jeudi 28 août 2014

Écrire dans un train…




Les vacances sont terminées (sanglot réprimé…).
Mais moi, femme ingrate, inassouvie et fainéante sur les bords, je rêve de repartir. Surtout en train.
Seule en train, avec un cahier et un simple stylo.

Écrire en train…
Romantique hein?
La compagnie américaine Amtrack offre aux écrivains une résidence d’écriture en train.
Amtrack veut ainsi stimuler la créativité des auteurs et titiller leur sens de l’aventure (et se faire un peu de publicité, par la bande…)
Hé, bonnes gens de chez Via Rail, ça vous dirait de copier cette fabuleuse initiative concoctée chez nos voisins du Sud? 

lundi 25 août 2014

Si nous voulons que nos enfants performent, donnons-leur les outils nécessaires ! De l’importance d’avoir des bibliothèques scolaires VIVANTES !

Source de la photo:  Yves Bolduc et la bibliothèque scolaire (Tumblr)



Tel que rapporté la semaine dernière par Le Devoir,  un ministre mal informé se met les pieds dans les plats en disant des âneries (le premier ministre finira-t-il par le coiffer du bonnet d’âne?) Une bibliothécaire indignée réagit avec fougue et éloquence. Merci Brigitte Moreau, de ton ardeur et de ton engagement à défendre la lecture chez les jeunes. Lisez jusqu’au bout le plaidoyer de Brigitte Moreau : il montre l’importance cruciale d’offrir aux enfants des bibliothèques de qualité. 
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Je suis bibliothécaire scolaire depuis plus de 20 ans, je travaille actuellement dans une commission scolaire et je suis membre du Conseil consultatif de la lecture et du livre relevant du Ministère de la Culture et des communications. J'ai connu les années de disette qui ont conduit tout le réseau des bibliothèques scolaires dans un pitoyable état de famine par manque de ressources tant en livres qu'en personnel documentaire spécialisé. Depuis la création du Plan d'action sur la lecture en 2004, j'ai vu le retour lent, mais progressif, vers la réhabilitation des bibliothèques scolaires. Cependant le but est loin d'être atteint et le travail qui reste à faire demeure colossal!

Des propos inquiétants
N'oublions pas que la majorité des enfants n'ont accès aux livres que par leur bibliothèque scolaire, limiter cet accès en recommençant à en réduire la capacité et la qualité de son offre est une décision qui privera une grande proportion d'enfants à l'usage et la découverte d'une diversité littéraire et documentaire indispensable dans la construction de leur identité et dans le soutien de leurs apprentissages scolaires. Les propos du ministre de l'éducation sont sérieusement inquiétants et démontrent de façon éloquente l'ampleur de sa méconnaissance du milieu éducatif.

La bibliothèque doit demeurer vivante
S'affranchir d'acheter des livres pour une bibliothèque scolaire, ne serait-ce que d'une année, est une décision hautement dommageable sur le dynamisme et l'actualisation de son fonds documentaire et littéraire. Par exemple, pour demeurer "vivante" la bibliothèque de l'école a besoin de maintenir à jour les suites des séries dont les enfants raffolent et attendent avec impatience, ce qui, conséquemment, les maintient en état du désir de lire. Rater un tel rendez-vous avec eux c'est tuer dans l'œuf le germe d'une volonté de lire qui balise l'apprentissage de la lecture. C'est aussi signifier aux enfants que leurs attentes ne sont pas suffisamment importantes pour être dignes de considération!



La bibliothèque scolaire n’est pas un musée !
D'autant plus que tous les livres ne sont pas intemporels, on ne peut pas être fier d'offrir aux enfants des livres qui datent de 20 ans, comme le soutient le ministre, pour plusieurs raisons qui vont de la détérioration physique du livre à la désuétude de son contenu, tant au niveau informatif que culturel. Pour demeurer attrayants, attirer et maintenir les enfants dans le désir d'apprendre à lire et d'aimer lire, les livres doivent correspondre à leurs attentes et être en adéquation avec leur réalité. Pour que les enfants puissent comprendre ce qu'ils lisent et construire leur identité, ils doivent pouvoir faire des liens avec les connaissances qu'ils ont d'eux-mêmes et du monde qui les entoure. Les enfants ne se reconnaissent pas dans les livres qui datent des calendes grecques. La bibliothèque scolaire n'est ni un musée ni un centre d'archives! Même les classiques ont aussi besoin d'une cure de rajeunissement régulière pour maintenir le désir de les lire : la dynamique de la mise en page est déterminante dans la motivation (l'engagement) d'un enfant à persévérer dans sa lecture, déterminante aussi dans sa compréhension. Il en va de même pour les illustrations qui s'inscrivent dans le temps; elles sont des marqueurs culturels indispensables pour la construction d'une identité culturelle et sociale.

Les Indiens ne sont pas des sauvages
Mais il n'y a pas que la littérature de fiction qui doit être actualisée, les documentaires ou livres informatifs où les enfants puisent des connaissances et s'initient à la recherche d'informations doivent être à jour. La qualité des informations de ces livres "s'use » avec le temps. Les enfants ne lisent pas des essais philosophiques qui traversent le cours des siècles, ils lisent pour apprendre et comprendre le monde qui les entoure. Mais que peut-on espérer d'une instruction faite à partir d'informations périmées? Veut-on que nos enfants apprennent que les Indiens sont des sauvages, que Pluton est une planète, que l'URSS est le plus grand pays du monde, que Riopelle est l'unique peintre du Québec? Ou encore que les livres sur les ours polaires qui datent d'une autre génération ne soient pas remplacés sous prétexte qu'un ours ne change pas? Pourtant son habitat, lui, change et la fonte des glaces menace la survie de l'espèce, voilà où un livre qui date trouvera ses limites même pour des sujets qui semblent stables de prime abord.

N’offrons pas la médiocrité aux enfants…
Faire le choix de ne plus investir dans l'acquisition de livres récents et actuels, peu importe le sujet ou le genre, c'est choisir délibérément la médiocrité pour les enfants sous prétexte qu'ils ne sont que des enfants. C'est avoir une conception erronée et à courte vue de la raison d'être des livres : instruire. Même la lecture de fiction contribue à éduquer. Elle permet de mettre en contexte des situations complexes qui rendent compréhensibles les interactions humaines.

C’est le moment ou jamais de rattraper toutes ces années perdues
À l'école, on ne fait pas seulement que chercher à développer le goût de lire, on travaille surtout sur l'apprentissage de la lecture, à développer des lecteurs pour la vie qui seront aptes à s'épanouir dans la société du savoir et de l'information qui caractérise notre époque. Si l'école a failli à la tâche ces dernières décennies, c'est peut-être justement parce que nous avions négligé, à une certaine époque, l'essentielle contribution des bibliothèques d'écoles gérées par des bibliothécaires scolaires à cet égard: nous avions alors choisi de les laisser dépérir. Ce serait absurde de retourner en arrière au moment même où nous sommes en position de rattraper tant d'années perdues.



Allez gagner la coupe Stanley avec votre vieux bâton…
Choisir de ne plus acheter de livres régulièrement dans nos bibliothèques d'école signifie de refuser d'outiller adéquatement les élèves dans leurs apprentissages, ni soutenir les enseignants dans leur enseignement. Ce serait comme exiger des joueurs de hockey professionnels de gagner la coupe Stanley en utilisant toujours les mêmes bâtons et en réparant ceux cassés par du ruban adhésif sous prétexte que les bâtons coûtent cher. Sans outil adéquat, on ne peut espérer, ni encore moins exiger, la performance. Le problème en lecture au Québec, c'est que nous sommes bien loin d'une quelconque performance dans une société qui compte 49% d'analphabètes fonctionnels! Nous n'avons pas le choix! L'art d'être cohérent svp! Si nous voulons que nos enfants performent, donnons-leur les outils, le soutien nécessaire et les contextes favorables pour y arriver!

Ces coupures affecteront directement les élèves
Le gouvernement avait promis que les coupures budgétaires dans les commissions scolaires n'affecteraient pas le service direct à l'élève. Ce même gouvernement avait promis de la rigueur, mais jusqu'à maintenant, ce sont la démagogie et les déclarations intempestives qui ont dominé les discours d'une trop grande majorité d'élus dont plusieurs au pouvoir.

Brigitte Moreau, bibliothécaire scolaire
Région de Montréal


dimanche 13 juillet 2014

Un miroir qui se promène...



J'ai envie de prendre la route... mais l'heure des vacances n'a pas encore sonné.
En attendant, je m'évade en lisant.
Car comme disait si bien Stendhal:  «Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route.»

mardi 8 juillet 2014

Jolie leçon d’écriture





Je m’escrime en ce moment avec un manuscrit récalcitrant. Un texte d’album pour lequel je n’arrive pas à trouver une finale percutante, inoubliable. J’ai donc verdi d’envie en regardant ce mini-clip du World Wildlife Fund. En voilà une fin punchée!

En fait, cette vidéo de 40 secondes résume l’essence même d’un bon récit, ce que je cherche constamment à créer dans mes écrits. On y trouve les ingrédients essentiels d’une histoire qui accroche.

- Le suspense : tombera-t-il, tombera-t-il pas?
- Les détails qui font mouche : la main minuscule qui lâche la grande main, le gros plan sur les petits pieds potelés du bambin, le rideau de cheveux tel une chute d’eau.
- Les émotions: joie, surprise, fierté et tendresse.
- Le judicieux dosage des ces émotions : pencher vers le côté fleur bleue sans tomber dans la mièvrerie.
- La leçon de vie : l’enfant qui tombe mais se relève. Le petit qui donne l’exemple aux grands.
- Le punch de la finale : totalement imprévisible.

Jolie leçon d’écriture hein?

jeudi 3 juillet 2014

Du plaisir doux-amer de lire un chef-d’œuvre


Il y a de ça plusieurs années, j’ai pleuré en finissant un roman.
C’était le mirifique Va savoir de Réjean Ducharme.

Jamais je n’avais lu une histoire d’amour aussi intense, aussi désespérée.
Ducharme a rendu ses personnages si authentiques, si présents, que lire la dernière page de son roman était comme entrer en deuil.
La beauté pure remue.
J’ai pleuré donc.

J’ai pleuré à cause de la puissance de l’écriture, de la force de l’histoire, de l’immense talent de Ducharme. Mais je pleurais aussi sur moi-même. Parce que je me disais, Poulin, jamais au grand jamais tu ne pourras égaler ça. Jamais tu ne pourras écrire quelque chose d’aussi bon. Quand bien même que tu écrirais 15 heures par jour pour les prochains 50 ans, tu n’arriveras même pas à la cheville de Ducharme.

Quand on tente d’écrire soi-même, quand on s’évertue à repousser ses limites, quand on s’essouffle à tenter de s’améliorer, quand on s’escrime à tirer sur son petit talent pour le faire grossir un peu, c’est à la fois doux-amer de lire un chef-d’œuvre.
En tant que lectrice/auteure, ça nous tire vers le haut, mais aussi vers le bas.
Ça fait du bien, mais ça fait mal.

Comme le hasard fait parfois bien les choses, en faisant le ménage cette semaine dans une pile de journaux jaunis (et non lus), suis tombée une entrevue de l’auteur David Sedaris, dans le Globe and Mail, qui disait ceci : «C’est important de lire dans un esprit de générosité. Si vous lisez en un livre en vous disant « Je ne serai jamais aussi bon », dites-vous bien qu’il ne s’agit pas de vous. Réjouissez-vous plutôt du fait qu’un auteur soit si bon. Quand je lis un livre fabuleux, je sais que je ne serai jamais aussi bon mais je trouve beau de voir que quelqu’un a autant de talent. »

O.k.
C’est noté.
J’ai pigé.
Toute comparaison est odieuse.
Et qui se compare ne se console pas vraiment.

Note à moi : lire sans nombrilisme...
Lire dans un esprit de générosité…
Merci M. Sedaris.