mardi 2 novembre 2010

C’est beau de voir vibrer un ado…


J’avais 15 ans lorsque le romancier Yves Thériault est venu présenter une conférence à mon école secondaire. Comme j’étais bonne en français (et probablement un peu téteuse), on m’avait demandé de préparer le discours de bienvenue pour accueillir l’auteur d’Agaguk. Je me suis préparée soigneusement, avec tout le zèle de l’élève qui veut plaire.

Après la visite de Thériault à notre école, j’étais retournée l’écouter le même soir, tandis qu’il donnait une causerie à la bibliothèque publique d’Orléans. J’étais assise à la première rangée et personne ne m’aurait fait décoller.
C’était ma première rencontre avec un écrivain en chair et en os.
J’écoutais de toutes mes oreilles.
J’avais apporté ma liste de questions.
J’étais jeune, appliquée et ardente.
J’avais 15 ans, les livres me faisaient vibrer et j’idéalisais l’acte d’écrire.

Ces souvenirs me sont revenus la semaine dernière, quand j’ai rencontré Mélodie, à la polyvalente Hormidas-Gamelin. Cette étudiante de Secondaire III m’avait écrit un mois avant ma visite à la polyvalente. De beaux courriels, bien structurés, grammaire impeccable, aucune faute d’orthographe. Elle avait lu mon roman et voulait faire une entrevue avec moi pour le journal de l’école.

Quand je l’ai finalement rencontrée, Mélodie était exactement comme je l’imaginais. Sérieuse, intense, zélée et surtout, passionnée de lecture. Elle est arrivée très bien préparée, avec ses questions imprimées, sa mini-enregistreuse (j’espère qu’elle ne l’avait pas achetée pour l’occasion). Elle a noté soigneusement mes réponses. Je la sentais timide mais s’efforçant de sortir de sa coquille.

Je l’ai trouvé jeune, appliquée et ardente. Elle avait encore toutes ses illusions sur la création et je lui ai envié, un tout petit peu, cette fraîcheur du regard, cette confiance fiévreuse en l’avenir.

C’est beau de voir les ados vibrer sur le seuil de leurs ambitions.

4 commentaires:

  1. C'est vrai qu'ils peuvent être émouvants.

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  2. En 7e année, le caricaturiste Bado était venu à ma petite école. Je m'en souviens comme si c'était hier. Il m'avait éblouit avec ses grands mots et son coup de marqueur assuré.
    Le mois dernier, Bruno St-Aubin est allé faire une visite dans la classe de ma fille. Tout à coup, elle veut lire tous ses lires, elle reconnaît son style d'illustration, elle parle de vouloir devenir illustratrice.
    Aujourd'hui, j'ai rencontré une cinquantaine de jeunes dans le cadre d'une présentation scolaire dans une toute petite ville du Nouveau-Brunswick. C'était la première fois qu'une auteure leur rendait visite et j'ai senti que mes mots avec soudain une portée plus importante.
    C'est impressionnant comme la passion des uns peut avoir comme impact sur l'avenir des autres.

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  3. Je me rappel d'avoir lu le livre au secondaire aussi. Mais à cette époque ce n'était pas nécessairement mon genre de bouquin. Je lisais des livres de Bernard Werber, Carlos Cataneda et d'autres livres de psychologie.
    Mais pour revenir aux ados passionnés. C'est toujours très beau de les voir et je les envie parfois aussi.

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  4. Mireille,
    Ah ben, je vais dire ça à Bado. Il sera content!

    Jane,
    Castaneda au secondaire? Tu étais une ado précoce!

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