dimanche 17 octobre 2010

Roman deuil versus roman vie...


Il arrive que des lectrices (et parfois des lecteurs) de mon blogue laissent des mots-cadeaux dans la section Commentaires. Comme ceux de l'auteure Katia Canciani à la suite d’un de mes billets sur les larmes.

Ses mots étaient trop beaux pour les laisser enterrés dans les Commentaires. Les voici donc :

« il y a des larmes retenues
si longtemps
qu'elles font pousser des romans entiers
dans le cœur
reste plus qu'à les cueillir
le moment venu
ainsi le roman deuil
devient roman vie. »
Katia Canciani

jeudi 14 octobre 2010

Je baboune!


Je râle. Je baboune. Je boude. Parce que je ne peux PAS aller à Montréal rencontrer mon auteure jeunesse préférée, mon modèle, mon héroïne. Non, je ne peux pas aller entendre la causerie de Marie-Aude Murail et j’en trépigne de dépit. Car j'admire l'immense talent de auteure qui a publié des livres inoubliables et j'admire tout autant l'engagement admirable dont elle fait preuve pour promouvoir la lecture chez les jeunes.

Marie-Aude Murail est au Canada pour une tournée éclair. Trois amies, qui connaissent bien mon enthousiasme pour cette grande dame des lettres, m’ont signalé sa visite. Et je ne peux pas y aller!!! Grrrrr…

Pour ceux qui ne la connaissent pas (pôvre de vous!), voici comment son éditeur (Gallimard/École des loisirs) la présente: «Marie-Aude Murail a rédigé plus de 80 titres vendus à des millions d’exemplaires, elle est aujourd’hui une réelle vedette de la littérature jeunesse, tellement qu’on lui a remis la Légion d’honneur pour services rendus à la littérature! »

Si vous n’avez pas lu Oh Boy! ou Simple, courez-y tout de suite. Et je vous envie, car je sais que vous attend un sublime bonheur de lecture. De dire Madame Murail au sujet de ces deux romans destinés à devenir des classiques: « J’essaie de faire aimer des personnages qui sont différents. Dans Oh Boy!, c’était un homo, dans Simple, c’est un idiot.»

Dans son récent roman, un polar intitulé Le tueur à la cravate, Marie-Aude Murail offre un cadeau à ses lecteurs (et aux auteurs aussi!) : son journal de création : « Comment naît un roman (ou pas) ». Ce journal, je l’ai lu avec avidité, en prenant des notes et en m’exclamant « Ah oui! » à chaque deux pages.

En voici un petit extrait, que j’ai choisi parce qu’il illustre bien la générosité et la candeur avec laquelle Marie-Aude Murail se raconte. Et aussi parce que mêmes les Grands Auteurs, dont le talent a été chanté sur toutes les tribunes, dont les livres s’envolent à coup de centaines de milliers, sur qui les prix pleuvent, oui, même les Grands ont des doutes.

« Mes vieux tourments quand j’ai rendu un roman, un de plus, et je sais que ce n’est pas encore ça, pas tout à fait ça, qu’il faut s’y remettre au plus vite. Je ne suis pas loin de me dire à quoi bon écrire, il y a tant de livres, tant d’auteurs. Laisserai-je une trace? Vais-je m’imposer comme le meilleur auteur jeunesse français, vais-je être davantage traduite en anglais, ce qui me permettrait de passer définitivement nos frontières. L’ambition me taraude, puis vient l’abattement, une certaine rage d’être née dans ce pays qui ne me convient pas tout à fait, même si je suis fière de ma culture, de ma langue. Bref, des sentiments comme une mer troublée, et qui ne me permettent pas de créer. Pas maintenant. »

Donc, pour les intéressés et ceux qui pourraient y aller (je suis jalouse!!!) Marie-Aude Murail sera là et là et là :
- Le vendredi 15 de 10h30 à 11h30 à la libraire Clément Morin à Trois-Rivières, rencontre ouverte à tous.
-Le vendredi 15 à 15h30, en direct sur Radio Ville-Marie.
- Le samedi 16 à 10h30 à la bibliothèque du Plateau Mont-Royal. Entrée ouverte à tous.

Si jamais quelqu’un de Trois-Rivières ou Montréal décide d’aller à l'une de ces causeries et a ensuite l'incommensurable générosité de me raconter, je lui serais éternellement reconnaissant.

lundi 11 octobre 2010

Lire m'allume


Lire m'éclaire...

Lire m'illumine.

Lire m'allume.
Et vous?

vendredi 8 octobre 2010

Angoisses du créateur? Vous n’êtes pas SEUL!



À tous ceux qui connaissent l’angoisse de la page blanche, ces journées où l’on n’arrive pas à aligner trois mots qui se tiennent, ces périodes où toutes les pages qu’on noircies se retrouve à la poubelle, eh bien, consolez-vous. Vous n’êtes pas SEUL! Même Hemingway et John Lennon avaient des pannes d’inspiration… comme on le constate dans cette petite vidéo ironique et oh combien vraie.

L’auteur/illustrateur s’appelle Levni Yilmaz, un Américain doté d’un humour mordant, comme en fait foi cet échantillon glané sur sa page Facebook: "Fuck you, you fucking fart fucker, you fucking fuck farts" -Overheard at an intersection. I'm half certain the person who said it was me.”

mercredi 6 octobre 2010

"Le Bon Dieu chasse les mouches pour les boeufs sans queue"


Imaginez que vous êtes aveugle et que le sol se met à trembler autour de vous. Un séisme de magnitude 7. Vous ne voyez rien. Mais vous entendez les bâtiments qui s’effondrent, les cris d’épouvante, les sanglots, les sirènes. Tout s’écroule autour de vous. Vous n’avez plus aucun repère. Et vous êtes aveugle…

Voilà ce que raconte Gilbert Troutet dans son texte coup de poing : La nuit-tombe. Éloquemment titrée, sa nouvelle est courte, dense et puissante.

« À nouveau, de toutes ses forces, il (l’aveugle) appelle à l’aide, mais sa voix se perd dans le tumulte de la ville. Il comprend qu’il devra patienter, attendre, attendre encore, espérer, tenir jusqu’à demain. Au moins, se dit-il, je suis vivant,
Bon Dyé chasé mouch pou bèf san ké.
(Le Bon Dieu chasse les mouches pour les boeufs sans queue : il y a un Bon Dieu pour les malheureux.)

Cette nouvelle fait partie du recueil Haïti je t’aime, publié chez Vermillon, sous la direction de Lysette Brochu, Jean Malavoy et Claire Bannier, en collaboration avec l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français.

J’en ai parlé samedi, aux Divines Tentations de Radio-Canada.

Le recueil présente une grande diversité de textes: nouvelles, lettres, fables, essais, contes, poèmes et haïkus. On y aborde plusieurs thèmes : vie quotidienne en Haïti, conséquences du tremblement de terre, soutien, espoir, deuil, religion/spiritualité. On y retrouve des textes enflammés, dont les plus émouvants sont signés par des Haïtiens: un poème de Jeudy Roosevelt, un témoignage de Claude Pierre (un survivant du séisme) et le superbe texte d’Eddy Garnier intitulé Haïti, mon pays songe mensonge.

Les auteurs qui ont participé au recueil offrent leurs droits d’auteur à un organisme oeuvrant pour la reconstruction d’Haïti.

lundi 4 octobre 2010

Aimons nos enseignants


Les enseignants.
Ah, les enseignants.
J’en ai connu des allumés et des éteints.
Des passionnés et des blasés.
Des empathiques et des indifférents.
Des respectés et des détestés.
J’en ai connu qui étaient missionnaires et d’autres fonctionnaires.
J’en ai connu qui étaient des ponts et d’autres qui étaient des murs.
J’en ai connu de la catégorie de ceux qu’on n’oubliera jamais et de la catégorie de ceux qu’on veut oublier au plus vite.

En tant qu’auteure participante au programme Culture à l’école et au programme de MASC, je fais chaque année des dizaines de visites en école. Et chaque fois, je suis tour à tour abasourdie, ravie, émerveillée, et impressionnée par l’ampleur de la tâche des profs, par leur inventivité, leur empathie, leur énergie, leur résilience et leur patience.

Ah, les enseignants.
Tellement, tellement importants dans notre société.
Tellement, tellement peu reconnus.

Pourtant, comme le disait si éloquemment une ministre de l’éducation, on devrait bien savoir qu’une « société qui n’aime pas ses enseignants est une société qui n’a pas compris le défi de la mondialisation de demain. »

Chers profs, en cette journée mondiale des enseignants, je vous offre ce petit bouquet très simple de deux mots:
Lâchez-pas.
Merci.

dimanche 3 octobre 2010

Quand l’art se cache…



L’idée vient d’un Britannique, qui fait partie d’une coopérative de créateurs qui porte le nom poétique de Hidden Art E-shop. J’aime bien cette idée de l’art qui se cache pour mieux titiller l’imagination.

Non, ce que vous voyez ici n’est pas une chaise, mais plutôt un simple collant de vinyle collé sur le mur. Et qui vous sert de balise pour y empiler toutes ces vieilles revues que vous vous refusez à jeter parce qu’un jour, c’est sûr, vous allez trouver le temps de les lire…
Voilà donc l’œuvre d’art cachée : la chaise d’empilage… pour le prix modique de 42$ (30 Euros…)
Ben quoi?
C’est de l’art!