lundi 15 novembre 2010

De vieilles (mais précieuses) confitures


Je venais de terminer mon animation à la bibliothèque publique de Blackburn Hamlet devant trois classes d’enfants gentils-polis-jolis. Comme ça arrive souvent, il y en avait une douzaine autour de moi. L’un venait me poser une question, l’autre voulait un signet ou me raconter l’histoire qu’elle avait écrite…

J’ai remarqué la dame qui attendait à l’arrière. Elle tenait un sac dans les mains. Elle a patiemment attendu que j’ai signé tous les signets, parlé aux profs et aux parents. À la fin, quand il ne restait plus personne, elle s’est approchée. Elle a ouvert le sac et m’a tendu un pot de confitures maison en me demandant :
- Reconnaissez-vous l’écriture ?

Même si je n’avais pas reconnu l’écriture, l’étiquette disait tout.
C’était un pot de confitures fabriquées par ma tante Huguette.
Huguette : la sœur de mon père, qui avait enseigné aux adultes.
Huguette : une ancienne religieuse, sévère pour deux et généreuse pour trois.
Huguette : décédée en 2003.

- Mais… mais pourquoi avez-vous gardé le pot toutes ces années?
- Votre tante a été mon enseignante. On avait gardé contact. Elle était spéciale, a-t-elle répondu.

Je voyais que la dame était émue.
Elle a insisté pour que je garde le pot de confiture.
J’étais moi-même un peu remuée.
Et émerveillée de constater qu’il y a des enseignantes qui marquent à ce point leurs élèves.

J’ai couru chez nous avec une seule envie: appeler mon père au plus vite pour lui raconter cette histoire.
Pour lui rappeler que sa sœur avait été une enseignante appréciée.
Et que sept après sa mort, une de ses étudiantes pensait encore à elle.

3 commentaires:

  1. Quel beau moment tu as vécu!
    Important de se souvenir de ces merveilleux enseignants qui ont marqué nos vies! Je comprends cette dame.
    Merci du partage.

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  2. Andrée, j'ai vraiment la larme à l'oeil!
    Très émouvant ton témoignage!
    Moi aussi, je la comprends. Quelques profs m'ont marquée (pas pour rien que je le suis devenue), en particulier mon enseignante de 3e. Elle partage d'ailleurs son prénom avec l'enseignante de mon roman.

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  3. Marico,

    N'est-ce pas qu'on garde toujours une place spéciale dans notre tiroir aux souvenirs pour nos profs préférés?

    Julie,
    Belle idée que de rendre hommage à ton enseignante dans ton roman. J'espère que tu lui en as envoyé une copie!

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