
J’aime les gens qui s’indignent, qui dénoncent, qui gueulent, qui s’égosillent pour une cause, qui clament leur empathie et leur ardent désir de changement.
J’aime les gens qui n’ont pas peur de monter aux barricades, de porter leur idéal en bandoulière et de tirer sur tout ce qui ressemble à de l’apathie. J’aime l’indignation qui met de l’huile dans l’engrenage du changement.
Voici quelques-uns de mes célèbres indignés préférés:
- Barak Obama (Il s’indigne avec tant d’élégance et d’éloquence qu’on a de suite envie de suivre dans ses traces.)
- Stephen Lewis (Il s’indigne avec tant de clarté et d’érudition qu’on en ressort plus instruit chaque fois qu’on l’écoute.)
- Richard Desjardins (Il s’indigne avec tant de poésie que son lyrisme outré nous reste en tête comme une chanson qui tourne en boucle.)
- Thierry Lenain (Il s’indigne avec tant d’éclat que les adultes devraient le lire autant que les enfants.)
- Françoise David (Elle s’indigne avec flair et finesse en demandant pour les femmes du pain et des roses.)
Voici quelques-unes de mes indignations récentes :
- L’état des bibliothèques scolaires au Québec.
- Les millions de tonnes de plastique qui polluent les océans et font mourir tortues, baleines, mouettes, alouette…
- Les parents qui laissent tourner leur moteur lorsqu’ils viennent chercher leur enfant à l’école.
- Le Canada qui diminue son aide aux pays les plus pauvres de l’Afrique.
- Les fonctionnaires qui ne répondent pas aux courriels du citoyen (payeur de taxes).
Sur ces sujets, j’ai gueulé, rouspété, dénoncé. Parfois publiquement. Parfois dans mon for intérieur. Parfois auprès de mon entourage immédiat. Et ça dérange. Et je vois des sourcils levés. Et je note des regards ennuyés. Et j’entends des soupirs irrités. Et je remarque des haussements d’épaules résignés.
Alors en corollaire de l’indignation viennent les questions :
Comment faire pour dénoncer sans avoir l’air arrogant?
Comment faire pour persister dans l’indignation même quand on sait qu’on tape sur les nerfs du monde?
Comment faire pour ne pas laisser s’éteindre la flamme de l’indignation?





