dimanche 6 décembre 2009

Qu'est-ce qu'un livre? "Un livre c’est un lecteur"


J’ai vu beaucoup de profs rassemblés en un seul lieu.
J’ai vu beaucoup de profs aux yeux pétillants.
J’ai vu beaucoup de profs discuter avec ferveur d’éducation.
J’ai vu beaucoup de profs attentifs, prendre des notes comme des élèves zélés, tout ça dans le but d’être de meilleurs profs.

Ceux qui prétendent que les profs n’ont pas le feu sacré n’avaient qu’à aller faire un tour au Palais des congrès de Montréal, la semaine dernière. S’y tenait le congrès annuel de l’Association québécoise des enseignantes et enseignants du primaire. Il y avait là pas mal de monde pour qui l’éducation n'est pas qu’un simple djob mais bien une vocation.

Je donnais à l’AQEP un atelier sur le métier d’auteure jeunesse ainsi que de petits trucs pour donner aux jeunes la piqûre de la lecture. Les participantes (comme il n’y avait que deux hommes dans l'auditoire, je décide qu’ici le féminin l’emporte) ont été épatantes. Elles m’ont écouté attentivement, ont posé des questions pertinentes et ont même ri quand j’ai tenté, par-ci, par-là, de faire un peu d’humour.

J’avais hésité avant de présenter une proposition d’atelier à l’AQEP, car tous les animateurs d’atelier y sont à titre bénévole,sans compter les coûts de déplacement et la journée de travail perdue. Mais je n’ai pas perdu mon temps au Congrès, oh que non! J’y ai récolté moult bénéfices :
- Ce témoignage spontané d’une enseignante de Mont-Tremblant, venue me voir après mon atelier pour me dire: «Vous êtes mon coup de cœur du congrès.» Je l’aurais embrassée sur le champ mais je n’ai pas osé à cause de la H1N1…
- Ce lunch stimulant avec Monique Noël-Gaudreault, la pétillante rédactrice en chef de Québec Français.
- Et, la cerise sur le sundae : l’atelier de Brigitte Moreau, une passionnée dont l’ardeur à disséminer la littérature jeunesse n’a d’égale que sa connaissance du domaine. Cette ancienne bibliothécaire désormais libraire présentait un atelier sur l’album au 3e cycle. Avec exemples à l’appui, elle a montré le fabuleux potentiel de l’album comme outil pédagogique.

Pour apprécier l’expertise, l’érudition et la richesse de la réflexion de Brigitte Moreau, suffit de se rendre sur l’excellent blogue de la librairie Monet. Elle y signe entre autres, un texte fascinant sur «Les dangers de la littérature jeunesse». Dans ce billet/cri du cœur, elle dénonce avec éloquence le « succédané littéraire, cette littérature pseudo-littéraire-para-pédagogique-machin. »
- En introduction à son atelier, Brigitte Moreau nous a offert cette perle, une citation d’un écrivain d’un autre siècle. À la question, Qu’est-ce qu’un livre?, ce monsieur (j’ai oublié son nom, désolée)répond: «Un livre c’est un lecteur.»

jeudi 3 décembre 2009

Le syndrome de la page blanche? Foutaise dit-il...



Le syndrome de la page blanche? Foutaise prétend Philip Pullman, qui déclare: «Je n’y crois pas. Les plombiers n’ont pas le syndrome du plombier et les médecins n’ont pas le syndrome du médecin. Pourquoi les écrivains devraient-ils être la seule profession où l’on se donne un mot spécial pour définir la difficulté de travailler et qu'en plus, ils s’attendent à recevoir de la sympathie pour cela?"

Et vlan! Je viens de perdre mon échappatoire pour procrastiner…

mardi 1 décembre 2009

Une histoire de main tendue

Deux fois la même semaine, ce n’est plus un hasard. C’est peut-être un signe. Je le prends comme une exhortation du destin et je vous raconte.

D’abord, il y eu Paul Piché, qui en entrevue au Devoir, déclarait: «Et moi, ça m'émeut, la solidarité! Au boutte! Ça m'émeut au cinéma, dans la musique, dans la vie. Moi, ce qui m'intéresse depuis le début dans la chanson, c'est le geste, de l'individu au collectif. La main tendue.»

Et puis, deux jours plus tard, voilà que je tombe sur une histoire de solidarité. Une histoire qui parle justement de main tendue.

Ça se passe durant les Jeux paralympiques, lors d’une course de 100 mètres. Au signal de départ, les neuf athlètes handicapés se mettent à courir. Un des participants trébuche, s’étale et se met à pleurer. Les autres coureurs s’arrêtent et le consolent. Ils marchent jusqu’à la ligne d’arrivée, ensemble. La foule les applaudit pendant de longues minutes.

J’ai déjà parlé ici de mon admiration sans borne pour ceux qui ont cette élégance de l’âme, cette magnanimité rare de faire passer les autres avant eux-mêmes. Et ce que le petit film ci-dessous nous montre en prime, c’est que la solidarité génère aussi de la joie pure.