mercredi 28 août 2013

Absurde tiraillement d’écrivain en vacances


Chaque année, j’espère que ce sera autrement.
Chaque année, c’est pareil. 
Même tiraillement absurde. 
Même faim silencieuse.
Même désir d’écrire,  diffus mais entêté, qui vient troubler la détente des vacances.   Bizarre pulsion qui stimule et dérange à la fois. 

Un personnage qui me chuchote à l’oreille. Un bout d’intrigue qui surgit au détour d’une pensée.  L’esprit qui tourne autour du manuscrit en chantier,  de la demande de bourse inachevée, des ateliers à revamper. Si je me laisse emporter par ce courant, petit filet d’eau deviendra torrent.   Et je ne veux pas ça.  Si je laisse monter en moi l’envie d’écrire,  j’aurai aussi envie que ce voyage se termine plus vite. J’aurai envie que les vacances soient finies.

Avec le tiraillement vient ce dilemme : ne pas étouffer la flamme (celle qui cherche à créer) mais ne pas l’attiser, car sinon, c’est le plaisir des vacances qui sera étouffé.   

Absurde tiraillement qui s’accompagne d’un sournois sentiment de culpabilité devant cette envie inavouable de travailler en vacances. 

Je tente de calmer ma fébrilité en griffonnant (discrètement…) dans un carnet.

Absurde tiraillement de l’écrivain en vacances : avoir envie d’écrire autant que d’avoir envie de décrocher d’écrire…


samedi 24 août 2013

Heureusement qu’il y avait une pince-monseigneur sur la plage de Biscarosse



Petite histoire où j’apprends quelques grandes leçons de vie 

Autant le sable est doux, autant le sable est traître.  Hypocrite le sable, qui avale vite et en silence ce qu’on a le malheur d’y laisser tomber.

Mais commençons par le début. Le début de cette aventure, qui a pourtant bien démarré,  c’est une balade à vélo sur la piste cyclable qui longe l’océan Atlantique, entre Biscarosse et Arcachon.  Des kilomètres et des kilomètres d’une bucolique piste dans la forêt des Landes.  Moi et ma gang (mon chum et mes deux ados), on roule en ahanant, sueur au front, gracieuseté de ce soleil d’après-midi qui, dans l’Aquitaine, aime bien nous taper sur la tête. 

Première leçon de vie : apprécier plutôt que râler
La selle trop dure, le vélo trop petit,  la chaleur agressive, la sueur qui pique les yeux… arrête de râler ma vieille.  Depuis mon arrivée dans cette douce France, trois Français, dans trois villes différentes, m’ont déclaré : « Les Français sont des grands râleurs… »  

Donc, je pédale en me répétant : ferme ta gueule et apprécie ma vieille.  Apprécie ces paysages immortalisés par Mauriac.  Apprécie ces pins des Landes, si majestueux, si élégants. Apprécie le chant strident des cigales.  Apprécie tes vacances en France. Apprécie de pouvoir pédaler en toute liberté. Apprécie le moment. Là. Maintenant.   
Apprécier plutôt que râler.  

Quinze kilomètres et une heure plus tard,  pause-Orangina à la plage Lagune de Biscarosse.  Nous verrouillons les quatre vélos avec notre seul et unique cadenas.  Et hop, on va se trainer les pieds dans le sable blanc de la plage.   


Deuxième leçon de vie : le sable est traître
Autant le sable est doux, autant le sable est traître.  Essayez de retrouver une clé de cadenas sur une plage de sable.  Essayez voir.  On cherche, on cherche, sans trouver bien sûr.  Le sable a avalé la clé. Pour toujours et jusqu'à l'éternité.

Nos quatre vélos cadenassés,  faudra-t-il marcher les 15 kilomètres jusqu’à Biscarosse? 


Troisième leçon de vie : ne partez jamais sans votre pince-monseigneur
Je demande de l’aide au quinquagénaire basané qui vend des Esquimaux dans un kiosque en bois sur la plage.  Notre clé volatilisée le fait rigoler : « Vous êtes les troisièmes à qui cela arrive cette semaine! » s’exclame-t-il.  Heureusement, il a une pince-monseigneur.  Une pince énorme, ancienne… mais efficace.



Dernière leçon de vie : mieux vaut en rire que de râler
Pendant tout ce temps perdu à chercher une clé perdue… je n’ai pas râlé.  Pas de reproche, pas d’impatience, pas de « t’aurais dû ceci » ou « pourquoi t’as pas fait cela? »
J’ai décidé que ni le traitre sable, ni le soleil agressif, ni mes muscles endoloris, ni la clé perdue n’allaient faire de moi une râleuse.
Je me suis forcée à en rire.  
Du coup, nos déboires m’ont semblé plus légers, plus faciles à supporter.

Avant même de réenfourcher nos vélos, je savais que cette mésaventure rigolote allait venir enrichir le patrimoine de nos souvenirs de famille.  Le genre d’histoire qui dans 10 ans, nous fera dire : Te souviens-tu de la pince-monseigneur sur la plage de Biscarosse?



lundi 12 août 2013

À la recherche d'un écrivain à Paris...




La première fois que j’ai visité Paris (il y a très longtemps), j’y cherchais une écrivaine. Mon idole : Simone de Beauvoir.  Je marchais dans les rues de Montmartre en rêvant que le hasard soit mon ami et que je tombe sur la grande Simone au détour d’une rue. J’étais même allée prendre un verre (à un prix exorbitant) aux Deux Magots, dans l’espoir de l’apercevoir.   Je savais bien que mes chances de tomber sur la Beauvoir étaient à peu près nulles mais ce désir absurde et secret pimentait mes balades dans la Ville Lumière.

Me voici de nouveau à Paris mais Simone de Beauvoir est morte depuis longtemps. Me voici de nouveau à Paris, de nouveau à la recherche d’un écrivain. Une autre de mes idoles.  De Moe Willems, j’aime l’humour espiègle, son côté irrésistible mauvais garnement, son coup de crayon coquin, sa formidable capacité de ramener une histoire à son essence la plus simple et la plus dramatique.   Et voilà que j’apprends que le célébrissime Moe, celui-là même qui a fait du banal pigeon une vedette,  s’installe dans la capitale de France pour une année. Pour y dessiner les piafs parisiens peut-être?  Je me ballade donc dans les rues de Paris, de nouveau habitée par un désir absurde et secret : tomber sur Moe Willems.

jeudi 1 août 2013

Papier versus numérique...





Je n’ai pas de liseuse ni de tablette numérique, bien que leurs chants de sirène  résonnent de plus en plus fort dans mes oreilles...

Ceci dit, après avoir regardé cette désopilante vidéo, je reste convaincue de la suprématie du papier…

vendredi 26 juillet 2013

Des livres canadiens pour le petit prince





Le Canada, ardemment monarchiste sous le gouvernement actuel, a envoyé au tout nouveau petit prince britannique « une sélection de livres pour enfants en anglais et en français rédigés par des auteurs canadiens ».

Belle idée.  
Noble intention.
Quand on sait qu’il se publie plus de 600 livres jeunesse (en français seulement) au Canada, je me demande qui a choisi la sélection à offrir en cadeau? 
Notre premier ministre lui-même en personne?
Fort peu probable…
Car six ans après la fameuse question posée par Yann Martel,  - Que lit Stephen Harper? -  on attend toujours la réponse…