mardi 17 septembre 2019

Leçon d’écriture 7 - Gérer les montagnes russes de la motivation



10 leçons d’écriture (une par jour)
ou
La folle histoire de l’enfantement d’un roman


Septembre 2018
J’ai 150 pages de manuscrit qui s’empilent sur ma table, mais il reste encore de gros trous dans l’intrigue et la finale est boiteuse. Mon texte regorge de répétitions, de clichés et de dialogues ronflants. Ma réécriture traîne de la patte et l’essoufflement m’accable.

Parfois, après une phrase bien tournée ou une image un tantinet originale, je jubile et m’exclame : il va être bon ce roman, il va être bon! Mais pour chaque petit moment d’excitation, j’ai 52 moments de doutes écrasants. L’histoire de Thomas, de sa mère fuyante et des bélugas en voie de disparition, qui me semblait si excitante au départ, me semble maintenant aussi excitante qu’un bilan financier.

Verte de jalousie
Le matin, je me lève à reculons pour m’installer à contrecœur devant mon écran. Une amie auteure me raconte qu’elle écrit pendant des heures et qu’elle en oublie de manger. Je verdis de jalousie. Moi, je vogue entre les jours où l’écriture coule comme de la mélasse en hiver et les jours où je suis convaincue d’être en panne pour toujours.

J’ai envie de me transformer en patate de sofa et de me perdre dans Netflix pour des heures et des heures, en mangeant des Joe Louis et des chips au ketchup. J’ai envie de tout sauf d’écrire. 


Everest inatteignable
Assise à mon clavier, j’arrive mal à faire taire cette voix irritante qui répète le même refrain : pas capable, pas capable… pas capable. Même avec mes coquilles sur les oreilles, je n’arrive pas à me donner un coup de pied dans l’arrière-train. Ma motivation vacille, mon humeur oscille entre le j’en-peux-plus et le je-ne-veux-plus. Terminer ce manuscrit me semble un Everest totalement inatteignable.

Le cliché de l’écrivain dont la main court sur le papier tandis que de jolies phrases jaillissent de sa plume en un bouquet coloré, eh bien, cette image est le plus gros des mensonges. Écrire un roman, c’est rarement romantique, méthodique ou harmonieux. Non, le processus créatif se déroule dans la confusion et le cafouillis, avec moult bafouillements, reculades et frustrations.

Leçon d’écriture 7 : Pour un écrivain, la persévérance compte autant que le talent d’écriture. Ah non, que tu me réponds. Pas encore le mot persévérance, ressassé, usé, utilisé à toutes les sauces et dans tous les sermons. Désolée, mais la persévérance est ici aussi indispensable qu’incontournable. Trouver 1001 excuses pour ne pas écrire? Très facile. Trouver 1001 trucs pour préserver son élan et son désir d’écrire? Pas facile. Si tu veux écrire, il te faut apprendre à gérer les montagnes russes de la motivation.

lundi 16 septembre 2019

Leçon d’écriture 6 - Faire confiance au lecteur




10 leçons d’écriture (une par jour)
ou
La folle histoire de l’enfantement d’un roman


Juin 2018
Peut-être que dans une vie antérieure, j’ai été maîtresse d’école? J’ai en moi ce réflexe agaçant de vouloir expliquer, enseigner, donner des leçons (ce n’est pas un hasard ces 10 leçons d’écriture…)! Mais un auteur qui se prend pour un professeur signe son arrêt de mort.

Malgré une cinquantaine de livres publiés, j’ai encore un déplorable tic d’écriture : la fâcheuse tendance à tout expliquer. Pourtant, c’est la toute première règle enseignée dans un cours d’écriture : « Show, don’t tell ». Montrer plutôt qu’expliquer.

Celui qui a démontré le plus clairement cette technique est mort depuis plus de 100 ans. Dans les mots d’Anton Tchekov : « Ne me dites pas que la lune brille. Montrez-moi le reflet de sa lueur sur un verre brisé. »

Quand l’auteur montre au lieu d’expliquer, il laisse le lecteur se faire une image mentale d’une scène, d’une émotion. Le lecteur est ainsi plus actif, peut davantage entrer dans le récit et stimuler son imagination pour arriver à ses propres conclusions.

Voici un exemple tiré de J’avais tout prévu sauf les bélugas. Au début, je suis dans l’explication, avec cette phrase : « Thomas est frustré d’être malheureux. » Après révision, je m’efforce plutôt de montrer, avec cette phrase qui veut dire la même chose : « Est-ce qu’un jour il va finir par faire beau dans ma tête? »

Outre ma tendance à faire trop didactique, j’ai une autre mauvaise habitude : celle de faire la morale. Les jeunes – justement parce qu’ils sont jeunes – entendent sans cesse des adultes leur dire : Ça c’est bien, ça c’est mal, ne fais pas ceci ou cela, etc. Si en plus, les jeunes doivent se taper des sermons d’auteur dans un roman, ils vont vite refermer le bouquin et s’enfuir vers YouTube.

Dans la suite de La plus grosse poutine du monde, Samuel décide de sauter du toit de l’école. Au premier jet, j’ai mis un long discours de la directrice d’école sur le danger d’un tel acte. À la relecture, j’ai coupé, pour laisser les lecteurs tirer leurs propres conclusions.

Leçon d’écriture 6: Un roman, ce n’est pas un manuel de l’apprenti conducteur. Pas besoin de tout expliquer. Fais confiance à ton lecteur. Évite de moraliser. Laisse-lui le plaisir de lire entre les lignes.

dimanche 15 septembre 2019

Leçon d’écriture 5 – Si le lecteur n’aime pas ton personnage, c’est foutu



10 leçons d’écriture  (une par jour)
ou 

La folle histoire de l’enfantement d’un roman

Janvier 2018

Si Harry Potter n’était pas aussi courageux, ingénieux, loyal et tenace, personne n’aurait envie de lire les milliers de pages sur la vie de cet enfant magicien. Oui, les lecteurs veulent admirer le héros d’un roman. Mais si les personnages sont trop parfaits, le récit va en souffrir. Quand je lis un roman, rien ne m’agace plus qu’un personnage beau, bon, intelligent, élégant, qui mange toutes ses carottes et repasse ses bobettes tous les matins. Les personnages parfaits ont un gros défaut : celui d’être trop parfaits.

J’ai donc pris bien soin de donner plusieurs défauts au héros de
J’avais tout prévu sauf les bélugas. Thomas est gourmand, un peu jaloux, parfois colérique et tout à fait incapable de faire des ricochets. Petit à petit, tout se détraque dans la vie de Thomas, ce qui le rend amer et bougon. Son meilleur ami lui dit d’ailleurs qu’il a des chances d’avoir le record Guinness du gars le plus grognon du monde.

En me relisant, le doute m’assaille. Est-ce que j’ai trop forcé sur le côté ronchon de Thomas? Dans mon souci de créer un héros pas parfait, est-ce que je l’ai rendu antipathique au point où mes lecteurs décrocheront?


Pour que le lecteur soit captivé par tes personnages, il ne faut pas qu’ils soient clichés, unidimensionnels ou sans profondeur. Et surtout pas statiques.  Dans mon dictionnaire à moi, statique est synonyme d’ennuyeux. Les personnages doivent donc évoluer, se transformer au fil du récit, à l’extérieur comme à l’intérieur. Au début de mon récit, Thomas est malheureux pour deux, ce qui le rend cynique. Il trouve que les bélugas sont juste de gros poissons blancs avec des bourrelets, une bosse sur le front et un sourire stupide. J’ai posé les jalons pour que le lecteur ait envie de voir Thomas changer d’attitude, aller vers la joie plutôt que la colère. L’espoir de voir le héros résoudre son problème, que ce soit tuer Voldemort ou égorger le Grand Méchant Loup, voilà ce qui nous fait tourner les pages d’un livre.  

Leçon d’écriture 5:  Évite les personnages parfaits. Ils ne sont pas authentiques et tapent sur les nerfs. Assure-toi qu’entre le début et la fin de ton histoire, ton personnage change. Il peut changer un petit peu, moyennement ou beaucoup, mais il doit évoluer pour que la finale réjouisse ton lecteur et lui fasse pousser un petit soupir de satisfaction. 

samedi 14 septembre 2019

Leçon d’écriture 4 – Tout tourne autour des émotions



10 leçons d’écriture  (une par jour)
ou 
La folle histoire de l’enfantement d’un roman

Décembre 2017
Mon roman ressemble encore à un tas de bouette informe. Malgré le flou et les gribouillis, une chose est très claire : il y aura de l’émotion dans mon histoire. Des tonnes d’émotions! Je veux que mes lecteurs se roulent de rire. Je veux aussi les faire brailler.

Tous les romans qui me sont restés en mémoire, ceux que j’ai relus avec délice, ceux que j’ai admirés et jalousés, tous avaient un élément commun : ils m’ont fait vibrer. Je cherche donc à concocter un marquant mélange de tragique et de comique.

Au fur et à mesure que s’allonge mon manuscrit et s’empilent les chapitres, la même question me hante : comment faire pour que le lecteur s’investisse émotivement dans la détresse de Thomas? Dans les mauvais coups de Samuel? Dans l’idéalisme d’Élie?

J’essaie de varier les émotions, de mettre de l’avant la joie intense (celle qui donne envie d’embrasser les poteaux de téléphone) autant que la peine profonde (celle qui fait brailler à gros sanglots morveux). Parce que dans ce roman, je veux montrer la vie dans ce qu’elle a de drôle-et-pas-drôle.

Pour l’aspect dramatique des émotions, ce ne sera pas difficile. Puisque Thomas fait tout pour revoir sa mère qui fait tout pour l’éviter, le drame est déjà encastré dans l’intrigue. Les moments crève-cœur sont immanquables. Ce que je dois éviter, c’est la surdose d’émotions déchirantes qui ferait glisser le récit dans le pathétique. Le dosage des émotions est aussi important que l’émotion elle-même.

Pour les émotions teintées de rires, c’est ardu pour moi. L’humour a toujours été mon défi, mon Graal. Je dois creuser loin et longtemps dans mes méninges pour trouver quelques graines de comique. Dans La plus grosse poutine du monde, l’humour tournait autour des insultes du youyou du Sénégal. Mais en humour, il faut savoir se renouveler…

Pour le moment, mon manuscrit ne regorge pas de contenu comique. J’ai un jeu de mots sur les bélugas (merci Monsieur Google), une blagounette sur les gâteaux Vachon et quelques dialogues moqueurs entre Thomas et Samuel. Plutôt maigre comme moments rigolos. Mais l’humour sophistiqué, l’humour fin et fort, ça se construit, ça se travaille. Je continue donc à me décarcasser pour chercher vaillamment le cocasse.

Leçon d’écriture 4:  Un roman sans émotion, c’est aussi lamentable qu’un gâteau sans glaçage, qu’un paysage sans horizon. S’il n’y a pas d’émotions dans ton histoire, tu rates ton coup et tu perds ton lecteur.

jeudi 12 septembre 2019

Leçon d’écriture 3 – Laisse courir tes doigts sur le clavier



10 leçons d’écriture
ou
La folle histoire de l’enfantement d’un roman


Novembre 2017

Après plusieurs mois de recherche et de bricolage autour de l’intrigue, je dois faire face à la musique. J’ai complété mon outil de travail principal : un tableau avec toutes les scènes, les thèmes abordés, ainsi que les allées et venues des personnages. C’est la charpente de mon roman. J’ai tout ce qu’il me faut pour commencer la rédaction.

J’écris un ou deux chapitres. Je me relis. Ouille! Comme c’est endormant! Banal et beige! Le côté terne de mon manuscrit me frappe comme une claque au visage. C’est d’autant plus décourageant que je sais que les attentes sont élevées pour la suite de Laplus grosse poutine du monde. J’ai peur – très très peur! – de décevoir. Me voilà donc encore plus critique devant chaque paragraphe que je réussis à pondre.


Pourtant, je connais bien la technique du premier jet. Certains auteurs anglophones appellent ça le « vomit draft. » Traduit crûment, ça veut dire le brouillon que tu vomis. À l’étape de la première ébauche, ce n’est pas le moment de corriger la structure, le style, les images, le rythme. Il faut plutôt coucher rapidement sur papier une première version complète de l’histoire. Après, plus tard, ce monceau de mots pourra être relu et retravaillé beaucoup-souvent-longtemps. Comme dit Jean-Philippe Arrou-Vignod, les écrivains ont un grand avantage sur les artistes de scène : ils ont « droit au lendemain. Le droit aux ratures ». 

Tandis que je transpire sang et eau à accoucher de cette première version, j’essaie de garder un certain équilibre : laisser mon imagination s’épivarder, tout en ne m’éloignant pas à des kilomètres de l’intrigue tracée. J’ouvre le robinet des rêveries. Je laisse couler librement les idées. Surtout, surtout, je concentre pour faire taire cette petite voix intérieure, agaçante, celle qui blâme et condamne, celle qui chuchote cruellement : « Ce que tu as écrit est ennuyant, endormant, assommant… » J’essaie d’écrire les yeux fermés pour mieux inviter les images mentales. J’évite d’analyser. Je me retiens à trois mains pour ne pas relire.

Leçon d’écriture 3 : Pour ton premier brouillon, pas de relecture ni de ratures, surtout pas d’autocritique. Laisse galoper ton imagination. Laisse courir tes doigts sur le clavier. 

Leçon d’écriture 2 – La recherche n’est pas une béquille



10 leçons d’écriture

ou

La folle histoire de l’enfantement d’un roman 

Octobre 2017

Troisième mois d’écriture. J’ai avancé cahin-caha dans le tricotage de mon intrigue, mais j’ai surtout passé beaucoup de temps à surfer sur la Toile pour faire ma recherche. En tant qu’ex-journaliste, j’ai l’habitude de la recherche. J’adore fouiller, explorer, découvrir, comparer. Pour ce roman, le gros de ma cueillette d’informations se fait sur le Web. Je passe des heures à naviguer d’un site à l’autre, à me transformer en éponge pour mieux imbiber diverses infos sur les ricochets, l’ocytocine, les colibris et les kayaktivistes. Tout ça va servir à engraisser mon intrigue, à la rendre aussi colorée que palpitante.

Évidemment, je lis tout ce que je trouve sur les bélugas. Je mène aussi quelques entrevues qui s’avèrent précieuses. Robert Michaud, directeur du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), me donne un conseil archi utile : éviter « l'anthropomorphisme gnangnan » pour parler des bélugas. Pour mes questions sur Cacouna et la pouponnière des bélugas, j’ai le bonheur de tomber sur Yvan Roy, un photographe-journaliste qui offre des réponses minutieuses et nuancées. Grâce à lui, j’engrange une foule de petits détails précieux car comme disait ce cher Da Vinci, « les détails font la perfection ».



Contrairement à la création, la recherche ne suscite aucun tiraillement douloureux. Juste le pur plaisir d’apprendre. Je m’en sers donc allègrement comme excuse pour procrastiner et repousser à demain (ou après-après-demain…) le moment d’écrire.

Oui, oui, la recherche est amusante et stimulante, mais un danger guette l’écrivain zélé : en faire trop. Trop de recherche, c’est comme pas assez. Au moment d’écrire le récit, il faudra sélectionner, synthétiser ou élaguer toute l’information recueillie. Dans mon cas, j’ai accumulé tellement d’infos que je pourrais presque écrire une encyclopédie sur les bélugas. Sauf que Bayard ne m’a pas demandé un documentaire mais un roman pour la collection Zèbre. Roman = fiction. Alors Andrée, cesse de vagabonder sur le Web et passe aux choses sérieuses. Attache-toi à ton siège et commence vraiment à l’écrire ton roman.

Leçon d’écriture 2 : Si tu veux fertiliser ton histoire avec de l’information factuelle, amuse-toi (et enrichis-toi) à faire de la recherche avant de commencer à écrire. Cette recherche pourrait même faire jaillir de nouvelles idées qui alimenteront ton intrigue. L’important, c’est de ne pas prendre la recherche comme une béquille pour éviter d’écrire. Tu éviteras aussi d’utiliser l’information glanée pour du remplissage dans ton récit.


mercredi 11 septembre 2019

Leçon d’écriture 1 - Une idée n’est pas une intrigue




10 leçons d’écriture  (une par jour)

ou 

La folle histoire de l’enfantement d’un roman 


Leçon d’écriture 1 - Une idée n’est pas une intrigue

Juin 2017
Depuis plusieurs années, des classes m’écrivent pour me demander une suite à
La plus grosse poutine du monde. Hein? Quoi? Mais, mais, mais…jamais je n’ai eu l’intention d’écrire une suite! Oui d’accord, mon roman se termine sur une fin ouverte.  Parce que je voulais laisser au lecteur le plaisir de s’imaginer les retrouvailles entre Thomas et sa mère... Mais bon, j’ai vite constaté que la plupart des jeunes (et même les moins jeunes!) n’aiment pas les fins ouvertes. Ils veulent qu’on leur mette les points sur les i et les barres sur les t. Dans le cas de mon roman, les élèves voulaient savoir s’il y aurait des éclairs ou des câlins lorsque Thomas allait revoir sa mère après 10 ans d’absence…

Je déteste relire mes livres. J’y trouve toujours des tonnes de défauts ce qui me donne une folle envie de les réécrire. Toutefois, avant de commencer à écrire la suite de La plus grosse poutine du monde, je me suis pincé le nez et me suis forcée à relire le roman pour me remettre dans la peau des personnages.

Cinq ans après la parution du livre, me voilà enfin prête à replonger dans l’univers de Thomas le taciturne, Samuel le farceur et Élie au-grand-cœur. Je dis prête mais en fait, je ne le suis pas une miette. La seule chose que je sais, c’est que ce roman parlera de bélugas. La lente disparition de cesbaleines blanches dans le Saint-Laurent me fascine depuis longtemps. Si les bélugas forment l’embryon d’une idée, c’est loin d’être une intrigue, encore moins un récit.

Tu veux une intrigue solide? Il te faut un bon conflit. Pour le moment, je n’ai qu’un squelette de conflit, qui tourne autour d’une chicane entre Thomas et son copain Samuel. Mais ça, c’est du niveau de la sous-intrigue. Même chose pour l’histoire d’amour entre Élie et Thomas… Le principal conflit de ce récit devrait être la quête de Thomas pour retrouver sa mère. Mais où? Quand? Comment? Quel sera l’incontournable élément déclencheur? Je ne peux plus parler de poutine ou me servir une deuxième fois du record Guinness. Et les bélugas dans tout ça? Comment vais-je arrimer cet enjeu environnemental au quotidien de mes personnages?

Tous ces points d’interrogation tourbillonnent dans ma tête. Je jette des idées sur papier, mais tout me semble flou. Terne. J’avance à tâtons ou je tourne en rond. Certains auteurs sautent sans filet et entament leur roman en se disant qu’ils iront là où les personnages les mènent. Moi je suis plus du genre mémère que kamikaze. Je ne saute pas sans parachute. Non, je ne commencerai pas à écrire ce roman sans d’abord savoir comment l’histoire se termine.

L’échafaudage de mon intrigue progresse à pas de tortue. Je passe un temps fou à construire-déconstruire les blocs de mon récit, à chercher l’agencement le plus puissant. Pour bâtir une histoire captivante, il ne suffit pas d’enfiler les actions comme les perles d’un collier. Je dois organiser mes scènes pour créer une tension dramatique et générer cet ingrédient indispensable au plaisir de lecture : le suspense.

Leçon d’écriture 1 : Tu as trouvé une idée originale et accrocheuse. Bravo pour ce bon début. Mais souviens-toi, une idée n’est pas une intrigue.

vendredi 6 septembre 2019

Qui va bercer Zoé? L'album est finaliste à deux prix littéraires

C'est un doublé pour Qui va bercer Zoé? 
Mon album est finaliste au Prix TD de littérature jeunesse et AUSSI au Prix Harry Black


Mille mercis à Mathieu Lampron d'avoir illustré avec autant de délicatesse la lente transformation d'un pépé éploré qui découvre que les câlins font du bien.
Pour voir les noms des finalistes, cliquer sur ce lien qui vous mènera au site du Centre du livre jeunesse canadien. 

mercredi 4 septembre 2019

J'avais tout prévu sauf les bélugas


Les bélugas, les chicanes de gars, la puissance des câlins et les pitreries de babouins... Je parle de tout ça (et de bien d’autres faits fascinants) dans mon nouveau roman J’avais tout prévu sauf les bélugas

J’ai tricoté un récit bourré de rebondissements, avec du drame, quelques larmes et de beaux morceaux d’humour.


Ce roman est la suite (très demandée) de mon roman La plus grosse poutine du monde.  Attention, je dis « suite » parce qu’on y retrouve les mêmes personnages. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier récit pour savourer celui-ci. Publié chez Bayard, le roman sort aujourd'hui en librairie.

lundi 1 juillet 2019

Un mois sans plastique, c'est faisable, souhaitable...

Sculpture de plastique réalisée par Greenpeace aux Philippines
Chaque année, l’humanité produit plus de 300 millions de tonnes de plastique. Moins de 10% de tout ce plastique est recyclé. Le reste de cette masse non biodégradable prend la route du dépotoir ou va polluer les rivières et océans. Selon les chercheurs, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. 

C’est aujourd’hui que commence le Défi Juillet sans plastique. Démarrée il y a 8 ans, cette initiative est suivie par 120 millions de personnes dans 177 pays.




Juillet sans plastique, ça veut dire ne pas consommer de plastique à usage unique pendant un mois. Oui, oui, c’est possible.

Pour s’inscrire, c’est très simple, il suffit de cliquer sur le site web de Plastic Free July.Y’a aussi sur ce site tout plein de trucs et conseils pratiques pour changer nos habitudes de consommation du plastique.

mercredi 26 juin 2019

Quand les petits de maternelle se mobilisent et manifestent... y'a de l'espoir!


La planète brûle, mais gardons espoir, les petits de maternelle se mobilisent! Récemment, les élèves de maternelle de la classe de Mme Céline, à l’école Fernand-Séguin de Montréal ont lu Manchots au chaud, publié aux éditions de l'Isatis.


Sensibilisés à la pollution dans l’océan, les élèves ont créé des manchots avec de la laine récupérée et des berlingots de lait tirés du recyclage. Chacun y allait de son imagination, sans modèle. 


Au même moment, les élèves ont appris que des grands du secondaire organisaient une manifestation pour l’environnement. Ces enfants, âgés de 5 ou 6 ans, ont donc créé des pancartes avec divers slogans :
Arrêtez la pollution!
Arrêtez de couper des arbres!
Arrêtez de jeter des déchets dans l’eau!



Brandissant leurs pancartes, les 14 petits ont fait le tour de chaque classe de l’école. Ces élèves de maternelle ont ensuite marché jusqu’à l’écocentre de leur quartier, toujours en exhibant leurs pancartes. Certains automobilistes ont klaxonné leur approbation et quelques passants ont pris le temps de féliciter les enfants.


À l’écocentre, les élèves ont reçu des bravos pour leur engagement, en plus de deux bacs de compost pour leur classe. 

Dans les mots de l’enseignante, Mme Céline : « Par cette activité, nous avons travaillé toutes les compétences de la maternelle : mener à terme un projet, trier, classer, écrire et diffuser des messages significatifs en écriture spontanée. Les enfants se sont entraidés, ont interagi de façon harmonieuse avec les autres et ont affirmé leur personnalité. Ils ont écrit, découpé, marché et joué. Ils étaient fiers d’eux. »

jeudi 20 juin 2019

100 bonshommes de neige en juin!


Je sais, je sais, c’est juin et personne ne veut penser à l'hiver. Mais cette création collective est trop jolie pour ne pas la montrer. Le bonhomme de neige en Batman est craquant! À faire fondre de rire...


Bravo et merci aux élèves de la classe de Mme Caroline, de l’école Pierre Elliot Trudeau, pour cette œuvre d’art inspirée de mon album 100 bonshommes de neige.


mercredi 12 juin 2019

Recette pour fabriquer des chocolats qui pétillent...




Les chocolats qui pétillent font bien rire les enfants. Andrée-Michelle Lafontaine l’a bien compris. Cette enseignante de l’école de la Traversée a lu Les cacahouettes de Babette avec ses élèves de 1ère année. Bien que le titre traite de cacahouettes, les chocolats pétillants sont au cœur de ce coquin roman.


Pour créer un souvenir inoubliable autour de cette lecture, l’enseignante a préparé des chocolats qui pétillent pour ses élèves. Voici sa recette, tellement simple que des enfants de maternelle pourront la faire les doigts… dans la bouche!

Recette pour fabriquer des chocolats qui pétillent
  •          Mettre 2 à 3 pastilles de chocolat dans des moules peu profonds.
  •          Faire fondre au micro-ondes pour 40-45 secondes.
  •          Saupoudrer ensuite de cristaux pétillants (Pop rocks)
  •          Mettre au congélateur 20 à 30 minutes.
  •          Démouler et servir à vos cocos!
  •          Savourer les éclats de rire et l’étonnement de vos élèves!


Achats:

  •          Pastilles chez Bulk Barn
  •          Cristaux de sucre chez Bulk Barn
  •          Moules chez Michaels ou Bulk Barn



mercredi 29 mai 2019

Le pire livre du monde offre une fabuleuse leçon d'écriture



C’est qui la grande dame de l’humour en littérature jeunesse, au Québec? Ben, c’est Élise Gravel! Personne d’autre ne manie le comique absurde et l’ironie avec autant de talent. Elle en fait de nouveau la preuve dans son nouvel album dé-so-pi-lant, intitulé Le pire livre du monde publié aux Éditions Scholastic.

Cet album coquinement illustré présente le récit banal d’une princesse en détresse, raconté par une auteure médiocre. Et cette auteure a eu le malheur de voir son récit interrompu par trois personnages secondaires, une araignée arrogante et deux barbouillages informes.

Ces trois chialeux commentent avec beaucoup de drôlerie et de supériorité les faiblesses de ce récit bourré de fautes, doté d’une intrigue aussi mince qu’une crêpe et d’une finale totalement clichée. Ils se moquent quand l’auteure s’enfarge dans des mots compliqués qui ne veulent rien dire, sombre dans la vulgarité (genre crotte-de-nez-pipi-caca) et essaie de rendre son style plus élégant en utilisant le passé simple qu’elle massacre allègrement.

Côté illustrations, Élise Gravel ne fait pas dans le mignon. Elle prend plaisir à créer des personnages moches et caricaturaux, comme cette princesse lippue nommée Barbarotte (qui passe son temps à se curer le nez) et ce prince aux yeux croches qui adore les hotdogs.

Fabuleuse leçon d’ironie, cet album devrait être mis dans les mains de tous les écoliers. Ils pourront y voir très clairement quels pièges éviter s’ils veulent écrire une bonne histoire. Oui vraiment, Le pire livre du monde offre une fantastique leçon d’écriture, avec éclats de rire en prime.

vendredi 17 mai 2019

Qui va bercer Zoé? Mention "distinguée" à la Forêt de la lecture


Des milliers de jeunes se sont rassemblés cette semaine à Toronto pour la joyeuse fête de la Forêt de la lecture.

Qui va bercer Zoé? était finaliste dans la catégorie prix Peuplier. Magnifiquement illustré par Mathieu Lampron, le livre s’est mérité une mention distinguée. Et ce sont les jeunes qui votent!

L'auteur et l'illustrateur
Bravo à la gagnante, Claudia Larochelle, pour son album La doudou qui aimait trop le chocolat.

Organisée par l’Association des bibliothèques de l’Ontario et une poignée de bibliothécaires aussi engagées que passionnées, la Forêt de la lecture est le plus vaste programme de lecture récréative en son genre au Canada.

L'événement compte un volet francophone et un volet anglophone, et huit catégories pour les divers groupes d’âge. Durant l’année, les jeunes lisent les œuvres en nomination. Puis, le printemps arrivé, ils votent pour leur livre préféré.

Cette semaine, à Toronto, plus de 2 000 jeunes francophones ont convergé hier vers le site enchanteur du centre Harbourfront, pour voir s’ils avaient voté judicieusement et si leur livre préféré allait remporter les prix convoités.

Le soleil faisait scintiller les eaux du lac Ontario, tandis que dans les gradins, les élèves sifflaient, applaudissaient, hurlaient et brandissaient leurs pancartes. On aurait dit un spectacle rock. Hé oui, la lecture peut encore enthousiasmer les jeunes!

mercredi 15 mai 2019

Quand la lecture fait tomber les murs...



D’un côté, y’a des politiciens crétins qui veulent construire des murs. De l’autre côté, y’a la lecture, arme idéale pour faire crouler les murs et stimuler l’ouverture…

Voici un livre qui traite de mur, oui, mais qui traite surtout de vivre ensemble. J’en parle en ce mois de mai mouillé de 2019, mais je parie que cette histoire n’aura pas pris une ride dans 25 ans…On appelle ça un classique.

Des milliers de familles ont vécu des millions de fois ce scénario: deux frères partagent la même chambre et…bonjour la chicane. Dans cet album signé Sophie Siers, le jeune Sam est révolté par l’impolitesse de son grand frère et veut construire un mur pour séparer leur chambre en deux. Le garçon écrit donc une série de lettres au président des États-Unis pour exprimer ses frustrations et lui demander conseil.

Les lettres sont aussi candides que comiques, imprégnées d’humour intelligent. La drôlerie du texte est amplifiée par les illustrations coquines d’Anne Villeneuve, qui réussit le tour de force de montrer le président des États-Unis « sans le montrer ».  Le visage reste toujours stratégiquement caché, mais la chevelure jaune est facilement reconnaissable. De quelques coups de crayon, l’artiste reproduit à merveille tout le ridicule du personnage et son arrogance légendaire.

Cet album trempe son orteil dans l’Histoire, rappelant les écueils des murs célèbres, comme celui de Berlin ou la Grande Muraille de Chine… Mais le récit reste centré sur l’évolution captivante d’un enfant qui se fâche, se questionne, réfléchit pour finalement aboutir au compromis. Superbe portrait des hauts et des bas à l’école de la Vie.

Y’a dans cet album un peu d’Histoire, beaucoup d’originalité, une forte dose d’humour, et de superbes moments de tendresse. S’en passer serait une erreur...

Cher Donald Trump. Sophie Siers. Anne Villeneuve. Éditions les 400 coups. 2018. 32 pages. ISBN: 9782895408222



vendredi 26 avril 2019

Le bonhomme du belvédère de la baie de St-Pancrace

Vue du belvédère de St-Pancrace
J’ai enfoncé jusqu’aux genoux dans la neige molle, mais j’ai fini par me rendre au belvédère de la baie de St-Pancrace. Oui, l’hiver s’incruste et s’entête sur la Côte Nord. Tout là-haut, sur la falaise, j’ai appris qu’un fjard n’est pas un fjord. 

Puis une voix d’un autre monde m’a suppliée : « Sors-moi des limbes! Avant que l’hiver décampe pour de bon, fais-moi vivre. » 
Ma création de neige d'avril...
J’ai obéi à la voix et j’ai mouillé mes mitaines. Ce bonhomme de neige est né. Il est un peu difforme et pas très élégant, mais heureux d'être perché en si beau lieu...

Cette nuit, sous l’œil bonasse de la lune, je suis certaine que Bonhomme va s’étirer sur la pointe des pieds pour mieux voir les requins du Groenland venus faire une sieste dans l’anse…

lundi 22 avril 2019

De si beaux manchots!!!


En ce Jour de la Terre, je lève mon chapeau à la créativité des élèves de 1ère et de 2e année de l'école Du Châtelet, qui ont créé de si beaux manchots.

N'est-ce pas qu'il faut du talent pour transformer des restants de laine et du carton déchiqueté en oeuvre d'art?!

Avant ma visite dans leurs classes, les enseignants avaient lu à leurs élèves mon album Manchots au chaud, inspiré d'une catastrophe environnementale survenue il y a quelques années en Nouvelle-Zélande. Les élèves comprenaient donc très bien les ravages que peut faire une marée noire. 





Merci à Mme Dominique, Mme Manon et M. Samuel qui ne ménagent pas leur énergie pour donner le goût de lire aux jeunes et qui les inspirent à créer aussi bellement après leurs lectures...