. »


Combien de manifestations, de contestations ou de mobilisation internationale faudrait-il pour transformer ces milliards de la honte en milliards de l’espoir?

vendredi 20 mars 2009

Tous dans le même bateau

Lundi, ce sera la Journée mondiale de l’eau et les Nations Unies ont développé un slogan tout à fait pertinent: "Que nous soyons en amont ou en aval, nous sommes tous dans le même bateau."

Pour lire les statistiques (très inquiétantes) sur la situation de l’eau dans le monde, rendez vous sur le site officiel :
http://www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

L’organisation Action Contre la Faim a gagné un prix pour ce petit film sur l’eau dans les pays en voie de développement. À la fois beau et désolant.


World Water Day from Action Against Hunger USA on Vimeo.

mardi 3 mars 2009

Kwashiorkor



On a dit ad nauseam que les jeunes n’avaient pas de vocabulaire. Pourtant, lors de mes animations en école, je découvre des élèves qui aiment les nouveaux mots. Qui n'ont pas peur de les faire rouler sur leur langue, de les répéter avec excitation et fierté.

Chaque fois que je rencontre des jeunes qui ont lu Mes parents sont gentils mais tellement girouettes, je suis épatée de voir que plusieurs d'entre eux ont retenu le mot kwashiorkor. Ce mot aux sonorités un peu rébarbatives, j'ai longtemps cherché la meilleure façon de le planter dans mon roman.

Kwashiorkor. Le mot vient de la langue ashanti, du Ghana. Un mot méconnu pour décrire une réalité pourtant honteusement connue. Celle des enfants aux gros ventres, qui souffrent de malnutrition sévère. Le gonflement du ventre s’explique par l’accumulation d’eau dans l'estomac et un foie hypertrophié.

Plus de cinq millions d’enfants meurent de faim chaque année. Dans certaines régions très pauvres du globe, le kwashiorkor serait responsable de la mort de 30% des enfants de moins de 5 ans.

Kwashiorkor. Un mot qui devrait se trouver à la une des journaux, aussi souvent que récession ou crise économique ou chute de la Bourse.

Crédit photo: Center for Disease Control and Prevention, Atlanta, Georgie.

lundi 23 février 2009

Parlons-en de la pauvreté...


Dans les soirées entre amis, on discute volontiers de politique, de crise économique, de changements climatiques. Mais qui discute de pauvreté? Du nombre de personnes qui meurent de faim à chaque jour? Des millions d’enfants qui n’ont pas accès à l’école. Euh…

Slumdog Millionnaire a gagné hier soir une flopée d’Oscars, dont celui du meilleur film. Malgré un ton bon enfant et une fin guimauve à la Disney, le film a le grand mérite de présenter la pauvreté dans les bidonvilles de Bombay. Mais montrer la pauvreté, dans ce qu’elle a de répugnant et de honteux, ça gêne certaines personnes…
Le succès populaire du film déplait à beaucoup de gens en Inde (de la classe moyenne peut-être?…) qui n’aime pas voir les projecteurs des médias braqués sur la misère et la corruption du pays de Gandhi.

Il faudrait pourtant en avoir dix, vingt, trente par année, des films comme Slumdog Millionnaire. Peut-être qu’à force de montrer la pauvreté, qu’à force d’en parler de la misère, peut-être qu’on finira par s’y attaquer…