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mardi 7 mars 2017

Pour les enseignants : une conférence pour générer des coups de foudre de lecture chez vos élèves


Oui, oui, je sais, il faut vraiment être un enseignant passionné, dévoué, engagé et zélé pour aller suivre une formation par un beau samedi de mars, alors que le printemps frappe à nos portes et que la sève s’agite joyeusement dans les érables.

Mais il y en a des profs passionnés, dévoués, engagés et zélés qui sont prêts à travailler un samedi matin, car le Centre de diffusion et de formation en didactique du français (CDFD) de l’Université de Montréal offre régulièrement des formations le samedi et il y a preneurs!

Justement, j’en donne une de ces conférences, pas plus tard que le samedi 25 mars prochain, en matinée. Vous me demandez, chers enseignants déjà débordés, essoufflés ou surmenés, pourquoi venir à une conférence, en un samedi matin printanier, alors que vous pourriez flâner au lit, dévorer un bon roman, faire du ménage (vraiment?) ou méditer en regardant les écureuils batifoler dans la sloche?

Donc, pourquoi venir à ma conférence? Je pourrais vous donner 36 raisons, mais optons pour la concision. Voilà 6 simples raisons :

1-     Parce que je vais vous présenter non pas de la théorie, mais du concret, des activités diversifiées et amusantes pour titiller le goût de lire chez vos élèves. Parce que vous repartirez avec la tête remplie d’idées et (je l’espère) avec l’envie de générer des coups de foudre de lecture dans votre classe.
2-     Parce que vous aurez droit à quelques primeurs, car je vous présenterai des extraits de mon ouvrage didactique à paraître en avril chez Chenelière Éducation  : L’album jeunesse, un trésor à exploiter.
3-     Parce que si la littérature jeunesse ou la création vous intéresse, je vous amène dans l’arrière-cuisine d’une écrivaine, en vous racontant tout ce que vous avez toujours voulu savoir, mais n’avez jamais osé demander sur les bonheurs, défis et frustrations d’une auteure jeunesse.
4-     Parce que mes conférences sont hautement interactives et que cela vous permettra de donner vos opinions, ainsi que de vous enrichir en écoutant les idées et expériences de vos collègues.
5-     Parce qu’en plus d'apprendre, on va s'amuser. On va même rire un peu. Je suis loin d’être une humoriste mais j’ai tout de même quelques histoires comiques à raconter au sujet de l’édition et du merveilleux monde de la littérature jeunesse. J’ai même quelques bloopers (ratage et gaffes…) à vous montrer…
6-     Parce qu’il y aura des cadeaux! Je ferai tirer quelques-uns de mes albums et romans, des affiches et une copie de mon ouvrage didactique sur l'album. 

Il reste encore quelques places pour cette conférence, qui se donnera le 25 mars de  9 h à 12 h, au pavillon Marie-Victorin de l’Université de Montréal.
Public cible : enseignants du préscolaire et de tous les cycles du primaire, orthopédagogues, conseillers pédagogiques, bibliothécaires, documentalistes et bien sûr, les étudiants.
Tarif : 42 $ (taxes comprises). 
Pour vous inscrire, cliquer ici.   
Au plaisir de vous y voir!

dimanche 18 décembre 2016

Rien de plus beau qu'un prof qui écrit pour motiver ses élèves à écrire

Classe de Sébastien Bourgault, école Saint-Louis-de-France
On ne le dira jamais assez, il y a des enseignants passionnés et engagés, qui font des activités originales et stimulantes avec leurs élèves. À preuve, Sébastien Bourgault, enseignant à l’école Saint-Louis-De-France, à Lévis. Avec ses élèves de 5-6e année, il a lu La plus grosse poutine du monde. Ce roman se termine sur une fin ouverte. Et l’enseignant a demandé à ses élèves d’imaginer la suite. Jusque-là, rien de très novateur, me direz-vous. Mais là où Sébastien Bourgault a fait montre d’initiative, c’est qu’il a lui-même plongé dans les eaux exigeantes de la création, pour ensuite mieux y entraîner ses élèves.

L’enseignant s’est donc mis dans la peau du personnage principal, un garçon de 14 ans, et il a rédigé une lettre de Thomas à sa mère. Sa lettre, tout à fait dans le ton du roman, ramène les principaux éléments de l'intrigue et les caractéristiques des personnages. Les élèves avaient pour consigne d’écriture de rédiger à leur tour une lettre qui serait la réponse de la mère.


Ce que je trouve formidable, dans cette activité d’écriture, c’est que l’enseignant devait se mettre dans la peau de l’ado, tandis que ses élèves devaient se mettre dans la peau de la mère. Rien de mieux que de chausser les godasses de l’autre pour mieux le comprendre.

Mais ce qui m’enchante encore plus ici, c’est de voir l’enseignant se mouiller, écrire, créer, suer sur un texte et le présenter ensuite à sa classe. C’est de voir l’enseignant faire lui-même ce qu’il demande à ses élèves de faire. Voilà la modélisation à son meilleur. Comme pratique pédagogique, on peut difficilement demander mieux, tel que l’indique cet article sur comment un enseignant peut aider ses élèves à mieux écrire.   

Pour la classe de Sébastien Bourgault, les résultats ont été plus que satisfaisants. Tous les élèves de la classe ont rédigé une lettre et d’après l’enseignant, « ils ont adoré » cet exercice. Les élèves ont ensuite voté pour leurs textes préférés, deux lettres drôles et touchantes. Voyez ci-dessous la lettre rédigée par l’enseignant, suivie des lettres écrites par Justin Demers et Amy Roy.


Lettre de Thomas à sa mère, rédigée par l'enseignant, Sébastien Bourgault 
Bonjour maman,
Devrais-je plutôt dire bonjour madame. En réalité, je ne t’ai pas vu depuis 9 ans et je ne t’ai connu que durant mes cinq premières années de vie. Malheureusement, nous ne nous connaissons plus vraiment. Tant pis, j’ai décidé de t’écrire ce matin, car j’aimerais passer à autre chose.

Les idées se bousculent dans ma tête, j’ai le goût de te dire mille et une choses et je ne sais pas trop par où commencer.  Allons-y par priorités, mes questions et des nouvelles de moi.
As-tu vu ma photo dans l’Écho de l’Estrie? L’as-tu vue dans le livre des Records Guinness?
Penses-tu revenir à la maison un jour? Je crois bien que papa aussi aimerait te revoir.
Travailles-tu? As-tu des animaux de compagnie? Que fais-tu de tes journées?
Ouf, je pourrais continuer encore comme ça pendant 9 pages, une par année écoulée depuis ta disparition.

De mon côté, je vais plutôt bien. Si tu as répondu non à mes deux premières questions, imagine-toi que je viens de battre le record de la plus grosse poutine du monde. Te souviens-tu, j’aimais beaucoup celle que tu me préparais quand j’étais petit. Ce projet m’a aidé à me rapprocher de toi. J’ai réalisé cet immense défi avec mon meilleur ami Sam et une fille qui vient d’arriver en ville. Elle s’appelle Éliane Ladouceur, mais elle préfère Élie. Elle est très spéciale cette Élie, j’en apprends à tous les jours sur elle et j’aimerais que cela continue. Penses-tu que je suis trop jeune pour qu’elle devienne ma blonde? 

Papa continue son projet bateau. J’aimerais qu’il me consacre plus de temps. C’est aussi pour cela que je souhaite avoir de tes nouvelles.

J’espère que tu prendras le temps de me répondre. Disons que tes petits mots à mon anniversaire ne m’en disent pas trop sur toi.

Ton Thomas qui t’aime et qui pense à toi!
xxx…


Lettre rédigée par Amy Roy, 6e année, école St-Louis-de-France

Bonjour Thomas,
Appelle-moi maman, je sais qu’on ne s’est pas vu depuis quelques années, mais je reste ta mère pour toujours! Je suis tellement contente d’avoir reçu ta lettre aujourd’hui.

Pour répondre à tes questions, oui j’ai vu ta photo dans l’Écho de l’Estrie en feuilletant le journal. Je suis extrêmement fière de toi Thomas! 

Malheureusement, je n’ai pas vu ta photo dans le livre des records Guinness.
Je pensais revenir le jour de tes 14 ans, mais ton père ne m’a jamais pardonné d’être partie. Je ne crois pas qu’il serait content de me revoir.

Concernant le travail, non je n’ai pas de travail, mais des fois j’aide les bénévoles et je gagne 150 dollars. J’ai un perroquet bleu et blanc qui s’appelle Bouboule, je l’ai acheté peu après mon départ et c’est une femelle. Je crois qu’elle va bientôt avoir des bébés car un jour un joli perroquet vert est venu retrouver ma belle Bouboule et depuis, ils ne se quittent plus d’une semelle. Pour ta dernière question, je passe mes journées à aider les bénévoles, m’occuper de Bouboule et lire un bon roman d’aventures et de suspenses.

Moi aussi je vais te donner un peu de mes nouvelles. Je vais super bien et je suis heureuse de savoir que toi aussi et je m’en souviens que tu aimais beaucoup ma super poutine. Concernant cette Élie, elle a l’air d’être vraiment gentille et je ne crois pas que tu es trop jeune pour sortir avec  elle car je crois plutôt qu’elle est faite pour toi.

Ton père, même s’il ne te consacre presque jamais du temps, il n’est pas un mauvais père et il t’aime très fort Thomas.

Ta maman qui t’aime aussi et qui regrette d’être partie.
Xxx


Lettre rédigée par Justin Demers, 6e année, école St-Louis-de-France

Bonjour Thomas,
Je sais que je suis partie depuis neuf ans, mais j’ai fait ça pour que tu n’aies pas honte de moi. Mon fils, les cinq premières années que je t’ai connu ont été les cinq meilleures années de ma vie.

Maintenant mon cher Thomas, je vais répondre à tes questions. Oui j’ai vu ta belle photo dans l’Écho de l’Estrie et bravo pour ta poutine de 650 kilos, je suis très fière de toi. Mais je n’ai pas vu ta photo dans le record Guinness, car je n’ai pas le temps de le regarder parce que j’ai un travail maintenant. Je travaille comme couturière et je fais des merveilles autant pour les vêtements de filles que ceux de gars. 

Je vais peut-être revenir à la maison avec Spoutnick quand je serai prête. Si tu me poses la question, Spoutnick c’est mon lézard c’est un gecko léopard. 

Pour Élie, si tu la trouves belle, va lui demander, je pense que tu es assez vieux pour avoir une blonde. 

Pour Jean, ton père, tu pourrais l’aider avec son bateau, je suis sûre qu’il va adorer ça ou tu peux lui dire que tu veux passer plus de temps avec lui.

Moi je me suis acheté un petit appartement et je n’ai pas de problème là-bas. J’ai arrêté de boire, cela a été dur, mais à cause de cela je me sens mieux. J’ai recommencé ma vie avec mon petit lézard jaune et noir.

Une dernière petite chose, je me suis trouvée une passion : c’est la cuisine et ma spécialité c’est la poutine que tu aimais tant.
Ta maman qui t’aime
xxx.

mardi 14 juin 2016

Rencontre dramatique entre deux personnages! Des élèves écrivent une suite à "La plus grosse poutine du monde"

Les élèves de 5e année de l’école Notre-Dame des Monts à Canmore, en Alberta ont lu et étudié mon roman La plus grosse poutine du monde. Après cette lecture du roman, chaque élève a composé le premier chapitre de la suite du roman. Bravo aux élèves de Mme Pascale Nadon, pour leur inventivité et créativité! Voici deux échantillons de leurs créations.

Félix Clément
Voyage à Montréal, de Félix Clément 

Je mets la dernière paire de bas dans mon sac et…
-Fini.
Mon sac est bien rempli et très lourd. Je l'amène à l'arrière de l'auto, je m'assois en avant. Mon père a l'air anxieux.

- Ça va?

- Ouin, j'ai pas trop dormi.

Je sais qu'il ment. Il est vraiment un mauvais menteur.

- Est-ce que tu vas rester? Silence.

- J’sais pas.

- J'me demande si je vais être capable de rester les deux semaines. Je ne sais pas ce que je vais faire là, mais je ne vais pas trop m'exciter.

Samuel me texte.


J'éteins mon téléphone. Nous arrivons sur le Pont Champlain. Ça fait 50 minutes que nous sommes sur la route.  25 minutes plus tard, on arrive dans un petit quartier très pauvre. On se stationne devant une petite maison mal entretenue. Le gazon est long. Il y a beaucoup de feuilles par terre. J’arrive devant la porte. Je me sens étourdi, je tremble de partout et j’ai mal au cœur. Mon doigt tremblant pousse sur la sonnette. J'entends des pas qui viennent vers nous et tout à coup elle ouvre la porte. JE LA VOIS. Ses yeux, ses cheveux, sa figure. Je vois TOUT.

                                                                    **************
Peter Gosse

Catastrophe, de Peter Gosse

Le mardi suivant, Thomas va visiter sa mère pour la première fois. Son père y va aussi. Je veux que Samuel et Elie viennent avec nous, dit Thomas. NON! répond son père. Juste moi et toi. La semaine est trop longue.

Un beau mercredi, Thomas saute dans l’auto et son père commence à conduire.

Rendu là, on cogne à la porte. Les lumières son allumées. Je cogne à la porte, mais personne ne répond. Alors je donne un coup de pied sur la porte et la porte tombe. Pis là, on voit ma mère, morte, avec un livre des records Guinness ouvert à ma page. 

lundi 13 juin 2016

Pour réveiller vos papilles gustatives : un concours de poutine!

Un concours de la meilleure poutine, ça semble rigolo non? Et ce l’est! Tout à fait!  Comme l’a démontré une classe de 5e année de l’école Notre-Dame des Monts à Canmore, en Alberta. Les élèves ont lu mon roman La plus grosse poutine du monde et ont ensuite organisé un concours de la meilleure poutine, où ils devaient inventer une recette de poutine. Ils devaient aussi trouver un nom original et rédiger une description pour leur poutine nouvellement concoctée. Les créations culinaires ont été ensuite soumises à un jury chargé de déterminer la poutine gagnante.
Bravo aux élèves de Mme Pascale Nadon, pour leur inventivité et créativité! Ils me donnent faim!!!!

Voici les créations et les créateurs 
La poutine gagnante!  La poutine express  
Avec de la viande fumée maison, des saucisses poêlées, du bœuf haché assaisonné d’un mélange d’épices secrètes et du porc effiloché, cette poutine réveillera vos papilles gustatives. Si vous êtes un amateur de viande, la poutine express est faite pour vous!

Cauchemar végétarien
Aucun végétarien ne voudrait goûter à cette poutine faite avec des frites dorées parsemées de bacon croustillant, de deux sortes de pepperoni, de poulet et de jambon.

Poutine tabanero
Une poutine à la sauce piquante avec du fromage 100% canadien et des frites dorées. Ingrédients spéciaux: Piment habanero en poudre, boeuf haché, flocons de chili et tabasco.

Île de la poutine
Île de la poutine est une poutine qui est faite à partir de patates pilées biologiques crémeuses et délicieuses recouvertes de saucisses, d’une sauce secrète faite maison, sans oublier les frites et le fromage en grains. Les saucisses fumées donnent un goût exceptionnel à la poutine.

jeudi 2 juin 2016

Quelques bouts de laine et du carton pour un bricolage simple, surprenant et splendide!


Parfois, il suffit d’un peu de créativité, de quelques bouts de laine colorée et d’une histoire qui titille l’imaginaire pour amener les enfants à créer des œuvres d’art aussi coquettes que pittoresques. N’est-ce pas qu’ils sont digne d’admiration, ces manchots rigolos créés par des élèves de 2e année de l’école Madeleine de Roybon, à Kingston?


À l’occasion du Jour de la Terre, les élèves de la classe de Jacynthe Aubut ont lu Manchots au chaud, un récit inspiré d’une catastrophe environnementale survenue en 2011 en Nouvelle-Zélande.


Puis, les élèves ont créé leurs propres manchots, entièrement conçus avec des matériaux réutilisés. Le corps des manchots est fabriqué de carton qu’ils appellent le B.U.B, qui veut dire Bon d'Un Bord. Puis, ils ont artistiquement collé des bouts de laine colorée sur les cartons, afin que leurs manchots soient bien au chaud. Voilà un bricolage qui répond à la règle des 3 S : simple, surprenant et splendide!

Bravo à Jacynthe Aubut, une enseignante qui ne cesse d’épater sa communauté par son dynamisme et son engagement

mercredi 4 mai 2016

Fabriquer une perruque rock'n'roll pour la mouffette: belle façon de donner le goût de lire aux enfants!


L’enseignante tresse, tricote et bricole. Elle montre à ses élèves comment tresser et tricoter et bricoler. Ensemble, ils s’amusent à fabriquer d’adorables petites poupées.

Elle s’appelle Jacynthe Aubut, cette enseignante débordante de créativité. À l’école Madeleine-de-Roybon à Kingston, elle s’active inlassablement pour soutenir le formidable projet des amis de poche.

Les élèves s’inscrivent au Club humanitaire pour fabriquer des poupées tressées qui sont vendues à 5 $ la pièce. Au fil des mois, les enfants ont recueilli assez de fonds pour parrainer deux enfants du Congo, aider une famille au Kenya et faire un don à la Banque alimentaire de Kingston. 


Jacynthe Aubut montre à ses élèves comment tresser, tricoter et bricoler. En les faisant travailler avec des petits bouts de laine et du tissu recyclé, l’enseignante offre à ces enfants un des plus beaux et des plus précieux apprentissages : donner

Dans ses temps libres (il lui en reste peu…), Jacynthe s’active aussi à trouver des moyens originaux de donner le goût de lire à ses élèves. Ils ont donc lu mes romans Babette et l’enseignante a fabriqué tous les personnages de la série. Ils sont tous là : Babette, sa grande sœur Flavie, son cousin Yann, sa chienne Java, sa voisine Mercédès, sans oublier les jumelles Sara et Lara.

Photo: Neale MacMillan
Fabuleuse façon de faire vivre les livres!
Chère Jacynthe, chapeau! 

Pas évident de tricoter une mouffette... mais Jacynthe a réussi!
Et voici la cerise sur le sundae!
À la demande de ses élèves, Jacynthe a bricolé une "perruque rock’n’roll" pour la mouffette!
Comme quoi on peut être très engagée tout en gardant son sens de l'humour!

vendredi 11 mars 2016

Du matériel pédagogique original et rigolo pour travailler le vocabulaire aquatique, le diagramme à bandes, la numération, la frise, etc.

Martine Paquette, enseignante en 2e année
C’est une pédagogue avec une imagination débordante et de la créativité à revendre. Martine Paquette, enseignante à l'école aux Quatre-Vents à St-Jude, a développé toute une gamme d’activités pédagogiques fabuleuses autour de mon album Un bain trop plein. Les élèves pourront travailler le français, les mathématiques et les sciences en s’amusant avec ses activités sur le vocabulaire aquatique, le diagramme à bandes, la numération, la frise ou écrire en lettres certains chiffres. 

Pour télécharger gratuitement les fiches et activités pédagogiques conçues par Mme Paquette, il suffit de cliquer ici.


Entrevue avec une enseignante aussi inventive que passionnée

Est-ce que vous développez souvent du matériel pédagogique de cette complexité et de cette qualité?

J'adore développer du matériel pédagogique. Par contre, j'ai besoin de mon conjoint, Martin Durette, pour rendre un travail de cette qualité. Il travaille dans le domaine du Web et utilise des logiciels qui permettent de faire une belle mise en page. Nous formons une belle équipe! Il arrive toujours à bien rendre mes idées sur papier.

Qu’est-ce qui vous motive à le faire?
Lorsque je prends un album jeunesse, j'aime imaginer les activités que je pourrais faire en lien et qui pourraient susciter l'intérêt de mes élèves afin de conserver leur motivation pour fournir des efforts dans le travail.

Est-ce que cela vous prend beaucoup de temps?
Ah le temps... je m'investis énormément. Je suis mère de deux enfants (5 ans et 8 ans) alors j'ai peu de temps. Par contre, créer est un passe-temps pour moi. Je fais cela durant mes temps libres. La création de ces activités a été faite durant la semaine relâche de l'an passé. Au départ, j'ai eu une idée qui en a entrainé une autre et ainsi de suite. Je suis productive lors des congés, la tête reposée. J'aime travailler seule.

Comment trouvez-vous vos idées?
J'enseigne depuis 14 ans (plus 7 ans de terrain de jeu à mon actif). J'aime le monde imaginaire des enfants. Les albums permettent de toucher différentes choses dans leur vie. Je connais le contenu à enseigner à mes élèves de 2e année. Nous devons travailler les diagrammes à bandes, la numération, la frise, augmenter le vocabulaire, la construction des phrases, savoir écrire en lettres les nombres de 0 à 20, etc. Je savais que je voulais travailler les sciences (avec vos crustacés) puis travailler certaines stratégies en lecture. J'ai donc travaillé dans différents domaines et compétences en lien avec le programme.
Est-ce qu’il vous arrive d’ajuster le matériel, si vous vous rendez compte que ce n’est pas tout à fait adapté?
Bien sûr! J'aime faire vivre les différentes activités et je les modifie d'une année à l'autre. Comme pour la frise. Les élèves étaient perdus pour coller les animaux. J'ai donc mis des flèches pour orienter le sens. J'ai aussi mis au milieu le modèle de la frise à coller pour mieux vérifier s'ils ont compris. J'ai enlevé une partie au diagramme également, car il demandait trop de temps. Je révise souvent après avoir fait des activités.

lundi 7 mars 2016

Une étiquette collée sur une bouteille, ça peut donner de la joie…


Certains gestes anodins peuvent faire le plus grand bien. De petites attentions peuvent faire une montagne de différence. Tiens, comme cette bouteille d’eau qu’on m’a offerte lors de ma visite récente à l’école l’Équipage.

D’abord, le don de la bouteille d’eau en soi était une surprise agréable. Quand je fais des animations scolaires, ce n’est pas si fréquent qu’on songe à me fournir en eau. Et voilà qu’une enseignante prévoyante (et hyper bien organisée) a trouvé une façon originale de m’offrir de l’eau en même temps que mon horaire. Merci Mme Maryline!

Oui j’ai été promptement payée pour mes animations dans cette école.
Oui, les enseignantes avaient bien préparé avaient lu à leurs élèves plusieurs de mes albums.
Oui, les enfants étaient attentifs et enthousiastes.
Mais parfois, il suffit d’un petit rien, d’une petite étiquette collée sur une bouteille de plastique, pour se sentir vraiment appréciée.
Cette petite étiquette collée sur une bouteille de plastique, c’était encore mieux qu’un tapis rouge.
Hé oui, une petite étiquette collée sur une bouteille de plastique peut donner de la joie. 

lundi 8 février 2016

Le pollen – un incontournable pour les enseignants du primaire

En cette Semaine des enseignantes et des enseignants, petit hommage à des pédagogues engagées, passionnées, qui se donnent sans compter pour promouvoir la lecture. Professeures d’université, enseignantes, conseillères pédagogiques et bibliothécaires, cette équipe de femmes concoctent, créent, produisent et donnent vie à une revue qui devrait se retrouver sur tous les bureaux des enseignants du primaire.

Baptisé d’un nom aussi évocateur que poétique, Le pollen est une revue numérique bimestrielle sur la littérature de jeunesse, conçue pour les enseignants du préscolaire et du primaire. Une jolie citation de l’écrivain chinois Lin Yutang semble avoir inspiré le nom de la revue: « Un auteur favori ou un amour littéraire est le pollen d’une âme. »

Chaque numéro, qui dépasse les 150 pages, fourmille d’informations, de critiques et d’analyses. Les rédactrices en chef, Marie Dupin de Saint-André et Isabelle Montésinos-Gelet, toutes deux professeures à l’Université Montréal, y signent des textes étoffés, qui offrent un beau mélange de théorie et de pratique. La revue présente aussi des réseaux littéraires, des pistes d'exploitation des livres, des outils, des ressources, des nouvelles, des chroniques, etc.

Pour vous donner le goût de feuilleter Le pollen, voici un extrait d’un article que j’ai publié l’an dernier dans la revue. Pour lire l’article au complet ou pour s’abonner à cette revue incontournable, c’est par ici.


Petit abécédaire d’une auteure et ses livres

J’adore les abécédaires, qui permettent à un créateur de s’éparpiller à tous les vents et de s’éclater, tout en se pliant à la contrainte de l’alphabet. Voici donc un modeste abécédaire sur mon petit je-me-moi, parsemé de réflexions, constatations et autres élucubrations.



A pour apprentissage
Ça donne quoi de fouetter un cheval mort? Rien du tout. Rien de rien.  Ça donne quoi de s’acharner sur un mauvais manuscrit? Rien du tout. Rien de rien.  Mais c’est dur (DUR!) d’admettre que son manuscrit ne sera jamais bon. D’admettre que le cheval est mort. Ça écorche de mettre un manuscrit à la poubelle. À cause du temps investi. À cause de la sueur suée. À cause de l'espoir gonflé. À cause des images imaginées.  Mettre un manuscrit à la poubelle. Un mal parfois nécessaire. Un douloureux apprentissage. 

D pour dichotomie
Dichotomie entre ce que je voudrais écrire et ce que les éditeurs veulent publier. Je pourrais même ajouter : entre ce que les enfants veulent lire aussi. Comme auteure, on veut d’abord et avant tout être lue. Par le plus grand nombre de lecteurs possible. Je suis donc souvent déchirée entre ce que j’appelle le « commercial » et le « littéraire ». Le marché, les éditeurs, les enfants demandent des histoires légères, divertissantes et rigolotes tandis que je suis attirée par les histoires plus profondes, des thèmes plus sombres, des narrations plus exigeantes, où la forme se réinvente et s’éclate. Je veux que les éditeurs vendent. Je veux que mes livres soient lus. Mais je rêve aussi de voir les éditeurs (et les lecteurs) s’aventurer vers des lectures qui les sortent de leur zone de confort.

E pour Ellipse
Plus je publie des albums, plus j’approfondis l’art de l’ellipse. Petit à petit, j’apprends à ne pas tout expliquer. Dans la prochaine année, je publierai deux albums, l’un chez Druide et l’autre chez Comme des géants, qui seront mes textes les plus elliptiques à ce jour. À mes débuts, je cherchais (je m’en confesse) à éblouir par ma prose poétique et élégante. Maintenant, je chercher à raconter des histoires avec une grande économie de mots, afin de laisser plus de place à l’illustrateur et plus de place à l’imaginaire des jeunes lecteurs.

L pour lectorat
Miss Pissenlit : le roman qu’il m’a fallu le plus de temps pour écrire. Près de dix ans! Pourtant, c’est mon roman le plus méconnu, je crois. Il n’a pas complètement trouvé son lectorat. Même s’il a remporté le prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal. Aux enseignants du secondaire qui liraient ceci, voici donc un « scoop » : une situation d’apprentissage et d’évaluation complète a été développée et se retrouve sur ce site. Il suffit d’un clic.

O pour orgueil
Il faut beaucoup d’orgueil pour écrire des livres. Pour penser qu’on a quelque chose de nouveau, d’original, d’inédit (vraiment?) ou d’important à raconter, alors que des millions de livres sont publiés chaque année. Paradoxalement, il faut aussi beaucoup d’humilité pour être auteure. L’humilité d’accepter que même si on écrit jour et nuit, sans relâche et sans répit, même si on publie un petit chef-d’œuvre, il ne sera peut-être lu que par quelques milliers de personnes…

Q pour quétaine
Quand on écrit pour les jeunes, il est facile de verser dans le quétaine. De glisser vers les stéréotypes ou les thèmes éculés : les princesses en robe rose, les dragons qui crachent du feu ou le petit coquin qui ne veut pas aller au lit… Je fuis les clichés comme la peste (ah! Un cliché!). Je cherche à écrire des livres différents, riches, originaux. Des livres qui exigent effort et patience. De la concentration et du silence. Des livres où le lecteur s’abandonne et s’immerge dans la plus pure et la plus jouissive évasion.

T pour titre
C’est avec La plus grosse poutine du monde que j’ai vraiment mesuré la puissance d’un titre. Il me suffit de dire le titre de ce roman pour voir déjà l’intérêt, les sourires, la curiosité de mes interlocuteurs. Le seul inconvénient de trouver un titre aussi accrocheur, c’est que la barre se retrouve soudain fixée très haute pour les prochains titres.

U pour urine
Ah! Est-ce que ce mot a capté votre attention? Avez-vous sauté d’autres lettres de cet abécédaire, mais en voyant celle-ci, votre regard a stoppé net? Chaque fois que je sors ma kyrielle albums en animation scolaire, celui qui reçoit immanquablement le plus d’attention, c’est Pipi dehors. Les enfants rigolent, ricanent, réclament que je le leur lise ou se jettent dessus pour le feuilleter. Je savais que les thèmes scatologiques étaient populaires auprès des enfants, mais je l’ai constaté encore davantage avec ce petit album humoristique publié chez Bayard. Le plus drôle? Ce commentaire d’une fillette dans une école d’Ottawa qui m’a dit un jour : « Il y a un « mauvais mot » dans le titre de ton livre!

W pour wow!
Wow pour ces profs passionnés de littérature jeunesse, qui sont d’extraordinaires passeurs, des enseignants qui forment des lecteurs à vie! Je les rencontre au fil de mes animations scolaires. Et chaque fois que je constate leur engagement, leur créativité pour valoriser le livre, je m’étonne de ce que leurs magnifiques initiatives ne soient pas mieux diffusées par les commissions scolaires. D’où la section de mon blogue intitulée Vive les profs. C’est à la fois un hommage à ces pédagogues hors pair et aussi une façon, bien modeste, de mieux faire connaître leurs initiatives de promotion de la lecture.

Y pour yéyé
Yéyé veut dire grand-père en mandarin. Le yéyé est un des personnages principaux de mon roman Les Impatiences de Ping. Dans ce roman, j’explore les thèmes des bonsaïs et des biscuits chinois, je combine le tragique et le comique, l'ancien et le nouveau, la Chine et le Québec... En développant le personnage du Yéyé, ce grand-père venu de Chine s'installer au Québec, j'ai pris conscience de l’immense courage des immigrants, qui doivent repartir à zéro dans un nouveau pays.

Z pour zen
Devant l’état actuel de l’édition, non seulement au Québec, mais dans le monde entier, je m’oblige à rester zen. Baisse des ventes de livres, fermeture de librairies, baisse du temps consacré à la lecture, hausse vertigineuse du temps devant les écrans (chez les petits comme chez les grands…) Devant cette situation plutôt désastreuse, je m’entraîne à rester zen. Pour préserver cette petite flamme fragile qu’on appelle le goût de créer.  

mardi 16 juin 2015

Lunettes magiques d’écrivain : j’en veux une paire, tout de suite, maintenant, hier!!!



Classe de 2e année à l'école Madeleine-de-Roybon

Lettre envoyée par les élèves de 2ième année de la classe de Jacynthe Aubut, à l’école Madeleine-de-Roybon de Kingston

Chère Mme Andrée,

Nous, les amis de la classe, avons décidé de t’écrire pour te dire à quel point nous avons apprécié ta série de livres des aventures de Babette. Ta Babette nous a bien fait rire… tellement que l’on veut relire et relire tes livres et que M. Éric, notre bibliothécaire, ne peut même plus les faire rasseoir sur les étagères de sa bibliothèque.


À chaque jour, nous t’écrivons une histoire de Babette.  Chaque jour, avec nos lunettes magiques d’écrivains, nous écrivons au pied de l’arbre. Nous effaçons, nous éliminons, nous changeons, petit à petit pour que notre histoire devienne de plus en plus stimulante. 




Nous joignons à cette lettre des dessins de Babette. Nous l’avions imaginé lors du premier livre Les petites couettes de Babette. Tu aimes?                                                                                                         


 
Ce que les enfants ne m’ont pas dit dans leur lettre, c’est comment les lunettes magiques d’écrivain les aident à écrire? 
Voient-ils la vie en rose? 
Est-ce que les lunettes titillent leur imagination?
Et la question la plus importante : on les trouve OÙ ces fameuses lunettes magiques?

jeudi 11 juin 2015

Des sourires grands comme la lune: quand des élèves en difficulté développent leur créativité...


Quand des élèves avec de graves difficultés d’apprentissage sont encadrés par une enseignante dynamique, stimulante et créatrice, ces mêmes enfants peuvent se dépasser et créer de bien beaux projets.

C’est ce qui s’est produit cette année dans la classe de Nancy Laframboise, à l’école Le Petit Prince, de Gatineau. Pour préparer ses élèves avant ma visite dans leur classe, Nancy leur a lu mes albums à voix haute afin de travailler l’écoute et les familiariser avec la rime. Il faut préciser que ces dix élèves dysphasiques, âgés de 8 à 10 ans, ont de grandes difficultés tant à l’oral qu’à l’écrit.

Avec l’appui de sa fidèle complice Manon Boulet, une technicienne en éducation spécialisée, l’enseignante a guidé ses élèves dans la création de leur propre album, sur le modèle de mon album tête-bêche Le meilleur endroit/Le pire endroit. Pour développer leurs habiletés à l’oral, les élèves ont ensuite réalisé un court métrage collectif Nos meilleurs moments


Lors de ma visite dans cette classe cet hiver, les élèves m’ont présenté leur création avec une excitation trépidante et des sourires grands comme la lune. Leur fierté et leur joie étaient émouvantes à voir.

Cette semaine, Nancy Laframboise et ses élèves se rendaient à Montréal pour recevoir un prix de reconnaissance en lecture du ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Bravo, bravo, bravissimo à Nancy et à ses élèves!

Voici la vidéo sur la réalisation du projet: 

Au total, le ministère de l’Éducation a remis 16 prix de reconnaissance en lecture lors d'une joyeuse cérémonie à la Grande Bibliothèque de Montréal. Pour voir tous les projets, cliquez ici.