mardi 8 septembre 2009

"Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles"


Le numéro d’automne de la revue Lurelu est maintenant en kiosque. J’y ai publié un article sur la littérature engagée. Cette littérature que j’aime par-dessous tout. Celle qui ouvre les horizons des jeunes et les éveille aux valeurs sociales.

Angèle Delaunois, femme et créatrice engagée, en donne une belle définition: «La littérature engagée, c'est de ne pas avoir peur d'aborder des sujets difficiles, de ne pas prendre des enfants pour des imbéciles même s'ils sont petits, de les préparer à ce qui les attends dans la vie. Le but de la littérature engagée, c'est de faire comprendre les différences aux jeunes, afin qu’il y ait moins de barrières, moins de préjugés”, affirme l’auteure de La Clé.

Michel Noël se considère engagé, à la fois dans sa vie personnelle et dans son écriture, où il aborde les questions amérindiennes. « Le roman est un outil absolument extraordinaire pour une littérature engagée: tu fais passer les choses en douce, tu peux frapper, choquer. Je ne dénonce pas ouvertement, j'explique les choses et c'est le lecteur qui prend conscience », explique l’auteur de Hush Hush, récipiendaire du prix St-Exupéry.


L’Europe a une longue tradition de littérature jeunesse engagée, qui remonte au « Oliver Twist » de Charles Dickens et aux Misérables de Victor Hugo. Et au Québec? De l’avis d’Angèle Delaunois, ce type de littérature est encore peu développée chez nous.

“Cette littérature est embryonnaire, car beaucoup d'auteurs vont vers le « politically correct » et certains éditeurs sont frileux. » Pour l’éditrice d’Isatis, il faut du courage pour oser publier de la littérature qui « dérange », car la réception n’est pas toujours facile.

Quant à Camille Bouchard, il trouve important de pouvoir sensibiliser les jeunes à une problématique, car celui lui donne l'impression d’être utile comme auteur. Et il ne doute nullement de l’influence que peut avoir sur les jeunes une littérature jeunesse engagée. «À partir du moment où tu renseignes avec ton livre, tu changes la personne. À partir du moment où tu fais des meilleurs adultes, tu viens d’améliorer la planète. D’ailleurs je dis souvent aux enseignants, je fais le même métier que vous. J’aide à bâtir le monde de demain, un monde meilleur », affirme l’auteur de Derrière le mur.

Pour lire le reste de l’article, je vous invite à vous procurer Lurelu, qui présente aussi d'autres reportages sur le milieu littéraire ainsi que plusieurs centaines de critiques des nouvelles parutions en littérature jeunesse.

Et tandis qu’on parle de la seule revue québécoise entièrement consacrée à la littérature jeunesse, je vous incite à courir lire un billet désopilant de Robert Soulières sur le site de Lurelu. Le billet s’intitule Mais que font-ils avec tous ces signets? L’auteur/éditeur réfléchit sur la question des incontournables signets, distribués (ou jetés par les fenêtres?) par milliers aux jeunes durant les salons du livre.

Il faut lire sa transcription d’un dialogue complètement cocasse entre un jeune effronté qui demande à un auteur jeunesse de lui autographier un signet. On rit haut et fort et on rit jaune aussi, parce que la situation décrite par Soulières est criante de vérité. C’est ici et pour trouver son texte, il faut descendre à la date du 13 juillet.

7 commentaires:

  1. Katia11 h 08

    Ah ! Quel auteur ne s'est pas posé la question en regardant s'éloigner à la hâte le nouveau détenteur d'un signet autographié... Les signets me font toujours penser à ces petites images de Saints et de Saintes que l'on collectionnait à la catéchèse (oui, oui... et je ne suis pas si vieille!). Merci d'avoir suggéré ce texte, un petit bijou. À lire, relire et mettre en signet.

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  2. Katia,
    Une collection d'images de Saints? Vraiment?! Ça m'étonne, d'autant plus que je sais que tu n'as pas encore un âge vénérable... Mais j'ai l'impression que les enfants d'il y a 20 ou 25 ans traitaient avec plus de respect les images des Saints que nos signets d'auteur qui doivent vite prendre le chemin (pas très catholique...) de la poubelle.
    Andrée

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  3. Katia13 h 11

    Eh oui ! Je m'en souviens d'autant plus que j'avais perdu ma petite collection et que je m'étais fait sermonner par la soeur qui nous enseignait la catéchèse, au primaire... Ce qui me plaisait ? La finesse de l'illustration, la richesse des couleurs, les dorures... Plutôt loin de la ferveur religieuse ! Cela aurait-il influencé ma décision d'écrire pour les jeunes ? Qui sait ? J'ai une grande admiration pour nos illustrateurs jeunesse québécois.

    Pourquoi les jeunes demandent-ils autant de signet ? Car un ou deux, ce serait bien suffisant, on le sait. Dans cette société de consommation, ce qui est gratuit attire. Nos jeunes ont assimilé cette leçon.

    Le respect, n'est-ce pas aux adultes de l'enseigner ?

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  4. Cela doit être parce qu'ils aiment l'autonomie. Ils peuvent "magasiner" leur signet sans demander à maman ou papa de débourser. Ma nièce a commencé une collection de signets à 5 ans. C'est une enfant peu gâtée matériellement, et elle se sent riche de sa maintenant collection de presque 100 signets.

    Je n'ai rien contre la littérature engagée, bien au contraire. C'est seulement une contrainte exigeante, il faut que le message soit compréhensible, direct mais pas moralisateur. C'est un art !!

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  5. Merci pour le lien vers ce billet! J'ai déjà pensé donner un livre gratuit à l'achat d'un signet à 10$! On est "business" ou on l'est pas (-;

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  6. Katia,
    Je soupçonne qu'il y a bien des petites filles (dont j'étais...) pour qui l'attrait pour les dorures était de bien loin supérieur à l'attrait pour la prière...
    Venise,
    Oui, il faut du talent pour écrire sur des valeurs sans faire la morale. Mais comme disait les auteurs que j'ai interviewé, le plus important, c'est d'y aller avec subtilité et pour ça, il faut du talent...
    Mireille-la-comique,
    Tu as toujours le mot pour rire! Mais ton idée n'est pas mauvaise...
    Andrée

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  7. Katia23 h 13

    Venise,
    je lui offre un signet dédicacé - ou même toute ma série - si elle passe me voir avec un beau sourire, ta nièce. Je me sentirais privilégiée de faire partie de sa collection.

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