mardi 27 novembre 2012

Comme une rivière, la lecture nous transporte....




Si je n’ai droit qu’à un seul mot, je choisis ORIGINALITÉ.
Originalité. 
Voilà le mot qui me vient à l’esprit devant la superbissime affiche annonçant le prochain Salon du livre de l’Outaouais (SLO).

De cette affiche conçue par l’artiste AnikDeslauriers, j’aime la luminosité du blanc, le petit éclat d’écarlate, la fluidité, l’élan, cette impression de bouillonnement, d’irrépressible mouvement…  
À l’instar de la rivière, la lecture nous transporte…

L’affiche, le thème et les invités d’honneur du prochain SLO ont été dévoilés hier en conférence de presse.   
L’équipe concocte un délicieux bouillon de plaisirs livresques pour le printemps prochain! Pour toute l’info, cliquez sur le site du Salon.

dimanche 25 novembre 2012

Se faire belle pour écrire? Oui ou non? Voilà la question...



Photo : Cade Martin

Quand j’écris, je porte mes pantalons de jogging les plus amples
(du genre qui poche aux fesses).
Mon chandail le plus flottant.
Mous et doux, les vêtements.
Confort.
Confort.
Confort.
Pour mieux oublier mon corps.
Mais.
Mais.
Mais.
Si je faisais un peu plus d’effort pour l’élégance...
Ma Muse serait-elle plus zélée?

jeudi 22 novembre 2012

Pour faire aimer notre belle langue : vive le virelangue!

Chaque vendredi, les élèves de l’école Madeleine-de-Roybon, à Kinsgton, font un concours rigolo. Un concours de virelangue!   

Une enseignante dynamique, Jacynthe Aubut, déniche des virelangues sur divers sites. Elle fait ensuite pratiquer les élèves. Celui ou celle qui arrivera à réciter son fourchelangue sans bafouiller ou bégayer, le dire rapidement et le plus clairement possible, récolte l’honneur de déclamer son virelangue à l’interphone, pour toute l'école. 

Bravo à Joachim et Xavier, qui récitent si habilement (et rapido-presto!) ce virelangue tiré de mon documentaire À la découverte de l’Ontario français

Texte du virelangue: C’est fantastique de faire partie de la grande famille franco-ontarienne et de parler fièrement le français ; alors je défends farouchement ma langue fabuleuse et, je le confesse franchement, j’enverrai flotter dans le fossé le premier farceur qui affirmera faussement que le français est un fardeau fatigant.




mardi 20 novembre 2012

Salon du livre de Montréal : tourbillon d’émotions




Un salon du livre est pour moi synonyme de tourbillon de rencontres, d’avalanche d’informations variées, de débordement d’impressions. Par-dessus tout, ces grandes foires du livre déclenchent inévitablement dans mon petit cerveau un maelstrom d’émotions, certaines réjouissantes, d’autres accablantes.  En voici quelques-unes,  en vrac.  

Joie 
Qui ne se gonfle pas de joie quand on lui offre des chocolats?  Ma joie était d’autant plus grande qu’au Salon, en pleine séance de signature, voilà qu’on m’apporte une boîte de chocolats inimitables!  Des chocolats qui pétillent!  Faits à la maison.  Cette délicate et généreuse attention est de Kanie Beaupré-Parent, une enseignante passionnée de littérature jeunesse, qui avait fabriqué ces mêmes chocolats irrésistibles, lors de mon passage dans son école, il y a deux ans.  Pour savoir toute l’histoire et avoir la recette de chocolats qui pétillent, cliquer ici.  

Dépassement 
Dire que pendant toutes ces années où je croyais faire assidûment mon devoir d’auteure dans les salons du livre, j’ai insulté mes lecteurs sans le savoir.  Toutes ces années de séances de dédicaces où j’aurais été aussi bien de cracher dans le livre qu’ils venaient d’acheter.  Selon le très facétieux Stéphane Dompierre, si on écrit « bonne lecture » en dédicace, c’est drabe, insultant et l’équivalent d’un crachat…   Oupelaille!  J’avais intérêt à réformer mes habitudes au plus sacrant. Alors, n’écoutant que mon sens du dépassement, je n’ai pas signé une seule dédicace cette année avec les mots honnis (bonne lecture).

Attendrissement
Je lui aurais donné 8 ou 9 ans et elle avait de mignonnes petites couettes comme mon personnage de Babette. La petite fille ne souriait pas. Par timidité je crois.  Elle z’yeutait mes signets depuis un bon moment.  C’est que les signets d’Isatis se démarquent. 
             - Veux-tu un signet?
     Elle a secoué la tête de droite à gauche
            - J’en ai déjà plusieurs, a-t-elle répondu gravement.  
Comme je ne voulais pas égratigner sa dignité, je n’ai pas  insisté. 
Tout de même. 
Si petite et déjà si raisonnable.

Humilité 
Le Salon du livre de Montréal est une chaîne de montagnes de livres.  Un Everest après l’autre de bouquins.  Et tellement de livres fabuleux et formidables. Comment ne pas se sentir insignifiant devant tout ça?  Confrontés ainsi aux Grands, comment rester sereine devant les limites de son propre petit talent?  Longtemps, j’ai pensé que l’humilité devait être un baume alors qu’elle se vit parfois comme une brûlure.

Douleur    
Samedi matin, je me réveille dans l’appartement de ma sœur, qui a déjà quitté pour le weekend.  Prête à attaquer ma deuxième journée au Salon,  je cherche mes souliers. Plus de souliers. Disparus. Volatilisés. J’appelle ma sœur qui confirme qu’elle a apporté mes souliers par mégarde… En panique, je fouille dans tous les placards et j’essaie toutes les godasses que je peux trouver.  Le hic, c’est que ma sœur chausse du 5 ½  tandis que moi je chausse du 7.   Je suis aussi désespérée que les demi-sœurs de Cendrillon, qui tentaient de coincer leurs gros pieds dans l’escarpin minuscule de la belle.  Je finis par trouver une paire, « faite un peu plus grande ». En enlevant mes bas, je réussis – de peine et de misère – à enfiler les souliers.  Tout mon samedi (de 9 h le matin jusqu’à 22 h, après le souper d’auteurs) pieds nus dans des souliers trop petits pour moi.   
Bonjour les ampoules. 
Se mettre dans les souliers de l’autre?  
Je l’ai fait, je ne le ferai plus.   
Jamais.

Envie 
Quel auteur normalement constitué n’envie pas les interminables files de lecteurs en attente devant la table de Simple Plan, de Michel Tremblay ou de Ricardo?  Si on accepte d’entrer dans l’arène cruelle de l’édition, il faut apprendre à piétiner son envie.

Agacement 
Ce n’est pas parce qu’on écrit pour des jeunes qu’il faut  leur parler « bébé » ou leur tordre le bras (figurativement) pour qu'ils achètent nos livres.  Moi qui ne suis pas très douée pour l’autopromotion (surtout celle qu’il faut pratiquer « en direct » sur le plancher du Salon) j’ai vu durant ce salon des auteurs agrafer  (pour ne pas dire harponner) des jeunes en leur posant quelques questions condescendantes avant de leur balancer un monologue publicitaire sur les mérites de leurs livres. Voilà ce qu’on appelle de la vente sous pression.  En plus, c’est que les jeunes (et je ne parle pas des ados) forment une clientèle vulnérable. Là où un adulte aurait simplement tourné le dos à cette approche agressive, les jeunes eux restaient sur place, se dandinant sur un pied puis sur l’autre, intimidés et mal à l’aise… Pas très efficace, il me semble, comme approche pour donner aux enfants le désir de lire ou le goût d’approcher les auteurs…


Soulagement
Pour mon dernier jour au salon, je n’avais toujours pas récupéré mes souliers.  Mais pas question que je passe une autre journée pieds nus dans des souliers trop serrés.  J’ai fini par dénicher, dans le fin fond d’un placard chez ma sœur, des godasses pour marcher dans l’eau.  Euréka!   J’aurais l’air d’une folle avec des souliers de plage en novembre, mais au moins mes ampoules n’allaient pas éclater et mes pieds cesseraient de hurler.  Durant tout mon dimanche au Salon, pas un auteur, pas un éditeur, pas un lecteur – personne! – n’a fait de commentaires sur mes godasses hors-saison.  Soit que les auteurs/éditeurs/lecteurs sont des gens hyper-polis ou soit que tous ces gens sont tellement passionnés par les livres qu’ils se fichent de la mode.

Émerveillement
À certains moments du Salon, dans certaines allées, la foule était tellement dense qu’il fallait jouer du coude.  Tous ces gens, plus de 100 000 visiteurs,  attirés ici par le plaisir de lire!!!  Oui, ça va mal dans l’industrie du livre,  oui, ce marasme nous pèse, mais NON!!!! le livre n’est pas mort!  Loin de là!

mardi 13 novembre 2012

Je m'en vais m'enivrer de livres... au Salon du livre de Montréal




C’est déjà l’heure du plus grand salon du livre au Québec : celui de Montréal.

Bon temps pour s’enivrer de lecture. Comme disait si joliment Robert Sabatier :   « Livre, porte ouverte, ouvre des portes en moi. »

Venez bouquiner au Salon!   
Laissez les portes s’ouvrir en vous!

J’y serai à ce grand Salon livresque, du vendredi au dimanche. 
Pour mon horaire de séances de signatures, cliquer ici.

dimanche 11 novembre 2012

Je lui aurais donné le Goncourt moi à Tierno Monénembo






J’aurais tellement – TELLEMENT!!! – voulu que ce roman rafle le Goncourt, pour  lequel il se trouvait en nomination. Il le mérite tellement – TELLEMENT! 

Voilà donc le dixième roman de Tierno Monénembo, écrivain d’origine guinéenne. Dès les deux premières pages, je savais que j’aurais affaire à une lecture mémorable. Que j’allais me forcer à ralentir pour mieux savourer la prose de ce Monsieur Monénembo (je verrais bien ce nom pour un personnage de roman!)

Il s’agit de l’histoire vraie mais romancée d’Addi Bâ,  un Guinéen qui a mis sur pied un des premiers maquis de la Lorraine, en France, durant la Deuxième Guerre mondiale.  Tout ce qu’on souhaite dans un roman se trouve dans ce roman : héros inoubliable, du drame en quantité, de l’humour à revendre, des images fortes, une façon inimitable de raconter!  Voilà donc un superbe livre hommage à tous ces Africains qui ont combattu pour la France durant la grande Guerre.  Comme le souligne l’auteur, ces tirailleurs sénégalais ont servi de chairs à canon et après la guerre, la France les a renvoyé « dans leur brousse avec coup de pied au cul, les poumons en sang et les jambes en moins. »   
Souvent désopilant, tout aussi souvent déchirant, ce roman nous reste longtemps en tête. Cher Monsieur Monénembo, vous gagnez mon Goncourt à moi!  

Le Terroriste noir, Tierno Monénembo.  Seuil. 226 pages.  

J'en ai parlé ce samedi aux DivinesTentations.  Pour écouter la chronique, c'est ici.
 

Rien ne me réjouit plus qu’un héros antipathique.  Car la littérature nous donne trop – beaucoup trop – de ces protagonistes parfaits, beaux, lisses et bien-pensants.  C’est pas ça la vraie vie…
Dans son nouveau roman,  Salut mon oncle!  Marie-Paule Villeneuve a l’audace de créer un héros antipathique.  Son Edgar est obèse, chauve, grincheux et  misanthrope.  Heureusement, il est drôle. C’est que ce gros grognon manie le sarcasme et l’ironie avec grande habileté.  Paradoxalement, son humour mordant le rend plutôt attachant.

Surtout  connue pour ses romans historiques  (L’Enfant cigarier, Les demoiselles aux allumettes,  Marie-Paule Villeneuve, mon ancienne collègue au  journal Le Droit, offre ici un roman contemporain, qui se déroule en 2008.  Elle nous présente un conflit des générations entre le baby-boomer cynique (le vieil oncle) confronté au jeune homosexuel idéaliste (son neveu de 19 ans). Imaginez les étincelles!  Truffé de dialogues humoristiques et d’anecdotes comiques, cette critique sociale assez acerbe se déguste aisément.   Bien que ce roman ne soit pas léger  (il y a de la chair dans l’intrigue et dans le propos), on y passe un moment fort divertissant. 


Salut mon oncle! Marie-Paule Villeneuve, Triptyque, 320 pages. 

J'en ai parlé ce samedi aux DivinesTentations.   Pour écouter la chronique, c'est ici.