mardi 20 octobre 2015

Enfin! On s'offre le luxe de l’espoir




La grande noirceur est terminée.
C’est le printemps en automne.
On entre en saison de reconstruction.
On peut enfin s’offrir un luxe sublime: l’espoir.


lundi 12 octobre 2015

Elle dessine avec des ciseaux! Et c’est trop-trop-beau!





Découvrez les joies d'artiste et les défis créateurs de Véronique Joffre, illustratrice de N’aie pas peur, « notre » album publié tout récemment par Comme des géants.

Véronique Joffre

Peux-tu décrire la technique que tu as utilisée pour « N’aie pas peur »?
Pour cet album, j'ai utilisé la technique que j'utilise principalement, le découpage. Tous les éléments sont réalisés en papiers découpés et collés séparément sur des grandes feuilles de papier (un peu à la façon d'une planche d'herbier). Ensuite, je scanne tous ces éléments et compose mon image sur l'ordinateur.

Quel est ton processus de création?
Pour la fabrication d'un album, je procède généralement par étape : d'abord la phase de documentation (quand il s'agit d'une histoire qui se passe dans un pays précis, comme c'était le cas ici) où je collecte des photos de paysages, d'ambiances, de détails, d'animaux, pour m'inspirer et avoir une idée du "look" général que je veux donner au livre.

 C'est là aussi qu'il faut commencer à penser aux personnages, je fais alors une série de recherches avec différentes possibilités (différents habits, couleurs, tailles, etc.) ici pour la maman, l'enfant et les ours, sur lesquelles on discute et décide du choix avec l'éditeur.

Ensuite vient la phase des crayonnés qui consiste à réaliser le "brouillon" de toutes les illustrations du livre en petites images rapides, en général en noir et blanc. Cette étape est vraiment indispensable, elle permet d'avoir un premier aperçu du livre dans son ensemble, de décider de la composition des images, du rythme, de savoir où l'on va, et surtout, de se mettre d'accord et avancer main dans la main avec l'éditeur pour obtenir un "chemin de fer" solide et bien pensé. Enfin, vient la réalisation des illustrations elles-mêmes. Je découpe dans mes papiers, je joue avec les formes, les couleurs, je dessine avec les ciseaux !

Quels ont été tes défis pour illustrer cet album? 
L'un des défis de cet album était qu'il est quasiment muet, sans texte, il fallait alors réaliser des illustrations suffisamment détaillées et explicites pour que le lecteur puisse suivre l'histoire sans se perdre. C'est la première fois que j'illustrais un tel album, c'est-ce qui m'a plu aussi, car l'importance des illustrations était grande !
Le plus difficile à illustrer a peut-être été le pickup quand il est vu de trois quarts ! Certaines poses de la maman aussi, qui devaient être bien lisibles pour comprendre ses actions.
Le plus facile, sans doute toute la végétation, les arbres, les plantes, je me suis régalée ! 

Comment tu procèdes pour le choix des couleurs?
L'agencement des couleurs est la chose qui me plait le plus, les couleurs me guident, m'inspirent, j'envisage leurs associations comme un jeu, un plaisir, elles sont à la base de ma création, mon matériau brut duquel tout le reste découle.

L'album en chantier...

Les deux scènes de nuit, dans l’album : comment as-tu réussi à créer cette atmosphère de paix, de tranquillité, de douceur?
J'ai toujours aimé illustrer les moments de tendresse, sûrement parce que je les aime dans la vie! Ces deux scènes finales sont importantes dans l'histoire, tout est apaisé, les deux mamans sont avec leur petit, le calme et la douceur de la nuit après toutes ces émotions, je voulais que l'enfant lecteur ressente ça aussi, cette sérénité et que tout soit rentré dans l'ordre, être rassuré, avant d'aller se coucher.

Comment est venue l’idée de rajouter un hibou dans l’une des dernières pages?
J'aime les hiboux ! L'idée m'est simplement venue du fait qu'il est l'oiseau nocturne le plus emblématique, et que les enfants l'aiment bien, et puis j'aimais bien l'idée qu'il soit le dernier petit clin d'œil avant la fin du livre.

L'illustration préférée de l'illustratrice!

Quelle est ton illustration préférée dans « N’aie pas peur »?
Je pense que c'est la double page sans paroles où l'on voit le petit garçon manger son sandwich après la baignade. J'avais envie de montrer leur campement, avec toutes leurs affaires, que tous ces détails nous en disent en peu plus sur les personnages, et que l'enfant lecteur se crée des petites histoires simplement en regardant, en interprétant tous ces objets. J'avais aussi en tête d'essayer de faire une scène intérieure d'extérieur ! Enfin, j'ai pensé cette illustration comme le moment où le lecteur allait s'identifier au petit garçon, c'est la seule image où il nous regarde dans les yeux, où il y a "contact", la maman est affairée, en arrière-plan, l'enfant lecteur est comme invité à incarner le personnage.

As-tu d’autres projets d’albums en cours?
Je travaille en ce moment à mon premier album en tant qu'auteure illustratrice !

lundi 5 octobre 2015

Comment sortir un ours du pétrin? Une histoire complète racontée en images et avec une seule phrase



Vous entendez un ours pousser des grognements désespérés. L’animal est coincé dans un conteneur, en pleine forêt. Vous faites quoi?

Voyez dans cette courte vidéo comment de courageux sauveteurs s’y sont pris pour venir en aide à l’animal. Regardez jusqu’à la fin pour ne pas rater la surprise!

 
Cet audacieux sauvetage a été l’étincelle pour mon album N’aie pas peur. Une histoire que j’ai racontée avec une seule phrase, toujours la même. Une histoire où j’ai décidé de faire confiance au pouvoir narratif des images. Et de laisser une grande place à l’illustratrice, la très talentueuse Véronique Joffre.
 
Merci à Nadine Robert et Mathieu Lavoie, les éditeurs de Comme des géants, qui ont pris le beau risque de publier un album aussi hors norme.

N’aie pas peur est MAINTENANT en librairie. Il peut aussi être commandé en ligne sur le site des librairies indépendantes.

vendredi 25 septembre 2015

Spiderman est mon ami



Dimanche après-midi. Soleil joyeux qui se balance dans un ciel bellement bleu.
Sur la piste cyclable menant à la marina d’Aylmer, les promeneurs sont nombreux.
Soudain, un petit bolide à la face peinturée rouge fonce sur moi en criant : Tag!
Et il me donne un coup de poing dans le ventre.
Heureusement, à cinq ans, les bras sont courts et les poings petits.

Je lui cours après et moi aussi, je crie : Tag!
Le petit garçon pousse des cris de joie et continue de hurler Tag!
On se poursuit on se pourchasse.
La maman, qui pousse le petit frère dans la poussette, sourit.

Pour reprendre mon souffle, je demande à mon poursuivant :
- Tu t’appelles comment?
- Spiderman, claironne-t-il.

Devant le petit parc aménagé avec des modules de jeu, Spiderman s’empare de ma main.
- Viens au parc avec moi! réclame-t-il.

Ce qui m'émeut chez les jeunes enfants, c'est de les voir éviter si naturellement le piège de l’âgisme. Ce garçon de 5 ans ne voit pas que je pourrais être sa grand-mère. Spiderman ne voit pas mes pattes d’oie et n’entend pas mes genoux craquer. Spiderman tient ma main et veut m’amener au parc avec lui.

- Laisse la dame finir sa marche, dit la mère.

Je fais un dernier tag à Spiderman et je repars en riant.
Je ris parce que le ciel est si bellement bleu et qu’un enfant inconnu m’a prise par la main.
Je ris parce que Spiderman est mon ami.  

jeudi 17 septembre 2015

Inspirants faiseurs de livres...


Source: Clever Design Innovation.

Bref passage en coup de vent hier aux éditions Druide, dans le cadre d’une présentation aux délégués commerciaux de la maison sur les nouveautés de la prochaine saison. Après avoir raconté les cocasseries de mon prochain album, Une cachette pour les bobettes (à paraître ce printemps), j’ai eu un vif plaisir à écouter les auteurs présenter leurs futurs livres, avec autant de fougue que d’éloquence.

Quant à l’équipe de Druide, elle m’impressionne par sa rigueur et son professionnalisme, mais surtout par son engagement admirable envers la littérature. (Oui, oui, je parle de vous, Élaine, Anne-Marie, Luc…) On n’a pas affaire ici à de jeunes rêveurs idéalistes, mais à de « vieux » routiers du métier, qui ont connu les hauts et les bas de l’édition, ainsi que leur lot de frustrations et de déceptions. Malgré cette période de vaches maigres et les ventes de livres en déclin, on sent toujours leur énergie et leur élan. Contre vents et marées, ils ont su préserver leur passion pour l’édition. Chapeau bas à ces idéalistes pragmatiques, à ces inspirants faiseurs de livres.