Aucun message portant le libellé Littérature jeunesse à l'honneur. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Littérature jeunesse à l'honneur. Afficher tous les messages

jeudi 8 novembre 2018

Le père Noël a peur des chiens

On a tous des peurs dans la vie. Des petites et des grosses peurs. Des peurs fondées et des peurs illogiques. Le père Noël, lui, ça tombe très mal, a peur des chiens. C'est tout un problème, car la veille de Noël, il doit livrer des milliers de cadeaux et affronter des chiens coquins, taquins et parfois vilains. 

Le père Noël a peur des chiens raconte une histoire rigolote avec aussi, mine de rien, une petite leçon de vie sur comment surmonter ses peurs. Il y a dans ce récit un lutin grognon, une petite fille futée et du langage de chien… (Wouffa, Woufafa veut dire Bonjour! Comment vas-tu?)


On retrouve dans cet album le même père Noël et le même lutin grognon qui étaient en vedette dans Le père Noël ne sait pas dire non.  Pour ceux qui avaient aimé le style badin de Jean Morin, cet illustrateur coquin revient à nouveau ici charmer avec ses couleurs pimpantes et ses scènes amusantes. 

Petit bonus : y’a un chouette dessin à colorier, où les enfants peuvent rajouter leur propre chien dans l’illustration la page couverture du Père Noël a peur des chiens. Pour télécharger le dessin, cliquez ici. 


mercredi 17 octobre 2018

Illustrer la vie de Jacques Plante: tout un défi!



Où l’illustrateur trouve-t-il ses idées? Quels sont ses défis?  L’artiste Félix Girard raconte ici son processus de création et ses défis pour recréer des pans de la vie du gardien de but Jacques Plante, dans notre tout nouvel  album, Ce n’est pas comme ça qu’on joue au hockey

Est-ce que tu connaissais l’histoire de Jacques Plante avant de lire le manuscrit de cet album?
J'aime bien le hockey mais je ne peux pas dire que je suis le plus grand des amateurs. J'apprécie regarder des matchs de finale avec des amis à l'occasion et j'ai vu quelques matchs de la ligue junior majeure dans des arénas locaux. Pour être honnête. ma connaissance de ce sport reste toutefois assez limitée. 

Félix Girard à l'oeuvre...


Quelle technique as-tu utilisée pour cet album?
Toutes les illustrations sont réalisées à la peinture acrylique sur papier aquarelle. Je travaille l'acrylique un peu comme de l'aquarelle en y ajoutant de l'eau et en travaillant en lavis. L'ordinateur n'intervient que dans les phases d'esquisse et pour faire quelques retouches mineures sur les illustrations numérisées. Je réalise un tracé au crayon graphite et je fais la coloration au pinceau. 


Peux-tu nous décrire ton processus de création?
Lorsque je travaille les illustrations d'un livre je commence toujours par monter une mise en page temporaire en plaçant les différentes parties du texte dans un fichier. De cette manière, j'arrive à mieux voir la place que doit prendre l'image et de quelle manière elle sera composée. Je fais ensuite des esquisses très rapides pour tenter de trouver la bonne chose à représenter. J'essaie de faire en sorte que l'illustration supporte l'histoire en y ajoutant quelque chose de plus. 


Quels ont été tes défis pour illustrer cet album?
Un des défis du livre a été de trouver des points de vue et des compositions différentes d'une image à l'autre. Une bonne partie de l'action du livre se déroule sur des patinoires intérieures et il fallait éviter que les illustrations se ressemblent trop entre elles. L'évolution du personnage de Jacques au fil du temps a également été un défi. Il fallait que l'âge approximatif du personnage représente celui de Jacques à différents moments précis de sa vie et qu'on sente qu'il agit bien de la même personne d'un âge à l'autre. 



C'était un défi d’illustrer le chandail du Canadien sans montrer le logo?
Oui c'était une demande de l'éditeur dès le début et ça a demandé un certain travail. J'ai dû changer certaines compositions et plusieurs positions des joueurs pour m'assurer que le logo du Canadien ne soit jamais complètement visible pour des raisons de droits légaux.

As-tu fait de la recherche pour illustrer cette histoire?  Par exemple, pour le visage de Jacques Plante enfant, est-ce que tu t’es inspiré de photos?
Oui j'ai réussi à mettre la main sur une bonne quantité de photos d'archives qui m'ont aidé à dessiner l'équipement de hockey de l'époque et le visage de Jacques Plante. J'ai tâché de créer un personnage qui reprenait les traits principaux de Plante sans être toutefois une caricature. J'ai évidemment porté une attention spéciale au fameux masque. J'ai également fait quelques recherches pour des éléments de l'arrière-plan, par exemple l'église est celle de Notre-Dame-du-Mont-Carmel où est né Jacques Plante.

Comment as-tu procédé pour le choix des couleurs, notamment la teinte sépia?
 
Je voulais donner une teinte historique au livre et c'était évidemment la tonalité parfaite. C'est une palette de couleurs que j'utilise régulièrement dans mon travail et avec laquelle je suis à l'aise.

Quelle est ton illustration préférée dans ce livre?
J'aime particulièrement la première illustration où on voit le jeune Jacques jouer avec une balle et un bâton de bois. C'est peut-être celle où j'arrive le mieux à m'identifier au personnage qui est encore dans l'innocence de l'enfance et du jeu. 



Pour découvrir les autres livres et les tableaux de Félix Girard, allez vous émerveiller sur son site


jeudi 4 octobre 2018

Plus qu'une histoire de hockey - un récit sur le courage et la persévérance...


Je ne connais pas grand-chose au hockey. Si vous me parlez d’Ovechkin, je vous demanderai si c’est un auteur russe… Mais un jour, je suis tombée par hasard sur une photo de hockey datant de 1959. Après avoir lu la description de 3 lignes sous la photo, je me suis exclamée : Oh! Ah! Il faut absolument que j’écrive un livre sur cette histoire! 

Jacques Plante - 1959

Car c’est une histoire aussi irrésistible que vraie. Une histoire avec du sport, du sang, de la méchanceté, mais aussi du courage. Le genre de courage qui permet de faire changer les choses.

Ce n’est pas comme ça qu’on joue au hockey raconte l’histoire d’un gardien de but pas comme les autres, nommé Jacques Plante. Lorsqu’il était célèbre et au sommet de son sport, Plante a osé faire les choses différemment. Un gardien de but avec un masque, c’était du jamais-vu!  Plante est devenu la cible de nombreuses insultes et moqueries.



Malgré l’opposition et les railleries, Plante a persévéré. Il avait de l’audace, oui, mais aussi de la résilience. C’est ainsi qu’il est devenu «la Merveille masquée».

À la fois biographie et documentaire, Ce n’est pas comme ça qu’on joue au hockey est magnifi­quement illustré par le très talentueux Félix Girard.
Pour les amateurs de hockey de 7 à 77 ans.
Et pour les lecteurs qui n’y connaissent rien au hockey mais qui aiment les histoires inspirantes. 


Le livre est maintenant en librairie dans les deux langues. En français chez Québec Amérique. En anglais chez Annick Press


mardi 27 mars 2018

Quand la couleur et surtout l’absence de couleur… racontent une histoire



Le métro est l’endroit idéal pour trouver de nouveau personnages… Pour un artiste, c'est parfois difficile de faire simple. Comment faire pour qu’un dessin soit sobre tout en restant expressif... Mathieu Lampron, illustrateur de Qui va bercer Zoé? parle ici de son processus créateur.

Quelle technique as-tu utilisée pour créer cet album?
Mathieu Lampron D'abord, je crayonne et je crayonne un peu partout; dans le métro, dans un café ou à la maison. J'aime surtout dessiner dans le métro. C'est l'endroit idéal pour trouver de nouveaux personnages. Ensuite, je passe à l'ordinateur. J'ai une tablette graphique/écran sur laquelle je peux dessiner directement. On y ressent vraiment le geste naturel du dessin.

À quoi ressemble ton processus de création?
Ce que j'aime par-dessus tout, c'est développer des personnages. Donc, lorsque je commence un projet j'observe d'abord autour de moi. Pour le personnage de Claudine, je me suis inspiré d’une amie, qui est elle-même infirmière à Sainte-Justine. Et pour Zoé je fais référence à la petite fille d'un de mes amis. Je ne travaille pas à partir de photo, je fais juste les avoir en tête tout simplement. Une fois que j'ai mes personnages, je peux me lancer dans la mise en scène du livre. C’est-à-dire, “sketcher” l’ensemble du livre. C’est une étape que j’aime bien aussi, car pour moi c’est la première que je vois le livre.

Quels ont été tes défis pour illustrer cet album?
Le plus grand défi a été d'arriver à garder un dessin relativement sobre tout en demeurant expressif. Le dessin ne doit pas prendre la vedette sur le texte, mais bien l'accompagner. D'autant plus que le sujet était délicat et touchant. Bêtement, le plus difficile a été d’illustrer la chaise berçante et les accessoires de l’hôpital. Finalement, une espionne qui travaille à Sainte-Justine m'a montré des photos et j’ai pu travailler à partir de vraies références.


La couleur et surtout l’absence de couleurs racontent une histoire dans cet album. Comment as-tu décidé de la façon d’appliquer ou pas, les couleurs? 
Au départ, l'idée était de travailler les premières pages en valeur de gris pure. Je trouvais l'idée intéressante, mais j'avais peur que ce soit trop austère. J'ai donc opté pour une teinte plus bleutée. C'est une couleur qui traduit bien la nostalgie tout en demeurant agréable à l'œil. Je me suis permis d'intégrer assez rapidement quelques éléments de couleur pour traduire la progression émotionnelle du vieil homme. Par exemple, la visite de sa voisine met de la couleur dans sa journée. Même chose plus tard lorsque Méo se rapproche petit à petit de Zoé.


Comment est venue l’idée de rajouter le personnage du petit chat en peluche, qui ne figurait pas dans le texte? 

Dans mes projets, j'ai presque toujours un personnage secondaire qui est décalé par rapport à l'histoire. C'est comme un autre point de vue. Dans le cas de ce livre, ça m'a permis d'amener un peu de légèreté. Ça me permet de surprendre un peu l’auteur avec qui je travaille.


De quoi es-tu le plus fier dans cet album? Le découpage. Je trouve qu’on a trouvé le bon rythme pour accompagner le texte. L’émotion arrive selon moi au bon moment.



Quelle est ton illustration préférée dans Qui va bercer Zoé? 
Celle où Méo Lebel prend enfin Zoé dans ses bras. Elle est très simple. Le décor est totalement absent. C'est sans artifice. Mine de rien c'est difficile de faire simple... J'aime aussi les deux premières pages où on voit d'un côté la femme décédée et de l'autre Zoé qui vient de naître. Il y a un effet miroir dans ces deux pages que j'aime bien.

As-tu des projets en cours?
En ce moment, je collabore tous les mois avec le magazine Les explorateurs. Je fais avec eux une chronique philosophique. J'ai aussi un projet de plus longue haleine à propos d’amis syriens. J'y parle évidemment de la guerre, mais aussi de la nécessité de se sentir utile.

Pour découvrir le talent de Mathieu Lampron, vous pouvez zieuter son site web par ici.

vendredi 8 septembre 2017

Deux fois finaliste!! « Y’a pas de place chez nous » se taille une belle place…


Y’a pas de place chez nous se retrouve deux fois finaliste pour des honneurs littéraires.  
Finaliste pour le prestigieux Prix TD de littérature jeunesse.
Et finaliste aussi pour un nouveau prix littéraire, le Prix Harry Black de l’album jeunesse.
Félicitations à tous les finalistes. La liste complète se trouve ici.

Photo: Massimo Sesstini
Je me réjouis de ce double honneur.
Je me réjouis surtout que cet album sur les réfugiés récolte un peu de visibilité.
Car la « cause » a bien besoin de visibilité en ce moment...
En ce moment où les conflits déplacent 65 millions de personnes dans le monde…
En ce moment où les réfugiés ne font plus les manchettes…
En ce moment où la Meute s’active à répandre sa propagande fielleuse…
En ce moment où le président américain expulse les Dreamers…
En ce moment où ce même président veut construire un mur pour mieux repousser les traîne-misère et les crève-la-faim…
En ce moment où il faut ouvrir grand plutôt que se recroqueviller dans sa coquille...

mercredi 16 mars 2016

Manchots au chaud


En 2011, un cargo transportant plus de 1 000 tonnes de pétrole a frappé un récif et s’est échoué sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. La marée noire a recouvert les plages de sable blond. L’océan était souillé, les plages ravagées et les manchots… mazoutés.



Des milliers de personnes se sont mobilisées pour tricoter des chandails afin de sauver les manchots touchés par cette marée de mazout. 


Cette histoire captivante m’a inspiré un album: Manchots au chaud. Publié aux éditions de l’Isatis, l’album est illustré avec la touche délicate et minutieuse d'Oussama Mezher. Pour ce récit qui parle d'écologie et de solidarité, j’ai tricoté ensemble les ingrédients suivants : une catastrophe environnementale, des petites bêtes adorables, du suspense et des enfants qui n’ont pas peur d’agir pour changer le monde. L’album est maintenant en librairie.



lundi 22 février 2016

Une cachette pour les bobettes : en librairie cette semaine!

Publié dans la collection Motif(s) aux éditions Druide. En librairie cette semaine!

Dialogue entre une auteure et un lecteur potentiel un peu récalcitrant…

Un livre qui parle de bobettes?!? Ça doit être vulgaire…
Pas du tout! C’est une histoire comique et dramatique. Un récit qui parle d’espièglerie et d’empathie. J’aimais l’idée d’écrire un album sur un sujet un peu tabou. En fait, les bobettes, c’est un faux tabou pour les jeunes, un tabou rigolo, où les enfants font semblant d’être dégoutés de parler des bobettes alors qu’en vérité, ils en sont secrètement ravis.

Lecteur: Ça raconte quoi cette histoire de petites culottes? 
Auteure: Ça raconte la mésaventure de Jacob, qui un matin arrive à l’école avec une paire de bobettes coincées dans la jambe de son pantalon. Tout ça parce que son frère a sorti les vêtements de la sécheuse sans les plier ! Très gêné, Jacob cache les bobettes sous un banc. Mais un coquin les trouve et en profite pour faire rire ses copains. Toute la journée, Jacob reste angoissé… Est-ce que ses camarades de classe vont se rendre compte que les bobettes errantes sont les siennes?

Lecteur: Veux-tu bien me dire où tu as trouvé une idée aussi farfelue?   
Auteure: Comme je n’ai pas beaucoup d’imagination, je cueille mes idées dans la vraie vie. Les bobettes coincées dans la jambe de pantalon, c’est vraiment arrivé à un petit garçon de la classe de Julie Pellerin, à l’école primaire d’éducation internationale de Trois-Rivières. Merci à Julie et ses élèves de m’avoir raconté cette histoire rigolote. 


Lecteur: Moi, les histoires de bobettes, ça ne m’excite pas vraiment. Donne-moi une autre raison pour laquelle je devrais lire cet album. 
Auteure: L’originalité de cet album, c’est sa structure narrative. Le récit se lit comme un casse-tête, où il faut examiner chaque morceau pour comprendre ce qui s’est vraiment passé ce jour-là à l’école. Le lecteur doit donc jouer au détective et relever les indices cachés dans les illustrations. Quant à la surprise finale, il faut la décoder dans… les pages de garde! Cette façon de raconter est en accord avec la Collection Motif(s), dont le but est de faire lire entre les lignes.

Lecteur: Certains enseignants pourraient hésiter à lire une histoire de bobettes en classe, car ne fait pas très sérieux et ça risque d’énerver les élèves.
Auteure: Ah… mais cet album publié aux éditions Druide a un potentiel pédagogique fort intéressant pour les enseignants. Le texte est conçu avec de nombreuses ellipses, ce qui favorise la production d’inférences. L’histoire est racontée par quatre narrateurs différents, chaque point de vue étant porté par une couleur et une typographie différentes. Belle occasion d’explorer avec les élèves le concept du point de vue. Les enseignants pourront aussi se servir de l’excellente fiche d’exploitation pédagogique conçue par Élaine Turgeon, spécialiste de la littérature jeunesse, en cliquant ici. 

mercredi 11 novembre 2015

Ravie et reconnaissante

Cérémonie de remise du prix TD - au Musée des Beaux-Arts de Montréal


Ravie de m’être retrouvée hier soir en aussi illustre compagnie comme finaliste pour le Prix TD de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse 2015, lors de la cérémonie de remise du prix au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Bravo à la lauréate, Marianne Dubuc, une artiste au talent éclatant! Bravo à Agnès Grimaud, lauréate du prix du Choix du public, hommage bien mérité pour une auteure qui mérite davantage de visibilité.

Reconnaissante à la Banque TD de promouvoir avec autant de vigueur et de constance la littérature jeunesse.

Ravie d’avoir pu amener à cet événement chic et mondain mon papa de 84 ans, qui s’est promené toute la soirée comme s’il était dans son propre salon, parlant à tout le monde, épatant la galerie avec sa faconde et faisant rire avec ses anecdotes.

Les 5 livres finalistes au prix TD 2015

Reconnaissante de m’être retrouvée finaliste pour une deuxième année consécutive à ce prix prestigieux. Choyée je suis.

Ravie de voir tous ces bénévoles de la banque TD donner un coup de main durant cette soirée gala. Ils étaient là, aux portes, nous guidant dans les dédales du Musée, patients et souriants. Ravie de voir que des gens qui travaillent dans le système bancaire sont prêts à donner bénévolement une soirée pour promouvoir la lecture chez les jeunes. Y’a de l’espoir!

Reconnaissante à toutes ces bibliothécaires, conseillères pédagogiques, enseignantes qui étaient présentes, hier soir, pour célébrer la littérature jeunesse. Elles vibrent, elles sont allumées et engagées dans leur travail. Je parle de vous, Julie Marcoux, Geneviève Gareau, Heather Brydon, France Lapierre, Richard Migneault, Élaine Turgeon, Danièle Courchesne et toutes les autres… Merci de porter le flambeau de la lecture avec autant de conviction et de panache.

Ravie d’avoir pu serrer hier la pince de Yayo, dont j’admire le travail depuis si longtemps.

Reconnaissante d’avoir pu passer 4 heures en voiture avec mon papa (aller-retour Aylmer/Montréal en une soirée) que je n’ai pas souvent la chance d’avoir à moi seule. Tandis que je l’écoutais me raconter ses souvenirs d’enfance, me réciter des extraits de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac et m’exposer son analyse de la scène politique actuelle, je me disais : voilà un moment précieux, à savourer dans son entièreté…

Ravie d’avoir pu cette année profiter pleinement de l’opulent buffet de desserts de la soirée TD. Me suis rattrapée pour l’an dernier, où j’avais complètement raté cette décadente ode au sucre. Hier soir, je me suis jetée sur les mignardises comme la misère sur le pauvre monde. Et je n’étais pas la seule à m’empiffrer joyeusement. Peut-être que les auteurs jeunesse ressemblent en cela aux enfants? Ils ne se privent pas du plaisir d’être gourmand…

lundi 12 octobre 2015

Elle dessine avec des ciseaux! Et c’est trop-trop-beau!





Découvrez les joies d'artiste et les défis créateurs de Véronique Joffre, illustratrice de N’aie pas peur, « notre » album publié tout récemment par Comme des géants.

Véronique Joffre

Peux-tu décrire la technique que tu as utilisée pour « N’aie pas peur »?
Pour cet album, j'ai utilisé la technique que j'utilise principalement, le découpage. Tous les éléments sont réalisés en papiers découpés et collés séparément sur des grandes feuilles de papier (un peu à la façon d'une planche d'herbier). Ensuite, je scanne tous ces éléments et compose mon image sur l'ordinateur.

Quel est ton processus de création?
Pour la fabrication d'un album, je procède généralement par étape : d'abord la phase de documentation (quand il s'agit d'une histoire qui se passe dans un pays précis, comme c'était le cas ici) où je collecte des photos de paysages, d'ambiances, de détails, d'animaux, pour m'inspirer et avoir une idée du "look" général que je veux donner au livre.

 C'est là aussi qu'il faut commencer à penser aux personnages, je fais alors une série de recherches avec différentes possibilités (différents habits, couleurs, tailles, etc.) ici pour la maman, l'enfant et les ours, sur lesquelles on discute et décide du choix avec l'éditeur.

Ensuite vient la phase des crayonnés qui consiste à réaliser le "brouillon" de toutes les illustrations du livre en petites images rapides, en général en noir et blanc. Cette étape est vraiment indispensable, elle permet d'avoir un premier aperçu du livre dans son ensemble, de décider de la composition des images, du rythme, de savoir où l'on va, et surtout, de se mettre d'accord et avancer main dans la main avec l'éditeur pour obtenir un "chemin de fer" solide et bien pensé. Enfin, vient la réalisation des illustrations elles-mêmes. Je découpe dans mes papiers, je joue avec les formes, les couleurs, je dessine avec les ciseaux !

Quels ont été tes défis pour illustrer cet album? 
L'un des défis de cet album était qu'il est quasiment muet, sans texte, il fallait alors réaliser des illustrations suffisamment détaillées et explicites pour que le lecteur puisse suivre l'histoire sans se perdre. C'est la première fois que j'illustrais un tel album, c'est-ce qui m'a plu aussi, car l'importance des illustrations était grande !
Le plus difficile à illustrer a peut-être été le pickup quand il est vu de trois quarts ! Certaines poses de la maman aussi, qui devaient être bien lisibles pour comprendre ses actions.
Le plus facile, sans doute toute la végétation, les arbres, les plantes, je me suis régalée ! 

Comment tu procèdes pour le choix des couleurs?
L'agencement des couleurs est la chose qui me plait le plus, les couleurs me guident, m'inspirent, j'envisage leurs associations comme un jeu, un plaisir, elles sont à la base de ma création, mon matériau brut duquel tout le reste découle.

L'album en chantier...

Les deux scènes de nuit, dans l’album : comment as-tu réussi à créer cette atmosphère de paix, de tranquillité, de douceur?
J'ai toujours aimé illustrer les moments de tendresse, sûrement parce que je les aime dans la vie! Ces deux scènes finales sont importantes dans l'histoire, tout est apaisé, les deux mamans sont avec leur petit, le calme et la douceur de la nuit après toutes ces émotions, je voulais que l'enfant lecteur ressente ça aussi, cette sérénité et que tout soit rentré dans l'ordre, être rassuré, avant d'aller se coucher.

Comment est venue l’idée de rajouter un hibou dans l’une des dernières pages?
J'aime les hiboux ! L'idée m'est simplement venue du fait qu'il est l'oiseau nocturne le plus emblématique, et que les enfants l'aiment bien, et puis j'aimais bien l'idée qu'il soit le dernier petit clin d'œil avant la fin du livre.

L'illustration préférée de l'illustratrice!

Quelle est ton illustration préférée dans « N’aie pas peur »?
Je pense que c'est la double page sans paroles où l'on voit le petit garçon manger son sandwich après la baignade. J'avais envie de montrer leur campement, avec toutes leurs affaires, que tous ces détails nous en disent en peu plus sur les personnages, et que l'enfant lecteur se crée des petites histoires simplement en regardant, en interprétant tous ces objets. J'avais aussi en tête d'essayer de faire une scène intérieure d'extérieur ! Enfin, j'ai pensé cette illustration comme le moment où le lecteur allait s'identifier au petit garçon, c'est la seule image où il nous regarde dans les yeux, où il y a "contact", la maman est affairée, en arrière-plan, l'enfant lecteur est comme invité à incarner le personnage.

As-tu d’autres projets d’albums en cours?
Je travaille en ce moment à mon premier album en tant qu'auteure illustratrice !