dimanche 17 avril 2011

Un album audacieux, qui ose ne pas "finir bien"...


Enfin! Enfin un album qui ose ne pas « finir bien »! Enfin une finale qui n’a pas des teintes de rose bonbon, une finale qui n’est pas sirupeusement Walt-Disneyesque… Enfin, une finale d’album qui ressemble à la vraie vie, où la boucle n’est jamais bouclée joliment et proprement. La vraie vie est chaotique, bordélique, souvent incompréhensible, parfois injuste et fréquemment absurde. C’est ça la vraie vie et les enfants vont le découvrir, tôt ou tard… J'en ai parlé ce weekend à Radio-Canada.

Alors donc, dans Si près, il y a ce Monsieur Canard et ce Monsieur Lapin qui se croisent chaque jour en allant au travail. Mais ces messieurs ne se regardent pas et ne se saluent jamais. Ce que Natalia Colombo, l’auteure/illustratrice, ne dit pas en mots, elle le montre éloquemment en images. Devant la mince fente des yeux, les bouches tristes, on sent bien que ces deux personnages souffrent de solitude.

Et Mme Colombo nourrit son suspense. À chaque fois qu’on tourne une page, on se dit: cette fois, ils vont se parler! Et à chaque fois, c’est non. À mesure qu’on progresse dans l’histoire, l’expectative et la frustration augmentent. Mais qu’est-ce qu’ils attendent pour se saluer?! Mais Monsieur Canard et Monsieur Lapin ne deviennent pas amis. Chacun reste emmuré dans sa solitude. Comme ça arrive parfois dans la vraie vie. Ben oui.

Tout en subtilité, chargé de non dits, cet album est d’un sublime dépouillement. Voilà justement ce qui le rend si puissant. Côté illustrations, le style est naïf, les couleurs sombres, toutes en demi-teintes. Dans le fond comme dans la forme, Natalia Colombo se montre originale.

Chapeau aux éditions Imagine pour ce choix éditorial audacieux.

Si près a remporté le prix international Compostelle, décerné par le ministère de l’Éducation de l’Argentine à une personne qui diffuse des idées universelles. Ouaipe, la solitude est universelle, tout autant que la difficulté qu’on a parfois à se faire des amis.

3 commentaires:

  1. Anonyme20 h 08

    çà prends beaucoup d'ouverture pour se faire un ami...pis des rites...pis du temps ... demandes au renard du P'tit Prince !!!

    l'Encre

    RépondreSupprimer
  2. Hé L'Encre! Rebonjour! Ça faisait longtemps que je t'avais lu ici! Tu n'as rien perdu de ta verve poétique...

    RépondreSupprimer
  3. Oui, excellent album. Très bonne chose qu'Imagine le publie. je ne m'attendais pas à ça d'eux, leur ligne éditoriale deviens un peu moins, disons, consensuelle et attendue

    RépondreSupprimer