Je suis allée faire des animations dans une école primaire d’un quartier très multi-ethnique de Montréal. Y viennent des enfants des quatre coins du monde. Dans une des classes d’accueil se trouvait une petite fille aux cheveux en broussaille, qui venait d’arriver à l’école depuis une semaine seulement. On ne m’a pas dit quelle était sa langue maternelle, simplement qu’elle ne comprenait pas un mot de français. PAS un mot.
J’ai parlé devant la classe pendant 45 minutes, j’ai fais le clown, j’ai montré mes manuscrits, des esquisses, mes marionnettes et tout le bataclan… Les enfants avaient des tonnes de questions, des commentaires (t’aurais pu mettre tes papiers dans le bon ordre, m’a glissé une gamine de 8 ans…) et leurs propres histoires à raconter. Bref, une rencontre animée, pétillante, remplie de rires, d’apprentissages (les leurs comme les miens) et de complicité. Tout ce temps-là, la petite aux cheveux en broussaille est restée collée sur son siège, sans bouger, sans rigoler, sans participer, sans comprendre… Elle avait la mine morose et le regard éteint.
J’aurais voulu pouvoir m’asseoir à côté d’elle et répéter toute ma présentation, de A à Z… dans sa langue à elle. L’entendre rire elle aussi. Est-ce que ça existe un manuel avec des recettes pour adoucir le choc douloureux de l’immigrant?
mercredi 18 février 2009
mardi 17 février 2009
Génie et saltimbanque...
"Le génie (si toutefois on peut appeler ainsi le germe indéfinissable du grand homme) doit, comme le saltimbanque apprenti, risquer de se rompre mille fois les os en secret avant de danser devant le public : l’inspiration, en un mot, n’est que la récompense de l’exercice quotidien."
Baudelaire.
J'adore cette image du saltimbanque qui prend des risques en secret avant le Grand spectacle. L'écrivain ne risque pas de se rompre les os lorsqu'il s'acharne sur un manuscrit... mais comme le dit si bien notre ami Beaudelaine, il doit être prêt à piocher, bûcher et suer pendant des lunes, dans l'obscurité totale... sans savoir si le résultat final (le livre!!!) sera nul, médiocre, potable ou fabuleux...
Baudelaire.
J'adore cette image du saltimbanque qui prend des risques en secret avant le Grand spectacle. L'écrivain ne risque pas de se rompre les os lorsqu'il s'acharne sur un manuscrit... mais comme le dit si bien notre ami Beaudelaine, il doit être prêt à piocher, bûcher et suer pendant des lunes, dans l'obscurité totale... sans savoir si le résultat final (le livre!!!) sera nul, médiocre, potable ou fabuleux...
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Les mots des autres
samedi 14 février 2009
Manger du soleil pour tromper la faim...
Voici les livres dont j'ai parlé ce matin à ma chronique littéraires aux "Divines Tentations".
- Andréi Makine, La vie d'un homme inconnu, éditions du Boréal
- Jean-Paul Mari, Sans blessures apparentes, éditions Robert Laffont
- Michel Pageau, Trappeur. J'ai entendu pleurer la forêt, éditions du Seuil
- Neil Bissoondath, Cartes postales de l'enfer, éditions du Boréal
On peut en écouter un extrait à l'adresse suivante:
http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/Radio/divines.shtml
Le Makine est un chef d'oeuvre et je pèse mes mots. Certains passages de ce roman sont d'une beauté à couper le souffle...
Au coeur du livre se trouve un chapitre bouleversant sur le siège de Leningrad par les Nazis. Dans un passage sublime, Makine raconte comment les orphelins de guerre trompaient la faim en mangeant du soleil. Ils s’installaient devant une fenêtre givrée de frimas, mais où se faufilaient des rayons de soleil, et mordaient dans la lumière en faisant semblant de mâcher et d’avaler. Après avoir lu ça,on a envie de tout lâcher pour se faire pacifiste.
- Andréi Makine, La vie d'un homme inconnu, éditions du Boréal
- Jean-Paul Mari, Sans blessures apparentes, éditions Robert Laffont
- Michel Pageau, Trappeur. J'ai entendu pleurer la forêt, éditions du Seuil
- Neil Bissoondath, Cartes postales de l'enfer, éditions du Boréal
On peut en écouter un extrait à l'adresse suivante:
http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/Radio/divines.shtml
Le Makine est un chef d'oeuvre et je pèse mes mots. Certains passages de ce roman sont d'une beauté à couper le souffle...
Au coeur du livre se trouve un chapitre bouleversant sur le siège de Leningrad par les Nazis. Dans un passage sublime, Makine raconte comment les orphelins de guerre trompaient la faim en mangeant du soleil. Ils s’installaient devant une fenêtre givrée de frimas, mais où se faufilaient des rayons de soleil, et mordaient dans la lumière en faisant semblant de mâcher et d’avaler. Après avoir lu ça,on a envie de tout lâcher pour se faire pacifiste.
vendredi 13 février 2009
Sur la barbe de Monsieur Jésus
Y’a pas que Céline Dion qui signe des autographes. Les auteurs jeunesse aussi. Et quand on fait des animations en école, la séance d’autographes prend parfois des allures de marathon. D’où l’importance d’avoir la main leste et le poignet exercé.
Après une animation dans une classe, il faut être prêt à signer à pleine vitesse, avant la fin de la période et le début de la récré. Cela peut vouloir dire soixante signets (deux classes) en moins de deux minutes. Si on a le malheur d’oser prendre un raccourci, on s’expose au blâme des mécontents, qui s’exclameront d’un ton outré : «T’as juste mis tes initiales!»
Et l’auteur jeunesse a intérêt à ne pas faire la fine gueule et accepter de signer sur toutes les surfaces : du bout de carton en passant par la serviette de table. Je me souviendrai toujours de ce garçon de quatrième année qui m’a tendu un stylo rouge et son avant-bras d’un beau brun chocolat en m’ordonnant : «Signe là.»
Je n’oublierai jamais non plus ce gamin d’une école de Papineauville qui m’avait demandé d’autographier son signet! Après avoir examiné attentivement le signet en question, j’ai demandé au garçon:
— C’est qui, sur l’image?
— C’est Monsieur Jésus.
J’ai donc signé mon nom sur la barbe de Jésus.
Après une animation dans une classe, il faut être prêt à signer à pleine vitesse, avant la fin de la période et le début de la récré. Cela peut vouloir dire soixante signets (deux classes) en moins de deux minutes. Si on a le malheur d’oser prendre un raccourci, on s’expose au blâme des mécontents, qui s’exclameront d’un ton outré : «T’as juste mis tes initiales!»
Et l’auteur jeunesse a intérêt à ne pas faire la fine gueule et accepter de signer sur toutes les surfaces : du bout de carton en passant par la serviette de table. Je me souviendrai toujours de ce garçon de quatrième année qui m’a tendu un stylo rouge et son avant-bras d’un beau brun chocolat en m’ordonnant : «Signe là.»
Je n’oublierai jamais non plus ce gamin d’une école de Papineauville qui m’avait demandé d’autographier son signet! Après avoir examiné attentivement le signet en question, j’ai demandé au garçon:
— C’est qui, sur l’image?
— C’est Monsieur Jésus.
J’ai donc signé mon nom sur la barbe de Jésus.
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Dans les écoles
jeudi 12 février 2009
Obama mousse la littérature jeunesse

En plus de sortir les États-Unis de la dèche, de stopper le changement climatique et de ramener la paix en Afghanistan, le président Barack Obama trouve le temps de faire la promotion de la lecture chez les jeunes. Ne le niez pas : cet homme est un héros.
La semaine dernière, il s’est rendu dans une école primaire de Washington, avec sa femme, pour lire un album illustré intitulé The Moon Over Star. Dans les jours qui ont suivi, les ventes du roman sont montées en flèche sur le site d’Amazon.
Le jour où Stephen Harper ira lire un album dans une école primaire… les poules auront des dents, les livres seront plus populaires que YouTube et les écrivains seront très riches, très lus et très dodus…
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Littérature jeunesse à l'honneur
mardi 10 février 2009
Urgence d'écrire
D'après Wikipédia, il se publie, dans le monde entier, de
250000 à un million de livres par année. Oublions le million... 250 000 est déjà monumental, "everestien"...
Pourtant, chaque matin, en me levant, je me dis: vite, vite, va écrire Andrée.
Chaque jour, constamment, je cherche à grapiller du temps pour écrire.
C'est qu'elle est fichument forte, cette pulsion de jeter sur papier toutes ces histoires qui tourbillonnent dans ma tête. Qui me congestionnent l'esprit.
Pourtant, il se publie des centaines de milliers de livres par année.
Alors pourquoi en rajouter un de plus?
D'où vient cette urgence d'écrire?
Cette question me hante depuis des années.
J'attends que la réponse me tombe dessus, comme une pluie rafraîchissante et longtemps attendue.
250000 à un million de livres par année. Oublions le million... 250 000 est déjà monumental, "everestien"...
Pourtant, chaque matin, en me levant, je me dis: vite, vite, va écrire Andrée.
Chaque jour, constamment, je cherche à grapiller du temps pour écrire.
C'est qu'elle est fichument forte, cette pulsion de jeter sur papier toutes ces histoires qui tourbillonnent dans ma tête. Qui me congestionnent l'esprit.
Pourtant, il se publie des centaines de milliers de livres par année.
Alors pourquoi en rajouter un de plus?
D'où vient cette urgence d'écrire?
Cette question me hante depuis des années.
J'attends que la réponse me tombe dessus, comme une pluie rafraîchissante et longtemps attendue.
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Écriture
dimanche 8 février 2009
La puissance d'une histoire

Je me suis inspirée d’une histoire vraie pour écrire mon album, Une maman pour Kadhir.
Cette histoire vécue est celle de Bébé 81, le miraculé du terrible tsunami de 2004.
Chaque fois que je vais faire une animation d’auteure dans une classe, chaque fois que je raconte l’histoire de Bébé 81, chaque fois, je me retrouve devant la même réaction de la part des élèves. Et chaque fois, je reste médusée…
Lorsque je montre la photo du célèbre bébé sri lankais, que j’explique comment on a retrouvé ce poupon sur la plage après le tsunami, que neuf familles revendiquaient le bébé… chaque fois, le silence se fait dans la classe. Un silence si profond qu’on pourrait entendre respirer une fourmi. Les yeux des enfants se fixent sur moi, attentifs, concentrés et curieux, en attente de la suite du récit… Et à chaque fois, devant leur intérêt si vif, leur avidité de savoir, je m’émerveille de la puissance d’une histoire.
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Inspiration
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