lundi 17 avril 2017

Comment fabuleusement préparer des élèves à une visite d’auteure : l’école aux Quatre-Vents est un modèle à suivre

Illustrations créées par deux élèves de 5e année
L’école aux Quatre-Vents de Drummondville porte bien son nom. Il y souffle un vent vigoureux, un vent fougueux en faveur de cet objet millénaire qu’on appelle un livre. 

Le vent vivifiant qui circule dans cette école est porté par une équipe d’enseignants fabuleusement passionnés et formidablement engagés. J’en été témoin la semaine dernière, lors de mes trois jours d’animation dans cet établissement où il fait bon apprendre. Si le MEES organisait un concours sur Comment préparer des élèves une visite d’auteure, l’école aux Quatre-Vents remporterait la palme, haut la main.

Voici donc l’imposante liste de leurs réalisations, dans le cadre de ma visite :

- Chacune des 19 classes de l’école, de la maternelle à la sixième année, avait lu pas un, mais plusieurs (plusieurs!) de mes livres. En rencontre avec l’auteure, ça donne des élèves enthousiastes, allumés, qui participe, ont des opinions et des commentaires. Élèves bien préparés = intérêt décuplé.

- Plusieurs classes sont arrivées à la rencontre avec des questions pour l’auteure, des questions soigneusement écrites sur des bouts de papier, ce qui n’a pas empêché les élèves d’avoir aussi des tonnes de questions spontanées. 

- Des élèves de première année ont créé des livres collectifs, format accordéon, à la manière d’Andrée Poulin.

Livres collectifs en format accordéon, créés par les 1ère années
- Dans le corridor de l’école, un mur de beaux mots tirés de mes livres.

Murs de beaux mots cueillis au fil des lectures....
Les classes de 5e année ont lu La plus grosse poutine du monde et ont fait ensuite une recherche sur des records. Les résultats rigolos ont été affichés dans le corridor.

D'autres records Guinness trouvés par les élèves de 5e année
Les élèves d'ne classe de 5e année ont interrompu la lecture de l'histoire de la poutine pour écrire leur propre chapitre...

Une classe de maternelle, après avoir lu Les mots-amis, a créé un lexique d’autres mots-amis. 
Même en maternelle, les enfants connaissent bien les mots liés à la politesse...
- Les élèves de maternelle ont aussi dessiné des pages couverture à partir de mon album Mon papa ne pue pas.
Les élèves de maternelle créent leur propre page couverture.
- Une enseignante avait créé une présentation PowerPoint sur mes différents livres, présentation qu’elle a fait circuler auprès de ses collègues avant ma venue à son école.

- Dans la bibliothèque scolaire où je donnais mes animations, tous mes livres étaient exposés sur les rayons, afin d’inciter les élèves à aller un pas plus loin et emprunter les livres de l’auteure rencontrée. 
Petit souvenir craquant que j'ai reçu d'une élève de 1ère année
En cette époque étrange, où les enfants passent d'innombrables heures par jour devant des écrans, j’ai vu à l’école aux Quatre-Vents des centaines d'élèves, des classes entières, toute une école, s’emballer, s’exciter et se passionner pour des livres. Comme tableau, c’est merveilleusement revigorant.

mercredi 5 avril 2017

Avec le printemps arrive le Salon du livre de Québec


Pour la première fois depuis des années, je n’ai pas un horaire de séances de signature hyperchargé, mur-à-mur au Salon international du livre de Québec.
Ce printemps, à Québec, j’ai de belles et grandes plages de temps libre. LIBRE!
Me voilà aussi excitée qu’une enfant devant les premières flaques d’eau du printemps.

Musarder dans les allées.
Voilà ce que je ferai ce weekend, au Salon du livre.
Quoi d’autre encore?
Du lent lèche-stand.
Humer l’odeur d’encre des livres neufs.
Lire un album ou deux en cachette, cachée dans le fond d’un stand.
Écouter les écrivains parler d’écriture. Et de lecture.
Prendre un verre avec une amie auteure.

Je vais peut-être même faire comme ce type sur l'affiche, couché sur sa branche, la tête appuyée sur une pile de livres.
Je vais croiser les bras, allonger les jambes et contempler le ciel bleu.

Cette année, au Salon du livre de Québec, je m’offre un luxe impayable : prendre le temps.
Apprivoiser la lenteur.
Flâner dans les livres.
Quoi de mieux?
Qui dit mieux?


Voici mon horaire, si jamais vous êtes dans le coin et voulez me serrer la pince :
Samedi 8 avril :
- 9h30 à 11h : Dominique et Compagnie (stand 30)
- 13h à 14h : Québec Amérique (stand 81)

Dimanche 9 avril:
- 10h à 11h : Québec Amérique (stand 81)
- 14h à 15h : Dominique et Compagnie (stand 30)
- 15h à 16h : Isatis. (stand 155)

lundi 3 avril 2017

Des bibliothécaires audacieuses créent le prix Espiègle!

Les livres finalistes au Prix Espiègle 2017
Il ne faut pas se leurrer, la vilaine tronche de la censure fait surface de temps à autre dans les bibliothèques du Québec. Et peut-être plus souvent qu’on pense…

Ce qui a incité de dynamiques bibliothécaires scolaires à créer un nouveau prix littéraire en littérature jeunesse. Joyeusement intitulé le prix Espiègle. Réjouissant comme nom n’est-ce pas?!!
Logo du Prix Espiègle créé par Jacques Goldstyn
Le prix Espiègle couronne « un livre audacieux et d’une grande qualité littéraire ». Les quatre intrépides fondatrices sont Julie Hermann, Lyne Rajotte, Anne-Marie Roy et Marjolaine Séguin et un bel idéalisme se cache derrière leur initiative. Par ce prix, elles souhaitent :
  • Faire valoir l’audace d’un livre jeunesse au service de la mission pédagogique de la bibliothèque scolaire. 
  • Souligner la qualité d’un livre qui est susceptible de faire réagir de multiples façons. 
  • Promouvoir des livres exposant les élèves à des valeurs plurielles enrichissant leur vision du monde. 
                                       Le jury du Prix l'Espiègle et membres de l’Association pour la promotion                                                   des services documentaires scolaires (APSDS)

Le prix a été remis ce samedi 1er avril (et non, ce n’est pas un poisson d’avril, mais pas du tout !) à l’album Méchant Far West de Marthe Pelleter et Richard Écrapou, ainsi qu’au roman Nous, de Patrick Isabelle.

Bravo aux lauréats!
Vive les bibliothécaires téméraires qui osent transformer leurs idées coquines en réalités concrètes.

mardi 7 mars 2017

Pour les enseignants : une conférence pour générer des coups de foudre de lecture chez vos élèves


Oui, oui, je sais, il faut vraiment être un enseignant passionné, dévoué, engagé et zélé pour aller suivre une formation par un beau samedi de mars, alors que le printemps frappe à nos portes et que la sève s’agite joyeusement dans les érables.

Mais il y en a des profs passionnés, dévoués, engagés et zélés qui sont prêts à travailler un samedi matin, car le Centre de diffusion et de formation en didactique du français (CDFD) de l’Université de Montréal offre régulièrement des formations le samedi et il y a preneurs!

Justement, j’en donne une de ces conférences, pas plus tard que le samedi 25 mars prochain, en matinée. Vous me demandez, chers enseignants déjà débordés, essoufflés ou surmenés, pourquoi venir à une conférence, en un samedi matin printanier, alors que vous pourriez flâner au lit, dévorer un bon roman, faire du ménage (vraiment?) ou méditer en regardant les écureuils batifoler dans la sloche?

Donc, pourquoi venir à ma conférence? Je pourrais vous donner 36 raisons, mais optons pour la concision. Voilà 6 simples raisons :

1-     Parce que je vais vous présenter non pas de la théorie, mais du concret, des activités diversifiées et amusantes pour titiller le goût de lire chez vos élèves. Parce que vous repartirez avec la tête remplie d’idées et (je l’espère) avec l’envie de générer des coups de foudre de lecture dans votre classe.
2-     Parce que vous aurez droit à quelques primeurs, car je vous présenterai des extraits de mon ouvrage didactique à paraître en avril chez Chenelière Éducation  : L’album jeunesse, un trésor à exploiter.
3-     Parce que si la littérature jeunesse ou la création vous intéresse, je vous amène dans l’arrière-cuisine d’une écrivaine, en vous racontant tout ce que vous avez toujours voulu savoir, mais n’avez jamais osé demander sur les bonheurs, défis et frustrations d’une auteure jeunesse.
4-     Parce que mes conférences sont hautement interactives et que cela vous permettra de donner vos opinions, ainsi que de vous enrichir en écoutant les idées et expériences de vos collègues.
5-     Parce qu’en plus d'apprendre, on va s'amuser. On va même rire un peu. Je suis loin d’être une humoriste mais j’ai tout de même quelques histoires comiques à raconter au sujet de l’édition et du merveilleux monde de la littérature jeunesse. J’ai même quelques bloopers (ratage et gaffes…) à vous montrer…
6-     Parce qu’il y aura des cadeaux! Je ferai tirer quelques-uns de mes albums et romans, des affiches et une copie de mon ouvrage didactique sur l'album. 

Il reste encore quelques places pour cette conférence, qui se donnera le 25 mars de  9 h à 12 h, au pavillon Marie-Victorin de l’Université de Montréal.
Public cible : enseignants du préscolaire et de tous les cycles du primaire, orthopédagogues, conseillers pédagogiques, bibliothécaires, documentalistes et bien sûr, les étudiants.
Tarif : 42 $ (taxes comprises). 
Pour vous inscrire, cliquer ici.   
Au plaisir de vous y voir!

lundi 20 février 2017

Salon du livre de l'Outaouais - plaisirs livresques à l'horizon!


Vous avez une fringale de lecture?
Une faim irrésistible de bons bouquins?
Ça tombe bien, le Salon du livre de l'Outaouais a justement lieu ce weekend!

Avec le printemps presque à nos portes, y’a pas meilleur moment pour faire le plein de livres.
De voir d’un peu plus près ces étranges bibittes qu’on appelle les écrivains.
Venez au Salon!
Venez bouquiner, feuilleter, dévorer, consulter!
Venez plonger dans un album, un atlas, un bouquin, une bédé, un roman, un recueil, un journal, une plaquette, un polar, alouette!
Venez donc vous faire plaisir.
Venez donc lire!

Si ça vous chante, venez aussi me serrer la pince. Voici mon horaire :

Animations sur scène

Vendredi 24 février 2017:
10h30 : Animation sur Une cachette pour les bobettes (scène Jacques Poirier)
11h30 : Animation sur Deux garçons et un secret (scène Jacques Poirier)

Samedi 25 février 2017:
11h. Animation sur Les mots-amis (scène Jacques Poirier)

Séances de dédicaces

Vendredi 24 février
12h à 13h : Éditions de la Bagnole (stand 215)

Samedi 25 février
10h à 11h : Éditions Druide (stand 341)
11h30 à 13h : Éditions Ma Bulle (stand 409)
13h à 14h : Éditions Québec Amérique (stand 305)
14h à 15h : Éditions de la Bagnole (stand 215)
15h à 16h : Dominique et Compagnie (stand 600)
16h à 17h : Éditions de l’Isatis (stand 103)

Dimanche 26 février 2016
10h à 11h : Druide (stand 341)
11h à 12h : Éditions Québec Amérique (stand 305)
12h à 13h : Éditions de la Bagnole (stand 215)
13h à 14h : Dominique et Compagnie (stand 600)
14h à 15h : Éditions de la Bagnole (stand 215)
15h à 16h : Éditions de l’Isatis (stand 103)

dimanche 22 janvier 2017

Même les gestes les plus simples peuvent contenir de beaux apprentissages

Certains enseignants sont des pédagogues jusqu’au bout des ongles. Ils profitent de la moindre occasion pour éduquer et instruire, pas seulement sur le curriculum imposé par le Ministère, mais sur le curriculum de la vie. J’en ai vu un exemple réjouissant la semaine dernière.

Me voilà donc à l’école Montfort d’Ottawa, pour une matinée d’animations dans des classes de 2e année. À la porte d’entrée, je suis accueillie par deux élèves qui m’annoncent que je devrai répondre à quelques questions pour savoir dans quelle classe je dois aller ce matin.





Première question : 
Dans l’album Qui sauvera Bonobo?, combien de singes ont faim?
Réponse : 2.

Deuxième question : 
Dans l’album Pablo trouve un trésor, combien de bottes bleues est-ce que Pablo trouve?
Réponse : 1

Troisième question :
Dans l’album Un bain trop plein, combien y a-t-il d’oursins dans le bain de Léanne?
Réponse : 7









Réponse globale au mini-questionnaire: 217
Je devais donc me rendre ce matin-là dans la classe 217.

Après mon animation dans la classe 217, j’ai eu droit à une carte de remerciements joliment personnalisée.

Un jeu-questionnaire rigolo à l’arrivée, un message personnel au départ, deux initiatives modestes, mais qui ont le mérite d’offrir aux enfants deux apprentissages importants. Primo : faire un retour sur les livres qu’ils ont lus et faire travailler leurs méninges afin qu'ils inventent des questions reliées à l’histoire. Secundo : donner aux élèves une petite leçon de politesse sur l’art de bien accueillir un visiteur. Merci à l’enseignant, Guillaume Jacques. Bravo pour cet exemple tout simple de la pédagogie dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus précieux. 

dimanche 18 décembre 2016

Rien de plus beau qu'un prof qui écrit pour motiver ses élèves à écrire

Classe de Sébastien Bourgault, école Saint-Louis-de-France
On ne le dira jamais assez, il y a des enseignants passionnés et engagés, qui font des activités originales et stimulantes avec leurs élèves. À preuve, Sébastien Bourgault, enseignant à l’école Saint-Louis-De-France, à Lévis. Avec ses élèves de 5-6e année, il a lu La plus grosse poutine du monde. Ce roman se termine sur une fin ouverte. Et l’enseignant a demandé à ses élèves d’imaginer la suite. Jusque-là, rien de très novateur, me direz-vous. Mais là où Sébastien Bourgault a fait montre d’initiative, c’est qu’il a lui-même plongé dans les eaux exigeantes de la création, pour ensuite mieux y entraîner ses élèves.

L’enseignant s’est donc mis dans la peau du personnage principal, un garçon de 14 ans, et il a rédigé une lettre de Thomas à sa mère. Sa lettre, tout à fait dans le ton du roman, ramène les principaux éléments de l'intrigue et les caractéristiques des personnages. Les élèves avaient pour consigne d’écriture de rédiger à leur tour une lettre qui serait la réponse de la mère.


Ce que je trouve formidable, dans cette activité d’écriture, c’est que l’enseignant devait se mettre dans la peau de l’ado, tandis que ses élèves devaient se mettre dans la peau de la mère. Rien de mieux que de chausser les godasses de l’autre pour mieux le comprendre.

Mais ce qui m’enchante encore plus ici, c’est de voir l’enseignant se mouiller, écrire, créer, suer sur un texte et le présenter ensuite à sa classe. C’est de voir l’enseignant faire lui-même ce qu’il demande à ses élèves de faire. Voilà la modélisation à son meilleur. Comme pratique pédagogique, on peut difficilement demander mieux, tel que l’indique cet article sur comment un enseignant peut aider ses élèves à mieux écrire.   

Pour la classe de Sébastien Bourgault, les résultats ont été plus que satisfaisants. Tous les élèves de la classe ont rédigé une lettre et d’après l’enseignant, « ils ont adoré » cet exercice. Les élèves ont ensuite voté pour leurs textes préférés, deux lettres drôles et touchantes. Voyez ci-dessous la lettre rédigée par l’enseignant, suivie des lettres écrites par Justin Demers et Amy Roy.


Lettre de Thomas à sa mère, rédigée par l'enseignant, Sébastien Bourgault 
Bonjour maman,
Devrais-je plutôt dire bonjour madame. En réalité, je ne t’ai pas vu depuis 9 ans et je ne t’ai connu que durant mes cinq premières années de vie. Malheureusement, nous ne nous connaissons plus vraiment. Tant pis, j’ai décidé de t’écrire ce matin, car j’aimerais passer à autre chose.

Les idées se bousculent dans ma tête, j’ai le goût de te dire mille et une choses et je ne sais pas trop par où commencer.  Allons-y par priorités, mes questions et des nouvelles de moi.
As-tu vu ma photo dans l’Écho de l’Estrie? L’as-tu vue dans le livre des Records Guinness?
Penses-tu revenir à la maison un jour? Je crois bien que papa aussi aimerait te revoir.
Travailles-tu? As-tu des animaux de compagnie? Que fais-tu de tes journées?
Ouf, je pourrais continuer encore comme ça pendant 9 pages, une par année écoulée depuis ta disparition.

De mon côté, je vais plutôt bien. Si tu as répondu non à mes deux premières questions, imagine-toi que je viens de battre le record de la plus grosse poutine du monde. Te souviens-tu, j’aimais beaucoup celle que tu me préparais quand j’étais petit. Ce projet m’a aidé à me rapprocher de toi. J’ai réalisé cet immense défi avec mon meilleur ami Sam et une fille qui vient d’arriver en ville. Elle s’appelle Éliane Ladouceur, mais elle préfère Élie. Elle est très spéciale cette Élie, j’en apprends à tous les jours sur elle et j’aimerais que cela continue. Penses-tu que je suis trop jeune pour qu’elle devienne ma blonde? 

Papa continue son projet bateau. J’aimerais qu’il me consacre plus de temps. C’est aussi pour cela que je souhaite avoir de tes nouvelles.

J’espère que tu prendras le temps de me répondre. Disons que tes petits mots à mon anniversaire ne m’en disent pas trop sur toi.

Ton Thomas qui t’aime et qui pense à toi!
xxx…


Lettre rédigée par Amy Roy, 6e année, école St-Louis-de-France

Bonjour Thomas,
Appelle-moi maman, je sais qu’on ne s’est pas vu depuis quelques années, mais je reste ta mère pour toujours! Je suis tellement contente d’avoir reçu ta lettre aujourd’hui.

Pour répondre à tes questions, oui j’ai vu ta photo dans l’Écho de l’Estrie en feuilletant le journal. Je suis extrêmement fière de toi Thomas! 

Malheureusement, je n’ai pas vu ta photo dans le livre des records Guinness.
Je pensais revenir le jour de tes 14 ans, mais ton père ne m’a jamais pardonné d’être partie. Je ne crois pas qu’il serait content de me revoir.

Concernant le travail, non je n’ai pas de travail, mais des fois j’aide les bénévoles et je gagne 150 dollars. J’ai un perroquet bleu et blanc qui s’appelle Bouboule, je l’ai acheté peu après mon départ et c’est une femelle. Je crois qu’elle va bientôt avoir des bébés car un jour un joli perroquet vert est venu retrouver ma belle Bouboule et depuis, ils ne se quittent plus d’une semelle. Pour ta dernière question, je passe mes journées à aider les bénévoles, m’occuper de Bouboule et lire un bon roman d’aventures et de suspenses.

Moi aussi je vais te donner un peu de mes nouvelles. Je vais super bien et je suis heureuse de savoir que toi aussi et je m’en souviens que tu aimais beaucoup ma super poutine. Concernant cette Élie, elle a l’air d’être vraiment gentille et je ne crois pas que tu es trop jeune pour sortir avec  elle car je crois plutôt qu’elle est faite pour toi.

Ton père, même s’il ne te consacre presque jamais du temps, il n’est pas un mauvais père et il t’aime très fort Thomas.

Ta maman qui t’aime aussi et qui regrette d’être partie.
Xxx


Lettre rédigée par Justin Demers, 6e année, école St-Louis-de-France

Bonjour Thomas,
Je sais que je suis partie depuis neuf ans, mais j’ai fait ça pour que tu n’aies pas honte de moi. Mon fils, les cinq premières années que je t’ai connu ont été les cinq meilleures années de ma vie.

Maintenant mon cher Thomas, je vais répondre à tes questions. Oui j’ai vu ta belle photo dans l’Écho de l’Estrie et bravo pour ta poutine de 650 kilos, je suis très fière de toi. Mais je n’ai pas vu ta photo dans le record Guinness, car je n’ai pas le temps de le regarder parce que j’ai un travail maintenant. Je travaille comme couturière et je fais des merveilles autant pour les vêtements de filles que ceux de gars. 

Je vais peut-être revenir à la maison avec Spoutnick quand je serai prête. Si tu me poses la question, Spoutnick c’est mon lézard c’est un gecko léopard. 

Pour Élie, si tu la trouves belle, va lui demander, je pense que tu es assez vieux pour avoir une blonde. 

Pour Jean, ton père, tu pourrais l’aider avec son bateau, je suis sûre qu’il va adorer ça ou tu peux lui dire que tu veux passer plus de temps avec lui.

Moi je me suis acheté un petit appartement et je n’ai pas de problème là-bas. J’ai arrêté de boire, cela a été dur, mais à cause de cela je me sens mieux. J’ai recommencé ma vie avec mon petit lézard jaune et noir.

Une dernière petite chose, je me suis trouvée une passion : c’est la cuisine et ma spécialité c’est la poutine que tu aimais tant.
Ta maman qui t’aime
xxx.