vendredi 3 avril 2026

Une girafe, ça sourit, oui

C’est l’histoire vraie d’un sauvetage de girafes en danger, au Kenya. Le récit est entièrement raconté en haïkus. C'est mon premier docufiction en vers. Pour arriver à une douzaine de haïkus, j’en ai écrit des dizaines et des dizaines. L’art de dire beaucoup et de dire joli en trois vers. 


À cause de leur long cou et de leurs longues jambes, les girafes ne peuvent pas nager.  Quand j’ai vu les vidéos incroyables du sauvetage de ces girafes coincées sur une presqu’île dans un lac immense au Kenya, j’ai trouvé ça beau, émouvant, inspirant. 

J’ai aussitôt eu envie d’en faire un livre, mais comment raconter cette histoire vraie de façon originale? Tiens, pourquoi pas avec de petits poèmes? C’est comme ça que je me suis lancée dans l’écriture de ma toute première histoire entièrement racontée en haïkus.

Une maman pour Kadhir - l'espoir après la tempête

 


Certains livres ont une naissance… puis une renaissance.
Suivez-moi dans les coulisses de l’édition. 

En 2006, l’écrivaine Dominique Demers, alors éditrice chez Imagine, me lance un défi : écrire un album illustré sur l’adoption. Je n’avais encore jamais écrit d’album. Enthousiaste, je couche trois histoires sur papier, coup sur coup. Refusées toutes les trois.

Puis survient le terrible tsunami de 2004 et l’histoire bouleversante de Bébé 81, un poupon retrouvé seul sur une plage après la catastrophe. Je l’avais mon récit d’adoption! J’adapte cette histoire vraie, sans même réaliser que j’écrivais mon tout premier docufiction. Le livre est bien accueilli et réimprimé trois fois. 



Mais quand la maison 𝐈𝐦𝐚𝐠𝐢𝐧𝐞 ferme ses portes en 2013, 𝐔𝐧𝐞 𝐦𝐚𝐦𝐚𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐊𝐚𝐝𝐡𝐢𝐫 disparaît des librairies. Au fil des années, je reçois de nombreux courriels d’enseignantes à la recherche de ce livre introuvable.
 
Alors, chose rare en édition, Québec Amérique accepte de lui donner une seconde vie. Vingt ans après la première parution, les illustrations tendres et lumineuses de Pascale Constantin n’ont pas pris une ride. Cette histoire, qui a fait pleurer bien du monde, est de retour.


jeudi 16 octobre 2025

La plus grosse poutine du monde - suite et tome 3 de la trilogie

 



 
La plus grosse poutine du monde est sans conteste mon roman le plus lu et le plus vendu.  Le tome 3 ramène les personnages des titres précédents : Thomas
l’anxieux, Samuel le farceur, Élie au grand cœur. Ici, Thomas commence son
premier emploi d’été sur une ferme agrotouristique. 

Dans les champs de fraises, le garçon découvre la dure réalité des travailleurs étrangers temporaires du Guatemala. Une cueilleuse mélancolique capte son attention : elle semble porter un lourd secret. 

Éreinté par le boulot, frustré de la disparition de sa mère et secoué par l’attitude distante de son amie Élie, Thomas sent son anxiété monter en flèche.

Alternant entre le comique et le tragique, le récit explore les montagnes russes d’un adolescent qui voudrait voir le bonheur durer plus longtemps que l’éclat fugitif des mouches à feu. Le roman est publié par Bayard Jeunesse Canada.





vendredi 26 septembre 2025

Ce n'est pas mon dégât: finaliste au Prix littéraire des enseignant·es de français.

 



Ce n'est pas mon dégât est finaliste au Prix littéraire des enseignant·es de français. Heureuse de voir que ce livre sur le vivre-ensemble à l’école trouve un écho auprès des profs. 

Merci Louis-Philippe St-Laurent pour tes très chouettes illustrations! Bravo aux autres finalistes!

jeudi 25 septembre 2025

Journée "J'achète un livre franco-ontarien"

 



Aujourd’hui, on célèbre les 50 ans du drapeau franco-ontarien. C’est aussi la journée « J’achète un livre franco-ontarien ».

Moi qui habite désormais à un pont de l’Ontario français, je m’inquiète pour ma province natale. Déclin démographique des francophones et assimilation croissante… 


Mon père s’est battu pour que le gouvernement laisse l’accent sur Orléans. Mais le français reste une flamme fragile en Ontario. Allez, tous ensemble, on gonfle les joues et on souffle fort! Faut alimenter le feu!





mardi 12 août 2025

12 août - j'achète un livre québécois

 


En ce 12 août, devenu fête du livre québécois, voici quelques raisons d’acheter un livre de chez nous :

·       encourager nos auteurs et nos éditeurs

·       soutenir nos librairies indépendantes

·       stimuler notre économie locale

·       débusquer votre prochain coup de cœur

·       contribuer à la vitalité de notre culture

·       célébrer notre langue française

Mais surtout, surtout, acheter un livre d’ici, c’est aussi se donner l’indicible plaisir de lire. S’offrir la joie pure de la lecture.


Mes deux nouveautés de la saison





mercredi 6 août 2025

Jules et Virgule, deux tête de mule


Le jour où Jules rencontre Virgule, tout bascule. Pour apprivoiser le chiot abandonné, ce garçon qui déteste lire ouvre un bouquin. Peu à peu, Jules s’ouvre aux joies de l’aventure/lecture. 

Raconté par une grande sœur bourrée d’empathie, ce récit aborde la zoothérapie et pourrait s’avérer aussi réconfortant qu’un câlin de chien. Pour les enfants qui aiment la lecture et aussi pour ceux qui résistent au plaisir des livres. 

À noter : aucun animal n'a été forcé à lire pendant la création de cet album. 

Illustrations de Juliette Miron
Publié chez Dominique et Compagnie

En librairie maintenant.

mardi 18 mars 2025

La fabuleuse histoire des chevaux sauvages de l'île de Sable


Depuis 250 ans, des chevaux sauvages vivent sur l’île de Sable, près de la Nouvelle-Écosse.
En 1960, le gouvernement fédéral décide d’abattre ces bêtes et d’en faire de la viande à chien.
Des enfants en colère écrivent au premier ministre.
Leurs protestations sauveront-elles les chevaux sauvages?

Il y a du suspense, des rires, du drame et des larmes dans mon récit, qui entremêle fiction et faits réels. 
Les illustrations envoûtantes sont signées Caroline Lavergne
En librairie dès maintenant.

Ce roman est publié par Bayard Jeunesse Canada
La fiche pédagogique est disponible sur mon site web, en cliquant ici
 

mercredi 19 février 2025

Salon du livre de l'Outaouais 2025

 

Vous avez une fringale de lecture?
Ça tombe bien, le Salon du livre de l’Outaouais ouvre demain! 
Beau temps pour faire le plein de bouquins.
J'y serai pour 3 jours, en séances de signature chez divers éditeurs. 
Horaire complet ici : https://bit.ly/433rqvX
Si ça vous chante, venez me serrer la pince.


vendredi 24 janvier 2025

Lire des livres puissants: exaltant et parfois un peu douloureux





J’émerge d’une ronde intense de révisions, sur la version 3 d’un roman commencé il y a 3 ans. Quand j’ai envoyé le manuscrit à mon éditrice, j’étais tellement tannée de triturer ce texte que je ne savais même plus si le récit était potable, passable ou pourri.

Puis je me suis immergée dans le roman de Sébastien Dulude. Style raffiné mais pas précieux, descriptions fulgurantes, émotions incandescentes. Je relis certains passages 3 fois et ce n’est pas trop.

Ce roman intensément poétique m’éblouit au point où j’ai envie de supplier mon éditrice de me donner encore 3 mois pour une nouvelle réécriture de mon roman.

Lire des livres puissants, c’est exaltant mais aussi un peu douloureux… il faut accepter de ne pas se sentir à la hauteur comme auteure.

mardi 5 novembre 2024

Le père Noël raffole des pets de soeur




Enfant, le père Noël adorait les pets de sœur fondants que lui cuisinait sa maman. Jusqu'où ira-t-il pour retrouver ce goût caramélisé qui lui rappelle de si beaux moments? 
Ce quatrième album de ma série ramène le Père Noël un peu gaffeur et son Chef Lutin bougon. 
Le père Noël raffole des pets de soeur est très comiquement illustré par Jean Morin. 
Cet album publié aux éditions de la Bagnole est maintenant en librairie. 

Pourquoi ne pas en profiter pour lire cette histoire rigolote avec les enfants et cuisiner ensuite de délicieux pets de soeur? 



mardi 29 octobre 2024

Prix des libraires 2025 : la liste préliminaire

Un doublé! Yé! Comme c'est la liste préliminaire, le suspense se poursuit...





dimanche 20 octobre 2024

Semer des soleils - finaliste au Prix Tamarac

 



𝐒𝐞𝐦𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐞𝐢𝐥𝐬, illustré par Enzo et publié par la Courte échelle, est finaliste au Prix Tamarac, de 𝐋𝐚 𝐟𝐨𝐫ê𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞, le plus vaste programme de lecture récréative du Canada.

Cette superbe initiative est organisée par l’Association des bibliothèques de l’Ontario.
Les livres sélectionnés seront lus cet hiver.
Au printemps, les jeunes lecteurs voteront pour leur titre préféré. 

mercredi 9 octobre 2024

"Ce n'est pas mon dégât": un mystère, des indices, un piège et beaucoup d'humour

 

Photo: Louis-Philippe St-Laurent 


Une cachette pour les bobettes est mon album le plus connu et le plus vendu. Huit ans sa parution, je ramène mes personnages (3 élèves et un concierge) dans un nouvel épisode. J’ai toutefois gardé la même approche narrative : un mystère, des indices et quatre points de vue différents sur le même incident. Le défi : trouver qui a renversé son berlingot de lait au chocolat dans le corridor de l’école. 

J’ai saupoudré dans ce récit un piège, plusieurs non-dits, quelques clins d’œil comiques et une réflexion (pas prêchi-prêcha!) sur le vivre-ensemble. Les illustrations rigolotes sont signées Louis-Philippe St-Laurent. (Le dentier abandonné, c’est son idée… ) En librairie aujourd’hui.


mardi 21 mai 2024

Quand ils sont venus: le danger de l'indifférence

 

C’est l’histoire d’un village paisible où chacun vit heureux et tranquille. Jusqu'au jour où les Sans Entrailles décident de faire la loi.
Ils s’en prennent aux renards parce qu’ils sont roux, aux loups parce qu’ils ont des terres fertiles, aux coyotes qui vénèrent un autre dieu que le leur.

Quand ils sont venus est inspiré d’un poème du pasteur Martin Niemöller, déporté en 1937 dans un camp de concentration parce qu’il s’opposait au régime nazi. Ce récit souligne le danger de l’indifférence et dénonce l’inaction.
À partir de 10 ans.

Illustratrice : Sophie Casson. 48 pages.
Les éditions de l’Isatis. Collection : GRIFF.
ISBN : 978-2-89843-113-5 Prix : 26.95 $

mardi 14 mai 2024

Avec ses illustrations, Sophie Casson souhaite engager le lecteur au niveau de l’émotion

Sophie Casson

Parle-moi un peu de toi
Je suis née à Montréal de parents français avec qui j’ai vécu sur la Rive-sud mais aussi en Algérie et au Burundi. J’ai étudié le design graphique à l’université et je me suis tout de suite lancée en illustration après mon diplôme, il y 26 ans de ça. Je travaille dans un studio à Pointe-Saint-Charles avec sept autres artistes formidables de tous horizons.

Pourquoi avoir accepté d’illustrer ce récit? Qu’est-ce qui t’a interpellé dans cette histoire?
Il y a une dizaine d’années, la littérature jeunesse est devenu le centre de ma création. J’adore m’immerger dans un bon texte et le vivre pendant plusieurs mois. J’attends donc d’un texte qu’il se fasse une place naturelle en moi. Quand ils sont venus m’a immédiatement happé par la force de son sujet et l’originalité de l’approche. J’aime beaucoup la distance que permet les personnages anthropomorphiques pour raconter une histoire difficile ainsi que le ton de fable emprunté. Illustrer ce livre qui éduque les enfants sur les crimes de gouvernements autoritaires et fait réfléchir sur les droits de l’humain donne beaucoup de sens à mon travail. Cela me permet de prêter ma voix, mon interprétation pour porter plus loin un message que je crois fondamental.

Peux-tu décrire la technique que tu as utilisée pour illustrer Quand ils sont venus? C’est le deuxième album que j’illustre entièrement sur papier. Je crée des impressions uniques en coloriant au recto une feuille que j’ai couverte de pastel à l’huile au verso. Cela laisse la trace de mon coloriage sur la feuille aquarelle placée en dessous, qui devient alors mon dessin original. J’applique ensuite du pastel sec du bout des doigts avec ou sans pochoir, autour de l’impression au pastel à l’huile, selon le besoin. À la dernière étape, j’ai créé des aplats jaune et turquoise que j’ai appliqué en transparence dans Photoshop. Je fais des corrections et nettoie les images dans ce logiciel également. 

Quel a été ton processus de création pour cet album?
Je fais toujours de la recherche pour bien camper mes personnages dans des environnements crédibles. Pour Quand ils sont venus, puisque tout le village est peuplé de canidés, il était important de bien les distinguer les uns des autres: la forme de leur museau, de leurs oreilles, leurs proportions de visage, la couleur de leur pelage. Les étudier de manière plus formelle pour intégrer leurs physionomies m’a permis d’en faire des représentations personnelles et bien distinctes.



Je travaille toutes mes étapes d’esquisses sur papier. Ma première étape de dessin se fait dans des rectangles de taille réduite, 2 x 3 pouces, qui représente des doubles pages, pour établir le rythme des images et de la composition des pages. C’est à ce moment que je construis le visuel, l’ambiance générale, l’approche graphique, qui va apparaitre et quelles actions seront posées. Je devais décider par exemple quelle place visuelle allait prendre le jeune chien narrateur. Allait-il apparaitre sur les pages où il racontait le passé? Ça aurait pu être une option.

Ensuite, j’agrandis ces dessins que je retravaille de manière plus précise. Je peux alors prendre les décisions sur le ton graphique, l’environnement, l’habillement et les expressions. Je fais attention à l’emplacement du texte aussi. Une fois que l’éditrice et toi avez regardé tout ça et qu’on a échangé là-dessus, j’ai précisé mon dessin dans un format en 8,5 x 11 pouces. Avant de passer aux illustrations finales, lorsque j’ai le feu vert de l’équipe éditoriale, je fais une recherche de palette de couleurs. J’aime beaucoup allier les bleus avec des rouges orangés. C’est ce choix que j’ai fait ici, mais j’ai mis l’emphase sur les tons foncés lorsqu’il y avait la présence des Sans-entrailles, alors qu’il y avait plus de vert dans les autres scènes, une couleur de bien-être.

Quels ont été tes défis pour illustrer cet album?
Alors que l’album traite de sujets durs, je voulais une palette sombre - les bleus foncés, les bruns. Comme les renards devaient être orange, j'ai choisi d’utiliser cette couleur complémentaire dans d’autres éléments comme les habits pour apporter une touche contrastante aux images. Un des paramètres que je m’impose toujours est une palette de couleur limitée, ça m’aide à rester centrée. Dans ce cas-ci, j’avais envie de rendre les images plus vives, malgré la morosité qui régnait, comme un espoir à venir. C’est comme ça que j’ai décidé en cours de route de création, d’appliquer une couche de couleur jaune ou turquoise en aplat texturé.

Tes illustrations transmettent beaucoup d’émotions. Comme artiste, as-tu des trucs ou techniques pour réussir cela?
L’émotion est centrale pour engager le lecteur dans l’histoire. Je n’ai pas vraiment de truc, sinon que je cherche à trouver l’expression du visage et du corps qui correspond à comment je ressens l’histoire. Je souhaite qu’on puisse s’identifier aux personnages, donc j’étudie les attitudes et l’habillement avec cela en tête.

Le texte offrait une répétition entêtante qui transmettait la gravité de ce qui se passait. J’ai utilisé cette répétition à ma manière en plaçant le grand-père en retrait de l’action, enfermé dans son bureau, voyant les scènes par sa fenêtre. Cela symbolise son retrait, sa posture de spectateur passif. Les compositions permettent également d’engager le lecteur de manière émotive: par exemple, lorsque le jeune chien va sur la tombe de son grand-père, l’image donne l’impression au lecteur qu’il est dans le buisson de roses en train de regarder la scène. Quand on regarde le camp de la mort juste au-dessus des oreilles pointues et menaçantes des sans-entrailles, le lecteur peut encore avoir l’impression qu’il est juste là, derrière eux. Ce sont des exemples de ce qui permet d’engager le lecteur au niveau de l’émotion.

Quelle est ton illustration préférée dans Quand ils sont venus ?
J’aime beaucoup les scènes finales avec les familles réunies, je les trouve touchantes. Sinon, j’aime particulièrement les deux scènes des camps de la mort, avec leurs phrases uniques. Elles dégagent un désespoir dramatique. J’ai aimé développer l’austérité que transmet l’uniforme militaire et j’ai travaillé le chacal de manière à accentuer ses traits menaçants, comme les oreilles pointues. J’ai exploité ces éléments à travers l’album. 



Tes projets à venir?
Je travaille actuellement sur un album chez Groundwood, dont le thème est apparenté à Quand ils sont venus: une histoire qui suit deux jeunes dans un mouvement de résistance sous le régime nazi, pendant la Deuxième Guerre mondiale. J’aime beaucoup travailler sur des thématiques qui éveille la conscience des jeunes sur le monde d’aujourd’hui. En parallèle, animée par le travail direct sur papier, je suis absorbée par un projet d'exploration en gravure pour lequel j’ai reçu une bourse du CALQ.

mercredi 13 mars 2024

Les petites bêtises... Et toi, tu préfères les bons coups ou les mauvais coups?

 


À l’occasion de la parution de l’album Les petites bêtises, Josée Masse s’est prêtée au jeu des questions réponses.

Josée Masse, parle-nous un peu de toi.
J’ai commencé à dessiner quand j’étais petite. On me disait : « T’es ben bonne! » J’aimais beaucoup ça, mais je ne pensais pas pouvoir vivre de mon illustration. C’est pour ça que j’ai étudié en graphisme. J’ai commencé par faire du dessin éditorial.

Au début, j’ai travaillé dans un studio avec d’autres artistes, qui m’ont appuyée : Luc Normandin, Stéphane Jorish et Marie Lafrance, qui m’ont donné des contacts aux États-Unis. Éventuellement, j’ai eu un agent aux États-Unis. J’aime dessiner la nature, surtout des animaux. J’aime illustrer pour les enfants, parce que je ne sais jamais où ça va m’amener. Je suis illustratrice depuis 30 ans.


Il y a beaucoup d’inventivité dans tes illustrations. Où trouves-tu tes idées?
J’aime aller plus loin que ce que dit le texte. Les idées me viennent en dessinant. J’entre dans l’histoire, puis dans le dessin et je laisse mon imagination s’envoler. Dans ma tête, je suis un peu fofolle.

Peux-tu décrire la technique que tu as utilisée pour illustrer Les petites bêtises?
Je fais mes esquisses sur le Ipad et après, je corrige avec Photoshop. Dans mes prochains projets, j’aimerais faire mes personnages au crayon et retourner un peu vers les anciennes techniques.

Combien de croquis peux-tu faire avant de finaliser ton illustration?
Quand je fais les croquis, des fois, c’est difficile. J’ai trop d’idées, trop de choix à faire. Je fais 3 ou 4 croquis pour une illustration. Mais j’aime beaucoup travailler sur les finaux parce que j’aime faire la couleur. C’est ce qui me fait tripper.

Croquis de Josée Masse

Mettre la couleur dans une illustration, c’est plus long au début, car je cherche ma palette. J’aime prendre mon temps pour trouver ce que j’aime. Quand ma palette est trouvée, ça avance plus vite. Ça peut prendre jusqu’à deux jours pour mettre de la couleur dans une double page. Plus il y a détails, plus ça prend de temps. Il faut environ 3 mois de travail pour illustrer un album.

Quelle est ton illustration préférée dans Les petites bêtises ?
J’aime l’illustration où la petite fille joue avec des écureuils dans la forêt.

Illustration de Josée Masse

Est-ce que tu dessines dans le silence ou avec de la musique?
Quand je dessine, je regarde des séries, j’écoute la musique, la radio ou le silence. J’habite dans une vieille maison, à la campagne, à St-Jean-sur-Richelieu. L’été, j’ouvre mes fenêtres pour écouter les oiseaux chanter et les écureuils crier. Les écureuils roux gueulent après les écureuils gris.

Quand tu étais petite, est-ce que tu faisais des bons coups ou des mauvais coups ou les deux?
Les deux. Voici un de mes mauvais coups quand j’étais jeune : j’ai volé une poupée miniature dans le coffre à bijou de ma cousine. Voici un de mes bons coups : Le Noël de mes 12 ans, ma famille vivait une situation difficile. J’ai pris mon argent – 20$ - et je suis allée chez Zellers où j’ai acheté des cadeaux pour tout le monde. C’était les seuls cadeaux qu’on a eus ce Noël-là.

Quels sont tes projets d’avenir?

J’ai un album qui va sortir aux États-Unis en 2025. Le livre s’intitule Wonderfully Wild et raconte l’histoire d’un saule pleureur. J’aimerais bien un jour illustrer un roman graphique.

lundi 19 février 2024

Semer des soleils - Comment parler de la guerre aux enfants?

 


Mon nouveau roman en librairie maintenant!

Pourquoi les humains s’entretuent-ils? Comment rassurer l’enfant qui demande : pourquoi ils bombardent une école? Je n’ai pas de réponse claire à l'insoluble question : pourquoi la guerre? Mais dans mon nouveau roman, 𝐒𝐞𝐦𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐞𝐢𝐥𝐬, j’offre de simples pistes d’action pour contrer le sentiment d’impuissance et travailler à la paix.  Un roman en vers libres illustré par Enzo et publié aux éditions la courte échelle


Illustration intérieure: Enzo

Bombes qui éclatent, grenades qui explosent...

Dans un pays lointain, la guerre fait des ravages. En sécurité dans sa maison, Théo est bouleversé par les images de destruction vues à la télévision. Une foule de questions s’agite dans la tête du garçon. Pourquoi la guerre? Pourquoi cette violence insensée? Pourquoi tant de haine ?

Les adultes autour de Théo n’ont pas de réponse satisfaisante. Son anxiété monte et il se demande comment chasser ses cauchemars. Surtout, Théo se demande comment il pourrait aider à construire la paix.



Andrée Poulin reçoit l'Ordre de Gatineau 2024

 

France Bélisle, mairesse de Gatineau
remet la médaille de l'Ordre à Andrée Poulin

Mille mercis à la Ville de Gatineau pour ce très bel honneur, qui me donne de l’élan pour persister dans mon engagement de citoyenne.

La vidéo, réalisation de l'agence Pixel, résume bien, en 2 minutes, ce qui me fait vibrer.


mercredi 24 janvier 2024

S’affranchir de l’angoisse pour laisser place à l'espoir…


À la fois musicien et artiste, Enzo a illustré Semer des soleils, mon dernier roman qui vient de paraître aux éditions la courte échelle. Rencontre avec un artiste bourré de talent.

Parle-nous un peu de toi, Enzo
Je suis né à Montréal d’une maman Italienne et d’un papa abitibien. En grandissant avec deux parents artistes comme modèles, je n’ai jamais douté de la possibilité de faire de l’art le fil conducteur de ma vie. Comme tous les enfants, j’ai commencé à dessiner tout jeune et j’ai eu la chance d’être encouragé à continuer à explorer le dessin, une exploration que je suis heureux de poursuivre encore aujourd’hui.

Plus tard, à l’adolescence, on m’a offert une mandoline. C’est à ce moment que j’ai développé un très grand intérêt pour la musique. Le désir d'approfondir mes connaissances musicales ainsi que d'explorer et développer cet instrument m'a conduit à créer un programme de technique professionnelle en mandoline jazz au Cégep de Saint-Laurent.

Aujourd’hui, mandoline en bandoulière et carnet de dessin en poche, j’ai le bonheur de participer à divers projets musicaux et d’illustrer des albums jeunesse et des bandes dessinées!


Il y a plusieurs guerres, en ce moment, aux quatre coins de la planète. Est-ce que tu suis l’actualité qui traite de la guerre ? Comment est-ce que cela t’affecte?

Dans Semer des soleils, Théo est envahi d’un sentiment d’impuissance lorsqu’il est témoin de la guerre en Ukraine par le biais de son téléviseur. En lisant le manuscrit, je me suis remémoré les attentats du 11 septembre 2001 qui ont été commis aux États-Unis par l’organisation terroriste Al-Qaïda. Comme Théo, mes ami.es et moi étions témoins pour la première fois d’une catastrophe humaine. À l’époque, j’étais trop jeune pour comprendre l'ampleur de ce qui se passait, mais je me souviens que j’avais compris que l’être humain est en mesure de tout détruire s’il le désire.

Les problématiques mondiales sont si grandes, si disproportionnées, que je trouve difficile de sentir qu’il m’est possible d’avoir un impact dans ces enjeux. Mais si collectivement, nous pouvons pousser notre éducation et sensibiliser notre entourage face à ces enjeux, c’est peut-être déjà un pas vers un peu plus de paix. J’essaie de pousser ma recherche d’informations en suivant le contenu de journalistes indépendants et d'activistes sur les différentes plateformes en ligne.

Je me permets ici de partager quelques ressources en ligne.
- Une géniale plateforme qui vise à éduquer les lecteurs-trices sur le conflit en Palestine et offrir des outils pour supporter la cause : https://www.thepalestineacademy.com/
- Une plateforme qui offre des ressources pour apprendre comment aborder le conflit entre l’Ukraine et la Russie :
https://www.bbcchildreninneed.co.uk/changing-lives/useful-resources-for-talking-about-ukraine-and-russia/

Peux-tu décrire la technique que tu as utilisée pour illustrer Semer des soleils?
J’ai travaillé les illustrations de Semer des Soleils à la tablette graphique sur un logiciel d’illustrations. Pour donner une douceur organique aux images, j’ai réalisé les couleurs à partir de textures d’aquarelle que j’ai peintes et ensuite numérisées sur mon ordinateur. Puis, j’ai découpé et retravaillé ces textures d’aquarelle pour en faire un “collage” en les appliquant au dessin.



Quel a été ton processus de création pour ce roman graphique?
Puisque l’histoire de Semer des soleils est racontée du point de vue de Théo, il n’y avait pas beaucoup d’images de guerre à réaliser. Toutefois, il a fallu que je fasse beaucoup de recherches sur le conflit en Ukraine pour m'imprégner du sujet et réaliser des illustrations sous la lumière de l’actualité. L’important pour moi était surtout que l’ambiance du livre provienne d’émotions réelles.

Pour les quelques illustrations des scènes se déroulant en Ukraine, je me suis inspiré de photographies de journalistes de guerre, et les scènes se déroulant chez Théo sont directement inspirées de mon quartier, Saint-Henri.

Quels ont été tes défis pour illustrer cet album?
Le principal défi pour ce projet était de garder un peu de lumière, malgré la colère et l’impuissance que vit Théo. Pour balancer avec le thème plutôt sombre de l’histoire, j’ai trouvé la solution dans les tournesols qui y sont omniprésents, en plus des couleurs du drapeau ukrainien! J’ai alors parsemé les illustrations de jaune et de bleu tout au long du livre.

Quelle est ton illustration préférée dans Semer des soleils ?
Mon illustration préférée est celle où Théo est agenouillé dans son jardin parmi ses tournesols. À ce moment dans l’histoire, il s’est affranchi de son angoisse pour laisser place à l'espoir. J’aime comment j’ai dessiné son regard serein et en paix alors qu’il dépose ses galets aux pieds des tournesols.


Quels sont tes projets à venir?
Je t’écris présentement du studio du Québec à Londres, où j’y serai en résidence de création pendant les six prochains mois dans le but d’écrire une histoire… et peut-être ensuite en faire un livre illustré? Qui sait! Plus de détails là-dessus tout bientôt!