mercredi 29 mai 2019

Le pire livre du monde offre une fabuleuse leçon d'écriture



C’est qui la grande dame de l’humour en littérature jeunesse, au Québec? Ben, c’est Élise Gravel! Personne d’autre ne manie le comique absurde et l’ironie avec autant de talent. Elle en fait de nouveau la preuve dans son nouvel album dé-so-pi-lant, intitulé Le pire livre du monde publié aux Éditions Scholastic.

Cet album coquinement illustré présente le récit banal d’une princesse en détresse, raconté par une auteure médiocre. Et cette auteure a eu le malheur de voir son récit interrompu par trois personnages secondaires, une araignée arrogante et deux barbouillages informes.

Ces trois chialeux commentent avec beaucoup de drôlerie et de supériorité les faiblesses de ce récit bourré de fautes, doté d’une intrigue aussi mince qu’une crêpe et d’une finale totalement clichée. Ils se moquent quand l’auteure s’enfarge dans des mots compliqués qui ne veulent rien dire, sombre dans la vulgarité (genre crotte-de-nez-pipi-caca) et essaie de rendre son style plus élégant en utilisant le passé simple qu’elle massacre allègrement.

Côté illustrations, Élise Gravel ne fait pas dans le mignon. Elle prend plaisir à créer des personnages moches et caricaturaux, comme cette princesse lippue nommée Barbarotte (qui passe son temps à se curer le nez) et ce prince aux yeux croches qui adore les hotdogs.

Fabuleuse leçon d’ironie, cet album devrait être mis dans les mains de tous les écoliers. Ils pourront y voir très clairement quels pièges éviter s’ils veulent écrire une bonne histoire. Oui vraiment, Le pire livre du monde offre une fantastique leçon d’écriture, avec éclats de rire en prime.

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