lundi 23 novembre 2009

Hourra pour les agapes d’auteures


Le Salon du livre de Montréal me sape mon énergie. Il y a la chaleur, l’air vicié qui assèche la bouche aussi sûrement que l’harmattan. Il y a la foule trop dense qui me donne une sensation d’étouffement. Il y a ces milliers de lecteurs indécis qui cherchent la perle rare mais ne la trouvent pas à ton stand. Et surtout, surtout, il y a cet accablant amoncellement de livres. Ces centaines de milliers de bouquins qui s’étalent à perte de vue et qui ont sur mon désir d’écrire l’effet d’un rouleau compresseur sur une framboise…

Heureusement qu’il y a les auteurs. Et cette année, on s’est retrouvées entre écrivaines, le temps d’une soirée bien arrosée, bourrée de camaraderie et de folichonneries.

Nous étions onze. Pas un mâle autour de la table. Ce qui a d’ailleurs fait l’objet de moult blagues sur l’Homme manquant. Le seul mec qui avait eu le courage d’annoncer sa présence a fini par se dégonfler (je l’entends déjà protester, ce cher Pirate) et nous poser un lapin.

Nous étions onze, de différents âges, de diverses provenances, de tous styles vestimentaires et littéraires.
Il y avait celle qui a tout organisé.
Celle qui a dessiné sur la nappe de papier.
Celle qui ne parlait pas beaucoup mais laissait tomber des perles de sagesse.
Celle qui a un humour inimitable.
Celle qui ressemble aux belles dans les tableaux de Modigliani.
Celle qui avait la réplique rapide et l’ironie sûre au jeu du cadavre exquis.
Celle qui aime les hommes aux beaux yeux fatigués.
Celle qui a imaginé le craquant Zargouille.
Celle qui dessine très joliment les hiboux.
Celle qui ne maîtrise pas son passé simple...
Celle qui a traversé l'Atlantique pour venir frayer au Salon.

Nous avons bouffé trop de frites froides.
Nous avons amplement rigolé.
Nous avons coquinement potiné.
Nous avons badiné avec le serveur, un beau Franco-Ontarien d’Alexandria.
Nous avons joué au cadavre exquis.
Nous avons comparé nos blessures d’égo récoltées dans les tranchées des animations scolaires.
Nous avons échangé nos livres.
Nous avons fait le plein de rire pour des semaines à venir.
Nous nous sommes nourries de cette gaieté et cette complicité qui circulaient autour de notre table.

Toute l’énergie que le Salon m’avait siphonnée, ces agapes d’auteures me l’ont redonnée.
Merci chères collègues.

14 commentaires:

  1. Fallait bien que le party pogne la seule année où je décide de ne pas aller faire mon tour à Montréal parce que, justement, je commence à trouver que les salons sappent plus qu'ils ne ressourcent.
    Je suis bien heureuse de voir qu'il y a de l'espoir. Qu'il y a des petits moments magiques qu'on savourent des jours durant et qui nous trottent dans la tête et dans le coeur pendant qu'on est seule devant son clavier.
    J'espère être de celles qui auront le plaisir de souper avec toi l'an prochain (-;

    RépondreSupprimer
  2. Eh oui, Mireille, tu nous as manqué cette année!
    Andrée, laisse-moi corriger quelque chose: notre souper n'était pas "bien arrosé". Que trois bouteilles de vin, dont une à moitié pleine à la fin du repas. Y'a pas de quoi fouetter un chat!
    Je sais que j'étais bien fatiguée, mais pas au point d'avoir loupé la présence d'une auteure... Qui est celle qui n'aime pas les parents bornés? Josée Pelletier n'était pas là, pourtant? Mais tu as si bien présenté les auteures présentes... Je m'excuse pour ma page vers laquelle tu as mis un lien: elle est incomplète et batarde car je n'arrive pas à la corriger et je n'ai pas le temps de m'en occuper!
    Et ce mâle manquant... S'il savait qu'il a été le héros d'un cadavre exquis, se retrouvant là où on ne dira pas où, lançant on ne dira pas quoi à on ne dira pas qui... On a des photos pour lui...
    C'était une soirée très sympa! On ne peut que dire: à l'an prochain!

    RépondreSupprimer
  3. Mireille,
    C'est sûr, on t'attend l'an prochain. Surtout que je sais que tu apportes toujours ta dose d'anecdotes et de rigolade...
    Andrée

    RépondreSupprimer
  4. Andrée-Anne,
    Tu as bien raison de me rappeler à l'ordre. J'ai le cerveau qui flotte dans le brouillard ce matin. Josée Pelletier n'était pas avec nous samedi soir, mais bien présente au petit-déjeûner d'auteurs jeunesse qui participent à un recueil de nouvelles collectif qui sera publié l'an prochain chez Dominique et Cie.
    Andrée

    RépondreSupprimer
  5. Anonyme11 h 39

    Coucou chères collègues,

    Merci Andrée pour ce billet. Moi aussi j’ai adoré cette soirée qui m’a drôlement requinquée. Je ne m’étais même pas aperçue que les frites étaient froides tant la compagnie était chaleureuse. Pour le Salon du livre de Montréal, je ne suis vraiment, vraiment pas fana. On fait des séances gratos, des animations gratos et, en plus, si on habite en ville, on a des frais ! Le métro et les repas ne sont pas gratos eux… Ma conclusion ? Vive les célébrations dans la marge : ce sont les meilleures.

    Agnès

    RépondreSupprimer
  6. Agnès, je suis d'accord avec toi! Nous sommes pas mal gratos, nous, les auteures! Et si on se liguait pour exiger un dédommagement pour le transport/stationnement et les repas? (comme l'offre un éditeur que je connais...)
    En tout cas, moi, mes frites étaient chaudes... C'est peut-être parce que Andrée parlait beaucoup? ;-)

    RépondreSupprimer
  7. Tu nous donnes du fil à retordre: il faut cliquer sur chaque lien pour découvrir les noms des auteures.
    Je ne connais vraiment rien aux auteures jeunesse. Pourtant, j'ai déjà été dans le livre: Histoire de la littérature pour la jeunesse
    Québec et francophonies du Canada
    de Françoise Lepage, mais c'était un autre siècle.

    Bref, on sent que tu as plus aimé ton party que le Salon: plus énergisant en tout cas.

    RépondreSupprimer
  8. Agnès,
    Ravie de savoir que toi aussi tu as été requinquée par nos rigolades d'auteures jeunesse en goguette (même si Andrée-Anne dit qu'on n'a pas beaucoup bu...)

    Andrée-Anne,
    J'ai parlé beaucoup moi? Zut! Et moi qui me vante toujours de savoir bien écouter... Quant à ton idée de se liguer pour amieuter notre sort, tu connais mon opinion là-dessus. Comme une scoute, je suis toujours prête!

    Claude,
    Non, non, je ne veux pas donner du fil à retordre à mes lecteurs. Simplement leur faire découvrir de sacré bonnes auteures jeunesse.
    Andrée

    RépondreSupprimer
  9. Paule15 h 11

    Chère Andrée
    Les verres de vin te font peut-être oublier le passé simple et compter les bouteilles en double, mais tu n'en fais pas moins un excellent PV, rigolo et bien documenté ! En passant, merci pour la sagesse; faut croire que ça vient avec les cheveux gris...
    J'ai appris en rentrant qu'on avait eu 2 hommes manquants. Le papa de Beppo m'avait laissé un message tel : un méchant mal de dos l'empêchait de se joindre à nous.
    Merci aussi pour les règles du cadavre exquis. Je trouvais que ça s'étirait, mais j'ai pas voulu faire ma directrice de collection... On le saura pour l'an prochain !

    RépondreSupprimer
  10. J'espère me joindre à vous l'an prochain! Je crois que j'ai manqué toute une soirée!

    RépondreSupprimer
  11. Oui, moi aussi je souhaite me joindre à vous l'an prochain. Je regrette de ne pas avoir pû être des vôtres...

    RépondreSupprimer
  12. Paule,
    Oui, oui, l'an prochain, tu feras notre directrice littéraire pour le cadavre exquis. Je sens que ça pourrait déclencher d'autres fous-rires...

    Sophie et Janou-Ève,
    On rajoute vos noms sur la liste pour l'an prochain. Et si on est trop nombreuses, on louera le Forum!
    Andrée

    RépondreSupprimer
  13. Je me demandais bien à qui tu osais dire qu'elle ne maîtrisait pas son passé simple !

    Merci de partager cette table ronde, j'en ai fait la tournée avec plaisir.

    Tu es parmi mes trois rencontres ratées :( J'en suis bien désolée. J'imagine que tu seras au Salon de Québec. J'espère !

    RépondreSupprimer
  14. Ah Venise... moi aussi j'aurais bien voulu te serrer la pince. Pas certaine pour le Salon de Québec, mais je suis convaincue qu'on va finir par se rencontrer!
    Andrée

    RépondreSupprimer